Comme je vous en "vœux" M. le Président

La tradition des vœux est un bel exercice que vous avez sali en poursuivant martial dans votre entêtement. Aveugle et sourd obstinément, vous violentez un peuple qui souffre avec acharnement. Je vous en "vœux" M. le Président

M. Le Président, voici des voeux en saignant
Que vous lirez peut-être si vous avez le temps


Vous avez décidé d’attaquer nos retraites
Mais un peuple motivé ne bat pas en retraite
J’ai écouté vos voeux qui déclarent la guerre
A des gens courageux que vous jetez à terre


Les tyrans ne gagnent pas à attiser les braises
Et ceux qui le négligent, tombent d’la chaise
Ou n’y prenant garde ils finissent sur l’échafaud
Des plus illustres encore ont connu Waterloo


Les blés sont sous l’orage depuis plus de deux ans
Vous brisez fou de rage le peuple dans le sang
Vous faîtes le président d’une belle République
Mais n’êtes qu’un pantin choisi par une clique


Qu’un pantin orgueilleux, ambitieux et cynique
Qui n’aime pas le peuple, le martyrise et le flique
Depuis 3 ans bientôt, avec pour seul projet
Une feuille de route que vous nous imposez


Renvoyant l’ascenseur à ceux qui vous ont fait
Qu’ils se nomment, Pigasse, Arnault, Niel, Bolloré
Ils ne sont pas des nôtres, et sont tous détestés
Par un peuple fier, courageux, dont vous êtes éloigné


Un peuple dans la rue, car vous êtes démasqués
Comme tous ceux qui hier, au pouvoir vous portaient
Possédant la presse, les radios et les chaînes de télé
Dans leurs mains sales et riches à milliards par poignées


Ils rachètent et licencient pour mieux désinformer
C’est une méthode connue pour tout manipuler
En masquant tous les liens, collusions, intérêts
Entre milieux d’Affaires, fonds de pensions et banquiers


Vous n’êtes qu’un young leader, choisi, sélectionné
Une belle gueule, de l’audace, de yeux bleus de laquais
En passant par l’ENA, Rothschild, Jacques Attali
Vous servez les intérêts des pourris, des nantis


Qui ne croient qu’en l’argent, quand il fait des petits
De Bahamas en Suisse et autres paradis
En contournant les lois du fisc et du Trésor
Désarmés, supprimés, tandis qu’ils planquent l’or


Retraites chapeaux, combines, parachutes dorés
Dans les arcanes mafieux connus des financiers
Com’ toujours les patrons déversent aux actionnaires
Toujours plus de dividendes et toujours moins de salaires


Aux travailleurs qui vont chaque jour au chagrin
Pour des payes minables gagnées tôt le matin
Trois ans déjà au palais d’l’Elysée
Trois ans déjà en service commandé


Dans l’intérêt de ceux qui vivent dans l’autre monde
Celui des corrompus nantis, aux revenus immondes
Qui de Davos à Paris alimentent leurs réseaux
Dans le but, les gredins de s’partager l’ gâteau


Le portefeuille accroché aux pages du Figaro,
Cherchant grâce à la bourse à payer moins d’impôts,
Ils s’déplacent en 4x4 et surfent sur le net
Voyagent dans leurs jets et polluent la planète


Si jadis Arthur se mêlait au peuple d’en bas
Un laquais de bandits ne se salie pas les bas
Vous préférez faire le beau au milieu des élus
Sans entendre les gilets jaunes en colère dans la rue


Mais la colère et le bruit au printemps, ça vous gène
Courent alors flics, matraques et gaz lacrymogènes
Qui mutilent et éborgnent même les journalistes
Pas question de montrer qui sont les terroristes


Demain dans les journaux, vous aurez le beau rôle
BFM, Europe 1, Apathie est en pôle
Cheminots, enseignants et rouges syndicalistes
Des privilégiés, des fainéants, tous ces grévistes


