1936 - 1940 - 1944 - 2020 : Mêmes combats face à la revanche des patrons

Front populaire, Résistance, programme du CNR et Libération, combat contre la réforme des retraites . Ne nous y trompons pas, si Vichy coïncide avec la "revanche du patronat français", et la Libération, avec le retour de la dignité des travailleurs, l'attaque contre les retraites signe la révolte des élites et la 2° revanche des patrons.

 1936 - 1940 - 1944 - 2020, Mêmes combats (pdf, 253.8 kB)

Mai 1936, c'est la victoire du Front populaire qui réunit depuis le 14 juillet 1935 le rassemblement des partis de "gauche" (Parti communiste dirigé par Maurice Thorez, la S.F.I.O. dirigée par Léon Blum et le "vieux" Parti radical dirigé par Edouard Daladier. Il est ô combien symbolique et porteur des conquêtes sociales majeures et de reconnaissance pour les travailleurs avec l'Augmentation des salaires de 7 à 15% -  la Baisse du temps de travail de 48 h/semaine à 40 h/semaine - 2 semaines de congés payés qui vont offrir pour la première fois de leur vie aux travailleurs autre chose que le repos dominical de chaque semaine. Des vacances que seuls la bourgeoisie et l’aristocratie connaissaient à travers la vogue des bains de mers à Deauville, à Biarritz, à Cannes et à Nice ou du thermalisme à Vichy, Eaux-Bonnes, Evian, Vittel, Cauterets. - L'élection dans les entreprises de plus de 10 salariés de délégués du personnel capables de porter la parole collective et individuelle du travailleurs face au patron alors tout puissant -  la mise en place de conventions collectives et des contrats collectifs - Une politique nouvelle de loisirs et de sports portée par le regretté Léo Lagrange (mort aux champs d'Honneur en 1940, après avoir participé à pas même 18 ans à la Grande Guerre) - L’entrée historique de 3 femmes dans le gouvernement Blum aux postes de Sous-secrétaire d’Etat (Irène Joliot-Curie à la Recherche scientifique, Suzanne Lacore à la santé publique et à la protection de l'enfance et Cécile Brunschvicg à l’Education nationale. Il est vrai que la véritable révolution aurait consisté à donner le droit de vote et d’éligibilité aux femmes…

Voici quelques lois sociales et mesures majeures qui ont permis d’offrir du temps libre, du repos, et un chemin vers l’émancipation des femmes et des travailleurs. Le Front populaire, c’est aussi, le grand ministère Jean Zay à l’Education nationale et aux Beaux Arts et des apports clés tels que : l’introduction du sport à l’école, les efforts pour valoriser l’apprentissage, les prémices du CNRS et du festival de Cannes. C’est la nationalisation de la SNCF, des mesures qui viennent moins fréquemment à la mémoire collective.

1940, dans les valises de la dictature traditionaliste du vieux Maréchal Pétain, c’est la « revanche du patronat français » qui n’a toujours pas avalé les mesures du Front populaire.  En 1944, issu des rangs bien maigres de la Résistance, agrégée autour du « Grand Charles », le Conseil national de la Résistance (né en mars 1943) poursuit l'œuvre en créant les Allocations familiales, la Sécurité sociale et en généralisant un système de retraite par répartition. Le rôle majeur d’Ambroise Croizat (1901 – 1951), mort d’un cancer des poumons à 50 ans fût considérable. La France venait de mettre en œuvre un magnifique système de protection sociale aux lendemains de la plus grande humiliation de son histoire, de 4 années d’Occupation, de 4 années d’une dictature traditionaliste et antisémite, d’une guerre civile opposant Résistants si peu nombreux et héroïques aux miliciens, puis lors des mois qui suivirent la Libération (août 1944).

Aujourd'hui, et plus généralement depuis les années 80, cet héritage fondateur de la IV et de la V° République, socle de la démocratie française est combattu jour après jour.

