Coupe du monde au Brésil : Silence les pauvres. A la niche !!!

Le grand barnum de la Coupe du monde foot doit passer coûte que coûte. Et ça coute cher une jolie Coupe du monde.  Le coût de cette fête indécente est estimé à 11 milliards d’euros pour les contribuables brésiliens. C’est qu’il faut de belles arènes, des stades flambants neufs. Les pauvres iront donc à la niche comme aurait dit l’historien trop peu académique, mais si brillant Henri Guillemin.

On en revient toujours au même. Socialisation de s dettes et autres investissements publics via l’impôt et privatisation des bénéfices via les firmes transnationales rapaces qui rôdent telles des hyènes, des vautours et des charognards.

Et notre vieille gloire Michel Platini, notre « Platoche » à nous, aujourd’hui président de la très riche, si riche FIFA (qui a offert l’organisation de la Coupe du monde de football 2022 au Qatar, celle du championnat d’Europe ( ???)  des – de 21 ans à Israël et du  championnat d’Europe 2012  à l’Ukraine, n’a pas hésité à leur demander de la fermer et de remettre leurs manifestations sociales à après demain. Ça suffit les pauvres. Un peu de respect pour le football. Diantre !!! Platini avait sans doute du oublier d’où était originaire son papa Aldo Platini avant de faire naître son fiston à Joeuf en Lorraine…  Il s’est fait remettre en place par Eric « le rouge » Cantona il y a peu. Ex gloire du football hexagonal parti monnayer ses talents à Manchester au nord de l’Angleterre avant de se reconvertir avec un certain talent dans le documentaire. Son dernier intitulé : Looking for Rio, vaut le coup d’œil.

Chez les pauvres, cette Coupe du monde passe mal. les priorités sont ailleurs pardi. Ils manifestent leur courrou depuis de longs mois. Hier, comme chaque jour ou presque depuis de longs mois, manifestant à nouveau devant un stade de football portant désormais  le nom d’une gloire insaisissable, Garincha, les pauvres et les amérindiens ont encore fait savoir à la présidente (du Parti des travailleurs) Dilma Roussef qu’ils voulaient des le respect de leur identité, des écoles, l’accès aux soins, à l’eau potable….. pour survivre. En retour, c’est la police anti émeutes qui est apparue. Et pourtant voilà des mois que nombre de brésiliens manifestent. La réponse du gouvernement est claire. La Coupe du monde doit passer.  

Coupe du monde au Brésil : le défi sécuritaire © AFP Sport

 

Le Brésil, c’est les plages de Copa Cabana, le carnaval de Rio, le Pain de sucre, la samba, la capoera, le football avec ses artistes…. Et le reste me direz-vous ? On ne va tout de même pas parler des pauvres, de cangaceiros, des favelas,  de l’armée qui n’hésite pas à y intervenir, des romans de Jorge Amado, du mouvement des sans terre. C'est 65 millionsde pauvres qui (sur)vivent avec - de 2 $/jour. Qu’on se le dise. D’ailleurs, les documentaires qui pullulent dans notre étrange lucarne nous montrent le Brésil qui fait rêver, rarement l'autre...

Il y a aussi ce Brésil qui fait pleurer de rage.

Silence les pauvres. A la niche.

Le Brésil qui n’en finit pas d’émerger, qui appartient au groupe des pays les plus dynamiques que l’on nomme les BRICS = (Brésil – Russie – Inde – Chine et Afrique du sud) ne tient pas à voir ses millions de pauvres gâcher la fête de milliards de téléspectateurs et des milliers de firmes Transnationales qui sentent l’odeur fraîche du pognon. Il faut donc cacher les pauvres et les bâillonner. On les ressortira après la fête.

Tiens le stade légendaire du Maracana à Rio de Janeiro qui jadis accueillait 200 000 personnes en 1950, du temps où il était en bois est un magnifique exemple. Jadis, les places du bas étaient réservées aux plus défavorisées, étant accessibles à moindre coût. Aujourd’hui, il est tout neuf, équipé des dernières technologies et réduit à 80 000 places assisses. Oui, mais voilà, pour y accéder le jour de la finale, va falloir débourser un paquet de cruzeiros…. Pour ce nouvel écrin, l’Etat de Rio a aligné la bagatelle de 470 000 000 d’euros. Une paille. Pendant ce temps, les amérindiens qui logeaient à proximité sont délogés de force à coups de gaz lacrymogène. Pas question pour les autorités de laisser penser aux millions de supporters qui vont déferler au Brésil, la pauvreté, les inégalités sociales les plus profondes du monde et le mouvement des sans terre crier sa colère. Les amérindiens c’est juste bon pour Nicolas Hulot et son émission Ushuaia.

Me revient en mémoire la magnifique chanson du regretté taureau des Minimes, Claude Nougaro. « Bidonville ». La voici en images : http://www.dailymotion.com/video/x1qwlr4_claude-nougaro-bidonville_music

Claude NOUGARO "Bidonville" © INA

Mais malgré de tels textes, le sport spectacle, le sport barbare, cette peste émotionnelle doit passer et il passera sur le corps des pauvres.

Pour preqque terminer ce message de colère, deux remarques :

. Le prix des places pour la finale varie entre 3000 € et 23000 € (hors marché noir bien entendu). Voir sur un site marchand.  http://www.ticketbis.fr/billets-finale-coupe-du-monde-bresil-2014/ev41702

. Pendant ce temps le désormais célèbre artiste de rue brésilien Paulo Ito peint sur quelques planches de bois adossé au mur d’une école de Sao Paulo, un vrai chef d’œuvre symbole du peuple brésilien affamé. Elle est à voir ici :  http://www.rts.ch/info/monde/5876637-un-graffiti-devient-le-symbole-de-la-critique-contre-le-mondial.html 

Paulo Ito Paulo Ito

Au fait je me fiche pas mal de qui va la gagner cette coupe du monde de football au Brésil. En revanche je sais déjà qui va la perdre.

On assistera donc à la 1° Coupe du monde sans le peuple, sur le dos du peuple. L’histoire retiendra que c’est au pays du ballon rond qu’elle a eu lieu.

Déjà en 1978, elle avait eu lieu sous la dictature en Argentine. Déjà Michel Platini, joueur vedette de l’Equipe de France d’alors ne l’aurait manquée pour rien au monde. Pas question de manquer celle-ci. Pas vrai Michel ?

Alors pour ne pas terminer ce billet sur une note de colère, je vous offre l'écoute de cette belle chanson de Gilberto Gil - Toda menina baiana - De quoi danser comme savent le faire les brésiliens autour d'une bonne samba. 

Gilberto Gil Toda menina baiana © gerald_w-a

 

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