Idéologie et choix de valeurs

Cet article de blog, « Étude en nullité de la privatisation de l’Aéroport de Toulouse », est une nouvelle illustration, remarquablement détaillée, du fonctionnement naturel des gouvernements entrepreneuriaux.

Ce qu’il faut comprendre ici pour ne pas se tromper de cible, c’est les objectifs qui sont visés et les méthodes qui sont employées. Il s’agit rien de moins avec l’aéroport de Toulouse que des très habituels élargissements des domaines de l’accumulation du capital et des continues transformations de l’action publique qui font de l’état une sphère régie par les règles de la concurrence.  Ce n’est naturellement pas le manque d’argent qui empêche l’état d’assurer ses missions. L’état néolibéral est en effet en permanence restructuré de deux manières : par l’extérieur avec les privatisations massives des entreprises publiques qui mettent fin à l’état « producteur » ; de l’intérieur, par la mise en place d’un état évaluateur et régulateur, un état managérial. Le gouvernement doit gérer uniquement la population en ce qui concerne la sécurité, le marché … L’état néolibéral, comme on le sait, doit réformer la société pour la mettre au service des entreprises, elle doit lui livrer impérativement tous les secteurs qui ne constituent pas son domaine exclusif. Bien évidemment, cette mutation entrepreneuriale de l’état subvertie radicalement les fondements de la démocratie, c’est-à-dire la reconnaissance des droits sociaux attachés au statut de citoyen. Bien évidemment, les privatisations sont la forme d'accaparement des bénéfices de l'activité économique des entreprises nationales au profit des actionnaires privés et au détriment d'une politique de services publics réelle (au nom de l'efficacité supposée). L’état néolibéral ne cesse d’alléger ses règles et ses serviteurs, leurs cabinets sont pour cela extrêmement compétents. Il ne s’agit pas là en effet d’un quelconque manque de savoir-faire ou d’une espèce de perversion de la morale mais d’idéologie et de choix de valeurs*.

* Voir Ludwig von Mise et Friedrich Hayek. 

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