ETAPE 1 de la contre-révolution :

Dès 1983 et le « tournant de la rigueur » mis en œuvre par Jacques Delors (ex-CFDT), alors Ministre des finances de François Mitterrand. La Gauche venait de trahir son électorat et portait désormais un « faux nez » comme l’écrivirent alors les sociologues Garnier et Janover dans – La deuxième gauche -.

ETAPE 2 de la contre-révolution :

 Jacques Delors sera ensuite à l’œuvre à la présidence de la Commission européenne de 1984 à 1994 où il poursuivra son œuvre de démolition avec l’Acte unique (1986) et le Traité de Maastricht avec le soutien de la droite (non souverainiste) et de la gauche caviar, convertie au capitalisme à tout va, à la dérégulation (merci Bérégovoy) et corrompue par l’argent roi.

ETAPE 3 de la contre-révolution :

En 1993, sous la direction du grand Ballamouchi qui siège à Matignon, tandis que la maladie ronge « tonton Mitterrand » et que la Mitterrandie ramasse à la pelle ses feuilles mortes, l’entreprise de destruction programmée par les libéraux au pouvoir peut débuter pour de bon. Afin de limiter les risques de manifs et de grèves, la réforme est annoncée en plein mois de juillet (tiens, une belle stratégie de faux jetons politicards)  et surtout, elle épargne les 5 millions de salariés de la fonction publique pour ne toucher que les salariés du privé.  Mais qu’on se rassure, car 2 ans après, le « plan Juppé de 1995 » sur les retraites et la Sécurité sociale tentera d'appliquer aussi l'allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 annuités aux salariés de la fonction publique (mais les longues grèves de 1995 en France entraîneront l'abandon de cette extension aux fonctionnaires). La durée de cotisation nécessaire pour avoir droit à une pension à taux plein passe de 150 trimestres à 160 trimestres, soit 40 ans de cotisations en allant au chagrin. Des pensions calculées dans le privé désormais sur les 25 meilleures années de cotisation, au lieu des 10 meilleures. Tiens prend ça dans les gencives. S’y ajoute, une belle décote de 10% pour chaque année de cotisation manquante… Inutile de préciser que le CFDT de Nicole Notat  applaudit des 2 mains…

ETAPE 4 de la contre-révolution :

En 1995, la droite gaulliste crachant sur le CNR, 25 ans après la mort de l’homme de Colombey, s’attaquait alors au grand démantèlement. Et c'est le landais Alain Juppé (je n’ai rien contre les Landes qui sont un département magnifique), énarque et inspecteur des finances devenu Premier ministre de Chirac en 1995 dont il fut un proche collaborateur qui s’y colle.  Son but est simple, c’est d’imposer aux fonctionnaires, ce que Ballacan le Bellimou n’avait pas essayé 2 ans plus tôt. Mal lui en prend puisqu’au mois de frimaire (calendrier républicain), il propose de dézinguer en même temps Sécurité sociale et système de retraite par répartition. Il est obligé de capituler devant la détermination des grévistes (+ de 2 millions) courageux. Inutile de préciser que le CFDT de Nicole Notat avait soutenu la réforme…                                                         Mais la méthode (présenter un projet bien merdeux en décembre) sera reprise plus tard…Entre temps, il sera condamné à 14 mois de prison avec sursis et 1 an d’inéligibilité pour « prise illégale d’intérêts » dans l’Affaire des emplois fictifs (du RPR) à la Mairie de Paris aux temps de « Maître Jacques »… Cela ne l’empêchera pas d’être maire de Bordeaux (2006 – 209), plusieurs fois ministre sous la présidence Sarkozy, puis de se présenter à la primaire de la droite et du centre en 2016…[Son programme était tout un programme avec pêle-mêle : La suppression de  250 000 à 300 000 postes de fonctionnaires, le retour aux 39 heures hebdomadaires légales, la retraite à 65 ans, la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), la baisse de l'impôt sur les sociétés, le transfert du financement de la protection sociale vers la TVA et 80 à 100 milliards d’euros de baisse des dépenses publiques….] avant d’entamer un joli rapprochement avec Emmanuel Macron et de terminer membre du Conseil constitutionnel … La République est décidément amnésique, corrompue et illégitime.