Vous considérez le peuple avec dédain et mépris
Car au fond vous n’voulez pas de la démocratie
Comme jadis les ligues avant que le Front populaire
Ne redonne l’espoir d’une humanité sur Terre


40h de travail par semaine et conventions collectives
Etaient pour l’travailleur alors des réformes effectives
Découvrant les vacances grâce aux congés payés
Les salaires chantaient à l’aube d’un bel été


De routes en auberges, nageant dans le bonheur
Pleine de joie la jeunesse et oubliant la peur
Hemingway croisait Capa qui captait les images
Au delà des Pyrénées où la guerre faisait rage


Tout cela les patrons n’ont jamais accepté
Et en 40 à Vichy, ils ont collaboré
Avec l’Occupant nazi signant bien des contrats
C’était alors pour eux la revanche du patronat


Dans le pays accablé, défaite, humiliation
Un vieillard défaitiste fit la Collaboration
Il se nommait Pétain et se déshonorait
A Londres un général pointait le bout du nez


Il disait résistance et nous montrait la voie
Des hommes courageux lui emboitèrent le pas
Ainsi naissait la flamme de la Résistance
On y trouvait Moulin et Pierre Mendès-France


Mouvements et réseaux y luttaient pour un monde
Incarné par Vichy, les nazis, bête immonde
Avec courage, fierté et affrontant la peur
Ils ont donné leurs vies pour des jours meilleurs


Pendant qu’ils combattaient, un Conseil vit le jour
Il bâtit un programme plein d’espoir et d’amour
Il fallait pour cela attendre la Libération
Et des combats sanglants pour vaincre l’oppression


Il était temps pour eux de redonner au pays
Un avenir radieux et qu’importait le prix
C’est ainsi que naissait la plus inattendue
Des réformes nouvelles qu’on nommait la Sécu


Elle faisait des travailleurs les piliers d’un système
Où protection, dignité sont des mots que l’on aime
On travaille et cotise à une caisse qui demain
Offrira aux travailleurs usés une retraite enfin


Front populaire,  CNR et la Libération
C’est tout un héritage auquel nous tenons
Acquis de haute lutte et transmis par nos pères
Qu’ils cherchent depuis 40 ans à réduire en poussière


L’arrivée au pouvoir de la « gauche » un tournant
Bien vite hélas trahi par François Mitterrand
Malgré des conquêtes sociales aux accents de 36
Jacques Delors bien vite remit un tour de vis


En imposant dès lors le tournant d’la rigueur
Il trahissait une parole désormais sans valeur
Au profit de tous ceux qui dans l’ombre tapis
Refusaient que demain pour chacun chang’ la vie


Dès lors d’alternative il n’y eut plus désormais
Aux élections ce fut bonnet blanc, blanc bonnet
Elus PS, UDF, RPR étaient au diapason
Du libéralisme qui lentement répandait son poison


Margaret et Ronald ont pris l’initiative
D’annoncer à tout l’monde, y a pas d’alternative
L’économie pour Milton, c’est comme au casino
C’est ainsi que l‘enseigne l’Ecole de Chicago


De l’Acte unique à Maastricht, ils firent la promesse
D’une Europe unie et forte qui en définitive ne laisse
Que des peuples abandonnés, sans repères, déchirés
Les uns contre les autres au coeur du grand marché


En la monnaie unique nous allions goûter les bienfaits
Mais c’est un mark déguisé que nous eûmes en fait
Au service de ceux qui longtemps espéraient
Faire fructifier l’argent comme ils le désiraient


Ils chantaient tous en choeur une Europe substitut
A la puissance d’hier effacée, niée, révolue
Et pour mieux profiter de l’effacement des frontières
L’Etat-Nation on accuse de toutes les guerres d’hier


La guerre c’est au peuple que nos élites la font
En attaquant la Sécu et nos retraites de front
Ils fabriquent chômage à coups de plans sociaux
Pendant qu’ils se gavent de retraites chapeaux


