ANSM : Quelle objectivité pour notre santé ?

Le ministère de la santé va reconsidérer sa politique vis à vis de l'usage de la phagothérapie. L'enjeu est de 12 mille décès par an par bactérie multirésistante. La phagothérapie est basée sur la culture des phages et doit impérativement être faite localement - CHU, etc. Or, en 2016 seule l'hypothèse industrielle a été considérée alors qu'elle n'est que très partielle.

L'ANSM va bientôt travailler sur la question de l'autorisation de la phagothérapie en France.
Faut-il se réjouir ? 
Si le comité CSST a la même composition et les mêmes préjugés qu'en 2016, il produira de la poudre aux yeux.

Les préjugés qui tuent 

La phagothérapie est une thérapie spécifique. Il y a 7 mille sortes de bactéries donc 7 mille sortes de phages tueurs de bactérie.
Quand Kevin DeLePont a une infection par bactérie multirésistante, il faut cultiver le phage spécifique de cette bactérie localement.
Dans chaque laboratoire de Centre hospitalier universitaire, il y a des gens qui savent faire pousser des phages - c'est un savoir qui est au programme du bac de technicien de laboratoire.
Seul un technicien de labo local peut sauver Kevin DeLePont.
Or, que s'est-il passé lors du travail du CSST phagothérapie en 2016 ?
Seule l'hypothèse industrielle a été considérée. Elle n'est pas sans intérêt mais elle n'est pas, non plus, la solution aux maladies à bactéries résistantes aux antibiotiques.
Il faut impérativement donner dans le carnet de route du CSST la possibilité de développer la culture locale des phages.
Il faut tordre le cou au préjugé "seule 'industrie est la solution".  

Les normes qui tuent

Nous venons de voir que notre question est une question de culture ... de phages.
Il est totalement aberrant d'appliquer des règles industrielles de fabrication à une culture.
Il faut voir du côté des règles pour la transfusion sanguine ou la transplantation d'organe comment on peut transporter du vivant avec un risque raisonnable.
La santé des Français ne doit pas être suspendue au tricotage des industriels et des technocrates.

Un risque raisonnable

Kévin DeLePont est en risque de mourir, d'être amputé, d'être invalidé.
Préfère-t-il un "certain risque" que les phages soient imparfaits ou préfère-t-il qu'on le laisse mourir parce qu'il n'y a pas de phages parfaits ?
Les décisions de l'ANSM en 2016 allaient dans le sens d'un phage parfait : 12 mille morts par an, 60 mille amputés et invalidés !!!

Etre à sa fenêtre et se regarder passer dans la rue

Quand les Anglo-saxons (1) veulent penser les bactéries multi-résistantes, il demandent à un économiste de réunir un comité.
En 2016 le CSST n'était composé que de médecins ; il a consulté essentiellement des médecins.
Un autre regard est indispensable. 

Tout va bien pour les riches

Soit ils vont se faire soigner à l'étranger.

Soit ils ont des solutions locales clandestines

Quand la France s'éveillera : Gilets noirs

La phagothérapie est efficace, sans effets secondaires et pas chère.
Malgré cela on laisse mourir, amputer, invalider 400 mille Français à chaque quinquennat.
Je suis allé à la réunion du Grand Débat National de mon village pour parler du scandale sanitaire de la phagothérapie.
A la fin de la réunion, un médecin, militant actif chez En marche me dit : "Non ! On ne laisse pas mourir les gens !"
Et il me parle de la thérapie par le miel antibactérien (2) mise en place par feu le Professeur X dans l'hôpital Y.
Et il ne réalise pas que son argument "On ne les laisse pas mourir !" dit, au contraire "On les laisse mourir !".
Parce qu'il y a 32 CHU et des centaines d'hôpitaux pleins de malades avec bactérie résistante BMR (3) et il y a un seul hôpital où l'on utilise le miel antibactérien.
Et puis il y a cet hôpital où l'on utilise les huiles essentielles de plantes antibactériennes. Chaque expérience unique est la preuve 1 Que le problème des morts par BMR est vrai, grave et urgent 2 Que, dans les autres hôpitaux, on laisse mourir, amputer, invalider les gens.
A quand les Gilets noirs ? 

P.S. : J'apprends à l'instant que ma voisine a "gagné" une BMR lors de son passage à l'hôpital.

Références

Le rapport anglo-saxon

Miel antibactérien

Bactéries : La résistance aux antibiotiques

11 questions à l'ANSM

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.