Un grand maître d’œuvre devant la justice française (et condamné) ? Et de un…

ETAPE 5 de la contre-révolution :

En 2003, c’est François Fillon le sarthois, dont l’épouse Pénélope n’a pas encore gagné ses lettres de noblesse au royaume de truanderie, qui poursuit la campagne de démolition.  Poursuivant le travail débuté plus tôt, il obtient le passage de l’allongement de la durée de cotisation et donc (report de la retraite) à 40 annuités pour les fonctionnaires puis pour tous les actifs à 41 annuités. Le mise en place d’un dispositif « pour carrière longue », la possibilité de racheter des trimestres et une possible surcote (3%) quand la décote est de 5%.... et un plan d'épargne pour la retraite populaire (PERP) est créé. Il s'agit d'un système de capitalisation individuel, assorti d'une exonération d'impôts sur les versements. Déjà de jolis cadeaux pour les assureurs, banquiers et futurs fonds de pension. Mais il faut rappeler que Fafa l’écureuil (Laurent Fabius, le ministre sans doute le plus fortuné de la gauche caviar et de la Mitterrandie) avait déjà crée  le plan d'épargne salariale volontaire donnant droit à des exonérations fiscales.  Le CNPF devenu en 1998 le MEDEF du Baron Seillière (maître des forges, pardon, des chaînes…) applaudit des 2 mains tandis que les organisations syndicales font la tronche et une inter-syndicale voir le jour. Elle est fragile, mais la grève éclate. Et comme souvent la CGC et surtout la CFDT de François Chérèque iront à la soupe et signeront l’acte de réédition…. Pour une belle hémorragie dans les rangs de la centrale née en 1964.  La réforme Fillon est adoptée le 4 juillet 2003 par le Palais Bourbon. Le Sénat en fait de même le 18 juillet 2003. Au début de l’été. Une manière de souhaiter « bonnes vacances » aux millions de français.  Lui aussi « homme politique professionnel et cumulard », il est tour à tour ou simultanément maire, député, sénateur, président du Conseil général de la Sarthe, du Conseil régional du Pays de la Loire, plusieurs fois ministre entre 1993 et 1997 sous Balladur le chanoine, sous Juppé droit dans ses bottes, puis entre 2002 et 2007 sous Raffarin "l’évêque du Poitou". Il occupe ensuite Matignon pendant 5 ans de 2007 à 2012. Enfin on le retrouvera candidat et vainqueur de la primaire de la droite et du centre. Mis en examen par la justice (Affaire Fillon), il se présente tout de même à l’élection présidentielle d’avril 2017. Il rentre donc dans l'histoire en étant le 1° candidat mis en examen de la V° République... où il n’arrive qu’en 3° position et appelle à voter pour Macron. Celui qui voulait appliquer une « thérapie de choc » au pays (Voir l’histoire de cette idéologie américaine étroitement liée à la « stratégie de choc » de l’Ecole libérale de Chicago dirigée par Milton Friedman et les ravages qu’elle a pu faire en Bolivie, au Chili, en Argentine et dans les pays en développement dans les années 70-80…puis en Europe et en Russie.).

Un 2° grand maître d’œuvre devant la justice. Et de deux…

ETAPE 6 de la contre-révolution :

