Des députés de l’opposition au travail.

Christophe Gueugneau et Manuel Jardinaud dans un intéressant article (« A l’Assemblée, les gauches se sentent impuissantes ») nous montrent les députés au travail.

Nous apprenons que, du 21 juin au 30 septembre (87 jours ouvrés), 17 députés de « La France Insoumise » ont siégé en séance publique 25 jours durant (179h30). Le travail en commission (nombre limité à 6) a été de 235h20 et les représentants du peuple ont débattu lors de la séquence d’été 2017 de 19 textes. L’activité en session correspond donc à moins de 30 % du temps de travail (semaine de 37,5h) ; si les députés ont participé à l’une des commissions de l’Assemblée nationale, ce qui n’a concerné qu’un très petit nombre des élus FI, cette charge de travail est passée à environ 34%. En se répartissant équitablement l’examen des textes, un député a par conséquent travaillé à fond un document en trois mois.

Nous savons naturellement que les députés « insoumis » sont attachés à leur circonscription et que l’action parlementaire nécessite un travail préparatoire important. Cependant, les 70% hors de l’hémicycle ne sont-ils pas amplement suffisants pour bichonner les électeurs et faire quelques ennuyantes lectures ? L’équipe parlementaire et les attachés jetables se tourneraient-ils les pouces ? Aussi sommes-nous véritablement inquiets de voir « l’homme providentiel » en si mauvaise condition physique après ce malheureux trimestre de travail mi léger. Il regrette sans aucun doute un peu son train de sénateur et le PS pléthorique et unanime au cœur de sa carrière.  Et comme un malheur n’arrive jamais seul, nous apprenons que la session d’été a été prolongée du 3 au 9 aout et la chère location de vacances sacrifiée. Providentiel heureusement ne veut pas dire désargenté comme le montre le patrimoine déclaré du tribun. Nous nous alarmons par conséquent modérément pour le préjudice matériel qui résulte de cette détestable prolongation.

Pouvons-nous conseiller, pour rasséréner le leader charismatique et relativiser un peu son stress de cadre, la lecture de « L’ubérisation du code du travail n’est pas une fatalité. Imaginer un salariat sans subordination » de l’excellent  « Monde diplomatique » (juillet 2017).  Danièle Linhart  y montre comment l’individualisation grandissante du travail étend la souffrance dans l’activité ; comment cette individualisation est le contraire de l’autonomie ; comment la subordination, qui se concrétise par des dispositifs qui verrouillent les salariés, les contraint à travailler selon des critères d’efficacité décidés unilatéralement.

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