Depuis bientôt 30 ans ils sapent les fondations
D’un généreux système social de protection
De Balladur à Juppé en passant par Fillon
Ils rognent tour à tour le montant des pensions


L’objectif est limpide quand on y réfléchit
Il est là pour servir le clan et les amis
Composés d’assureurs et banquiers aux aguets
De fonds de pensions US qui attendent la curée


Aujourd’hui désormais c’est à vous de relever l’défi
Vous le faites arrogant avec tant de mépris
Manipulations, mensonges, violences et répression
Propagande, oublis, affaires et corruption


Voilà bien les méthodes de votre gouvernement
Avec l’appui de députés aux ordres au Parlement
Le peuple debout dans la rue, en révolte, est colère
Car il ne veut plus l’horizon d’une vie de misère


Quand vous privez d’travail jeunes et anciens
Comment peut-on demander de travailler plus demain
Quand l’évasion fiscale chiffre en milliards à l’année
Comment peut-on accepter que l’Etat soit volé


Vous n’connaissez rien de nos espoirs, de nos envies
Vous ne savez rien des gens qui pleurent et qui rient
Vous répondez start-up, croissance, dette et profits
Nous voulons du bonheur au milieu de nos vies


Améliorez les pensions de certaines catégories
Femmes, artisans, commerçants, j’en oublie
Mais pourquoi faire peser sur toute la carrière
Un calcul qui reposait sur 25 ans hier


Nous n’sommes pas tombés de la dernière pluie
Pour croire vos mensonges qui tombent au fond des puits
L’hiver est à la grève et nous sommes bien décidés
A poursuivre la lutte jusqu’au total retrait


On ne fait pas de voeux en déclarant la guerre
Disant fraternité avec le sabre au clair
Vous n’êtes qu’une brute semant la division
Dans un pays en lutte en pleine opposition


Comme le veut la coutume c’est à vous que j’apporte
Des voeux bouillants qui fument, refermez bien la porte
Derrière vous en partant en cette année cruciale
Je vous annonce une rouste pour les municipales


Annoncé le meilleur, vous êtes en fait le pire
De tous nos présidents, je dois bien vous le dire
Vous avez mis la France en un si grand désordre
Seuls suivent vos larbins et vos forces de l’ordre


Si de Gaulle en son temps a su marquer l’histoire
Vous apparaitrez bien vite comme de triste mémoire
Quand le grand Charles est parti c’est qu’il l’avait voulu
Vous risquez de le suivre à coups de pieds au cul


Si la providence existe ailleurs qu’en cité d’Amiens
Qu’elle n’oublie pas mes voeux et qu’elle les fasse siens
Du balai président et laissez place nette
On n’vous regrettera pas, je vous le dis tout net


N’oubliez pas dans vos valises en quittant l’Elysée
Le syndicat complice qui sert de marchepieds
En allant à la soupe aux côtés du MEDEF
Et qui mérite aussi un coup pieds aux fesses


1 janvier 2020. Christophe LASTERLE


Meilleurs voeux aux grévistes, aux retraités, aux chômeurs, aux bénévoles des associations
humanitaires et d’aides aux plus démunis, aux jardiniers, aux randonneurs, aux
photographes, aux artistes, aux restaurateurs, aux pâtissiers, aux fleuristes, aux boulangers,
aux personnels soignants des hôpitaux, des EPHAD et d’ailleurs, aux pompiers, à nos maîtres
d’écoles et aux collègues professeurs, aux petites mains invisibles qui font entretien et
ménages, travailleurs, aux partisans en tous genres qui militent en faveur d’un monde plus
harmonieux, plus juste, plus solidaire et respectueux des hommes et de l’environnement…
et à tant d’autres personnes chouettes que je ne peux citer ici qui ont la même vision du
monde et se reconnaitront.

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