Le GCO, Grande Catastrophe Ouest de la plaine d'Alsace.

GCO : la majorité schilikoise se mouille. Opposés au GCO, la maire écologiste Danielle Dambach, son adjointe socialiste Nathalie Jampoc-Bertrand et son conseiller délégué communiste Antoine Splet, cosignent une tribune. Son titre : « GCO : il n’est pas encore trop tard, les alternatives existent ! »

Je reproduit ici la tribune signée par Danielle Dambach, maire de Schiltigheim, écologiste, conseillère de l’Eurométropole de Strasbourg;
Nathalie Jampoc-Bertrand, adjointe au maire de Schiltigheim (Parti Socialiste), conseillère de l’Eurométropole de Strasbourg ;
Antoine Splet, conseiller municipal délégué de Schiltigheim, (Parti Communiste Français), conseiller de l’Eurométropole de Strasbourg.
Ces élu.e.s tout comme moi, sont opposé.e.s à la construction de l'horreur anti écologique que représente le grand contournement ouest de Strasbourg.
Cet éléphant blanc (voir chez Eric Toussaint la signification de cette expression) est principalement destiné à remplir les poches de Vinci et de son patron Xavier Huillard, grand bétonneur officiel de la France Macronisée. Celui-là même qui déclarait en début d'année:  L'entreprise doit s'interroger sur le sens de son action, son projet et son utilité sociale. Par contre il ne s'interroge pas sur le sens que prendra son portefeuille grâce à la concession qui lui a été accordée pour 54 ans.

La tribune
« Il est « minuit moins une » avant le commencement des travaux visant à la réalisation du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg.
Élu.e.s de Schiltigheim, de sensibilités politiques différentes toutes attachées au progrès écologique et social, nous affirmons publiquement nos profondes réserves sur un projet pensé et conçu dans les années 1970.

Considérant que le dialogue constant avec les citoyen.nes doit être un levier pour transformer nos territoires, nous ne pouvons accepter le passage en force de l’État qui vient d’autoriser les travaux pour ce projet pour le moins controversé.

Quand un projet suscite l’opposition de citoyens, d’élu.es de toutes sensibilités, de collectifs, d’associations environnementales, d’organisations syndicales, d’agriculteurs, il est plus sage de remettre le métier sur l’ouvrage et d’ouvrir la porte à une réelle concertation. C’est une question de confiance que nous devons à nos administrés, à mille lieux des décisions autoritaires prises sous la pression de lobbies qui semble être désormais la marque de fabrique du pouvoir jupitérien…

Lorsque les instances de concertation de l’État comme le Conseil National de protection de la Nature et les commissaires enquêteurs émettent plusieurs avis défavorables, il n’a rien de déshonorant à vouloir remettre à plat le projet surtout lorsqu'on sait que le GCO provoquerait des modifications irréversibles sur notre biodiversité et sacrifierait des terres parmi les plus fertiles du Kochersberg.

Un moratoire immédiat

Nous voulons remettre à plat ce projet, ce qui suppose la mise en place d’un moratoire immédiat pour stopper les travaux. Ce n’est pas pour nous une manière de mettre la poussière sous le tapis, bien au contraire.

Comme les dizaines de milliers de salariés, artisans utilisant quotidiennement l’A35, nous voulons régler le problème de l’engorgement et des embouteillages qui produisent mal-être et stress. Comme le réclament les habitant-es de l’ouest de notre commune, nous voulons réduire les nuisances sonores et la pollution atmosphérique.

Mais nous avons de profondes réserves sur l’efficacité d’un tel projet. Pourquoi sacrifier 470 hectares de terres, des zones humides remarquables pour un projet dépassé ? Pourquoi s’entêter pour une autoroute qui transformera l’Alsace en aspirateur à camion ? Même le préfet Jean-Luc Marx reconnaît que « Le GCO n’est pas fait pour régler le trafic pendulaire vers Strasbourg » alors qu’il s’agissait pourtant de l’argument premier des initiateurs de ce contournement routier. Est-ce la bonne façon d’agir concrètement pour le climat ?

Au lieu d’un coup de force décidé d’en haut, laissons la place au dialogue, engageons, citoyens comme pouvoirs publics autour des « États Généraux de l’alternative au GCO » où tous les acteurs dialogueraient pour sortir de l’ornière et éviter le conflit qui s’annonce : élus, citoyens, collectifs, syndicalistes, monde économique, scientifiques, associations environnementales…

Il est encore temps d’examiner sérieusement des solutions alternatives moins coûteuses, plus vertueuses pour l’environnement et le climat. : taxe poids lourds, séparation des flux et aménagement de l’A35, construction de la VLIO, incitations au ferroutage, développement des transports en commun et du covoiturage.

De l’avis général, il est urgent d’agir contre le réchauffement climatique, de prendre des mesures fortes qui allient progrès social et transition écologique. Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut tirer les enseignements de la démission de Nicolas Hulot. Nous avons là un cas pratique après Notre-Dame-des-Landes. Ayons le courage d’être à la hauteur du défi que l’histoire nous impose. Nous espérons que le nouveau ministre de l’écologie saura nous entendre et œuvrera réellement à la protection de l’environnement.

Une nouvelle manifestation contre ce projet, pour le climat est annoncée ce samedi 8 septembre. Nous y participerons, parce que la transition écologique et sociale, c’est notre projet !».

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Le site du collectif GCO non merci

 

 

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