En 2010, rebelote, ce coups-ci c’est Eric Woerth (encore un bien beau spécimen de la caste de politicards bien honnêtes) qui est aux commandes sous Sarkoléon. 2 grandes mesures phares portent un nouveau coup dans la figure des travailleurs. D’une part, le relèvement progressif en six ans, de l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans, à partir de 2011. Le relèvement progressif de 65 à 67 ans, à partir de 2016, de l'âge à partir duquel ne s'applique plus le mécanisme de décote (dans le cas où le salarié n'a pas cotisé le nombre de trimestres requis pour obtenir une retraite à taux plein). Un salarié du privé de 65 ans à qui il manque quatre années, car il n'a cotisé que 37 ans et demi, devra travailler deux ans de plus, jusqu'à 67 ans, ou subir une décote de 10 %. L’Homme qui conduit la machine à poursuivre cette fois la destruction du système de retraite par répartition est parfaitement intègre. La preuve : Dans l’Affaire dite « de l’hippodrome de Compiègne », alors qu'il était soupçonné de prise illégale d'intérêts dans la vente de 57 hectares de la forêt de Compiègne en 2010, Éric Woerth bénéficie d'un non-lieu en décembre 2014. Mais le 17 février 2016, un arrêt de la Cour de cassation relance cette affaire pour soupçon de favoritisme. Quelques doutes…. Dans l’Affaire dite « Woerth-Bettencourt », Le 8 février 2012, il est mis en examen pour trafic d'influence passif et pour recel de financement illicite de parti politique le lendemain. Renvoyé en correctionnelle, il voit le tribunal correctionnel de Bordeaux prononcer en sa faveur, le 28 mai 2015, une double relaxe dans les volets du dossier qui portaient sur le trafic d'influence et l'abus de faiblesse. Cependant, le tribunal conclut ainsi : « Il existe une forte suspicion de remise d’argent des fonds Bettencourt, sans que la démonstration de la remise soit totalement acquise ». Pas vu, pas pris ? Enfin dans l’Affaire dite « Sarkozy-Khadafi », alors qu’il est Trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy pour l’élection présidentielle de 2007, il a reconnu devant les juges instruisant l'affaire Sarkozy-Kadhafi avoir distribué plusieurs dizaines de milliers d'euros d'argent liquide à des salariés de la campagne, de l'argent d'origine anonyme et « tombé du ciel » selon ses dires. La Justice le soupçonne d'avoir participé au financement illégal libyen de cette campagne.  Il est ainsi mis en examen pour « complicité de financement illégal de campagne électorale » le 28 mai 2018 dans le cadre de cette affaire.  https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/05/30/financement-libyen-de-la-campagne-de-2007-woerth-pris-au-piege-de-son-mensonge_5306707_1653578.html La justice suit son cours.

Un 3° grand maître d’œuvre dans ses œuvres et devant la justice. Et de trois…

ETAPE 7  de la contre-révolution :

En 2016, la Loi travail ou Loi El Khomri poursuit la destruction du Code du travail. Dans le droit fil des contrats nouvelle embauche puis des contrats premières embauches (le célèbre CPE combattu par la jeunesse en 2006), le patronat qui a ses entrées à Matignon via le ministre  ex-gestionnaire de fortunes à la Banque Rothschild, cherche à tous prix à réduire en bouillie le Code du travail jugé trop protecteur pour les travailleurs français. La loi va donc faire le boulot en assouplissant la législation sur les licenciements, en plafonnant les indemnités Prudhommales. Le projet de loi maintient le maximum de 10 heures de travail par jour mais prévoit qu'un accord collectif ou une autorisation administrative peut porter ce plafond à douze heures. Les Accords d’entreprises priment sur les conventions collectives et un compte épargne temps est créé. Et comme souvent, si la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises) et le MEDEF trouvent que le projet ne va pas assez loin, que la CGT, FO, Sud, la FSU, l’UNEF et quelques autres syndicats demandent le retrait, la CFDT tout comme l’UNSA et la CFTC se rallient au projet et quittent les rangs de la mobilisation. C’est d’ailleurs à ce moment- là que les pandores durcissent leur stratégie de maintien de l’Ordre (des puissants) et que les matraques et les grenades lacrymogènes pleuvent de toutes parts….  Le projet passera sans vote à l’Assemblée nationale, puisque le gouvernement Valls avec l’accord de l’Elysée utilisera l’article 49 alinéa 3

ETAPE 8 de la contre-révolution :

En novembre 2018, les « gilets jaunes » font irruption dans le champ politique à l’image de cette France périphérique oubliée depuis plus de 40 ans par les radars des politiciens. Macron (et son porte flingue Castaner) se souvient sans doute des propos de Jean-Pierre Raffarin en 2003, lorsque celui qu’on surnommait parfois « l’Evêque du Poitou » disait : « C’est pas la rue qui gouverne !!! ». Il se souvient aussi sans doute de son admiration pour « le Tigre » qui fît donner la troupe et les armes contre les mineurs en 1906, puis contre les viticulteurs du Midi en 1907. Et la répression sera des plus féroces. C’est avec des armes de guerre (grenades de désencerclement GLI F4) et autres LBD40 que le gouvernement et la Place Beauvau font la guerre au peuple. Il s’agit ni plus ni moins d’appliquer la bonne vieille méthode de la STRATEGIE de CHOC. Le journaliste David Dufresne joue un rôle d’éclaireur (voir son roman Dernière sommation : https://twitter.com/davduf ) et les réseaux sociaux croulent sous les images de citoyens mutilés, éborgnés, matraqués, gazés… tandis qu’ils manifestent leur rejet de la politique ultra libérale dont ils comprennent bien les ravages car ils les vivent…J’en ai fait un billet à lire ici sous le titre : 100 ans après Clémenceau, Les gueules cassées de Macron (1919 – 2019). https://blogs.mediapart.fr/christophe-lasterle/blog/190119/100-ans-apres-clemenceau-les-gueules-cassees-de-macron1919-2019-du-prix-au-mepris

C’est avec les méthodes totalitaires de la manipulation, de la répression féroce, des mensonges, et pour faire vaincre les idées ultra libérales qui veulent démolir la protection sociale, le droit et le Code du travail patiemment mis en place depuis 1936 (Front populaire) et à la Libération (CNR) que MACRON poursuit l’œuvre de ses prédécesseurs Balladur, Juppé, Fillon…

ETAPE 9 de la contre-révolution :

Décembre 2019, la réforme des retraites du quatuor Macron/Philippe/Delevoye/Castaner

Hier en 1936, il fallait lutter contre les ligues fascisantes issues des rangs de la droite et de l’Extrême droite (Solidarité française du richissime parfumeur bonapartiste et homme de presse François Coty, le Francisme de Marcel Buccard [partisan de la Collaboration avec l’Allemagne nazie, il crée la LVF = Ligue des Volontaires français contre le bolchevisme et sera fusillé à la Libération au Fort de Châtillon en 1946], les Croix de Feu du Colonel de la Rocque, la Ligue des patriotes fondée par Paul Déroulède, devenue les Jeunesses patriotes dirigée par Pierre Taittinger, grand magnat du champagne, Président du Conseil municipal de Paris sous l’Occupation après avoir voté les Pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940 (qui met fin à la République et à la démocratie en France), ce qui lui vaudra l’arrestation à la Libération, un procès et une peine d’inéligibilité de 5 ans….ou encore La Cagoule Jean Filiol [ milicien dans le Limousin trouvant asile et refuge dans l’Espagne franquiste où il travaillera pour la branche espagnole de l’OREAL, sans jamais répondre de sa condamnation à la peine capitale par contumace ordonnée par la justice française à la Libération] et d’Eugène Deloncle [que l’on retrouvera en bonne place sous l’Occupation après avoir fondé le parti collaborationniste du MSR. Il sera assassiné par la Gestapo pour s’être rapproché de l’Amiral Canaris et de quelques membres de l’Abwehr. Son fils dirigera la branche espagnole de la société l’OREAL… Un de ses petits-fils n’est autre que Christophe de Margerie, ex- PDG de TOTAL.  Il fallait lutter aussi contre les royalistes de l’Action française dirigée par Charles Maurras et les Camelots du Roi de Maurice Pujo, tous deux soutiens du régime de Vichy, condamnés à la Libération, à des peines de prison et à l’Indignité nationale… qui voulaient mettre à mort la République et la démocratie en France avec le soutien du grand patronat auquel appartenaient quelques leaders politiques tels Taittinger ou Coty.

Aujourd’hui, il faut lutter contre les partis qui au prétexte de faire barrage à l’Extrême-droite, au Front national (né en 1972) devenu le Rassemblement national (en 2018) mènent main dans la main des politiques ultra libérales qui visent elles aussi à anéantir les valeurs de la République, la démocratie et la souveraineté des peuples en transférant le pouvoir à une technostructure dirigée par des fondés de pouvoirs de l’Oligarchie patronale devenus illégitimes en raison de leurs méthodes (violence politique et policière,  manipulation des foules avec le soutien des médias) et de l’objectif final qui est bel et bien de faire la guerre aux peuples. Une clique de patrons de presse qui "tient" les médias. Voir le tableau ci-dessous. Edifiant.

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A chaque fois, c’est la dignité humaine et le droit à l’émancipation des travailleurs qui sont attaqués et niés par la violence politique et économique.

S’il faut améliorer le système de retraites et les pensions pour les femmes, les agriculteurs, les artisans, les commerçants, certaines professions libérales et plus généralement pour les salariés du privé, il n’est pas nécessaire d’harmoniser le système à la baisse pour l’immense majorité des travailleurs. Pour rappel, le candidat Macron a « promis » (oui, je sais ce que vous allez me rétorquer au sujet des promesses de campagne…) de ne pas allonger la durée cotisation et que les pensions de retraites ne baisseraient pas…. Demandez donc aux retraités actuels si elles n’ont pas déjà baissé avec la désindexation et la hausse de la CSG !!! Améliorer le système, oui, mais pas aux dépens des travailleurs.

Quand dans notre pays il y a :

  • 20% de chômeurs chez les 18 – 25 ans
  • 10% chez les + de 55 ans
  • 80 à 100 milliards/an d’évasion fiscale
  • 100 milliards depuis 2013 d’allègement de cotisations patronales au titre du CICE sans contrepartie, ni résultats dans le domaine des créations nettes d’emplois
  • + de 50 milliards/an de distributions de dividendes aux actionnaires du CAC40
  • Un gel des salaires dans la Fonction publique (point d’indice bloqué depuis juillet 2010)
  • Une saignée dans les effectifs de la Fonction publique qui alimente mécaniquement un « déficit » de cotisations sociales (salariales et patronales) pour mieux manipuler le débat et les foules en agitant comme toujours la marotte des « déficits »….
  • Quand on n’a de cesse de détruire des emplois industriels en laissant passer sous pavillon étranger des grands groupes fleurons de l’industrie française tel Alcatel.

Heureusement, en lisant une synthèse publiée par le comité de mobilisation de la Direction générale de l’INSEE, dont « le rôle de la statistique publique est d’éclairer le débat public et d’apporter aux citoyens des éléments de compréhension des enjeux sociaux et économiques », on peut lire ici :  https://npa2009.org/actualite/politique/insee-le-comite-de-mobilisation-produit-une-analyse-retraites-qui-demolit-le  que :

  • Il est possible de financer des hauts niveaux de pensions
  • Que le système par répartition a sorti les retraités de la pauvreté
  • Que les retraites ont été financés tout en réduisant le temps de travail
  • Que le montant des pensions (depuis les réforme successives) diminue de génération en génération

Mais aussi et surtout que :

  • Le déficit » est avant tout une question de ressources
  • Que ces ressources sont volontairement réduites par les politiques successives de réduction et de suppression des emplois dans les Fonctions publiques
  • Que l’espérance de vie en bonne santé plafonne depuis 10 ans autour de 63/64 ans
  • Que 40% des actifs ne sont plus en activité au moment où ils prennent leur retraite (chômage, maladie, invalidité, pré-retraite) posant ainsi le question – Qui pourra travailler jusqu’à 64 ans ? -

La « révolte du peuple et l'union » sont plus que jamais nécessaires pour combattre la « révolte des élites » dont parlait Christopher Lasch. Et chacun de nous à sa modeste échelle peut contribuer à ce que la flamme de la résistance ne s'éteigne pas, mieux même qu'elle se ranime. Une frange du peuple de France courageuse et lucide s'y emploie. Eux au moins ne sont ni complices, ni lâches, ni aveuglés.

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