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Billet de blog 23 août 2017

livre herméneutique du potlatch chap 2 : lucre extrême, extrême luxure

lecture de ces derniers mois : la distinction de pierre bourdieu et la part maudite de georges bataille comme d'habitude les extraits des meilleurs pages et mon avis en fin de chapitre. nous avons ajouté la définition wikipedia du potlatch qui à mon avis avis est incomplète car nous le prenons dans le sens d'un gaspillage ostentatoire.

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Chap 2 :  lucre extrême, extrême luxure

Qu’est-ce que le potlatch ?

Définition wikipedia

Le potlatch (chinook : donner) est un comportement culturel, souvent sous forme de cérémonie plus ou moins formelle, basé sur le don. Plus précisément, c'est un système de dons / contre-dons dans le cadre de partages symboliques. L'essence du geste étant non marchand par essence, il est n'est pas convenable de l'appeler échange. Une personne offre à une autre un objet en fonction de l'importance qu'elle accorde à cet objet (importance évaluée personnellement) ; l'autre personne, offrira en retour un autre objet lui appartenant dont l'importance sera estimée comme équivalente à celle du premier objet offert.

Originellement, la culture du potlatch était pratiquée autant dans les tribus du monde amérindien (les Amériques) que dans de nombreuses ethnies de l'océan Pacifique, jusqu'aux Indes. C'est pourquoi les premiers colons européens ont pu considérablement spolier les indigènes qui pratiquaient le potlatch, car ils échangeaient de l'or contre de la bimbeloterie ; les Indiens croyant à la valeur « potlatch » de ces échanges pensaient que ces trocs étaient équilibrés.

Dans la culture occidentale actuelle, on utilise aussi la formule « briller ou disparaître », qui reflète une dynamique de type potlatch, dans les contextes et cérémonies suivantes :

  • Contribution aux repas communautaires, où chacun apporte spontanément un plat ou une boisson pour tous (salade, dessert...) Ce type de repas est aussi appelé « repas canadien » en Suisse romande, en référence aux Amérindiens d'Amérique du Nord qui pratiquaient cette forme de potlatch. Le vocable potluck est de nos jours très employé et est traduit par repas-partage1.
  • Obtention d'une légitimité et d'une position hiérarchique plus importante, en fonction de la qualité et de la quantité des contributions faites dans une dynamique de groupe (par exemple, dans les milieux associatifs, les personnes qui s'engagent le plus comme volontaires auront un accès prioritaire aux ressources collectives, comme le bus ou le matériel informatique de l'association à laquelle ils contribuent).
  • Obtention des droits de modération dans une communauté virtuelle, comme c'est le cas de Wikipédia, en fonction des contributions antérieures.

Le potlatch renvoie en philosophie à la notion de dépense pure (cf. Georges Bataille et Marcel Mauss). C'est un processus placé sous le signe de la rivalité : il faut dépasser les autres dons.

D'un autre côté, le philosophe Gilles Deleuze explique que « la relation créancier-débiteur » — qui, chez Nietzsche, était « première par rapport à tout échange » — doit être repensée compte tenu des études ultérieures sur le potlatch2.

L'anthropologue René Girard identifie cette pratique rituelle à un phénomène plus large, un sacrifice permettant de désamorcer une violence collective et mimétique pouvant être déclenchée autour d'un objet de désir non partageable3. Comme développement ou "aggravation" du mimétisme, il cite la situation de deux tribus rivales qui gaspillent volontairement et rituellement des quantités de richesse (cas de "mimétisme négatif").

Le mot a été introduit en anthropologie en 1924 par Mauss et Davy (note p. 72 de l'Essai sur le don de Marcel Mauss pour origines antérieures).

Extrait de livres lus

La distinction de pierre bourdieu

P281

Les luttes dont l’enjeu est tout ce qui dans le monde social est de l’ordre de la croyance, du crédit, et du discrédit, de la perception et de l’appréciation, de la connaissance et de la reconnaissance, nom, renom, prestige, honneur, gloire, autorité, tout ce qui fait le pouvoir symbolique comme pouvoir reconnu ne concernent jamais que les détenteurs « distingués » et les prétendants « prétentieux ». Reconnaissance de la distinction qui s’affirme dans l’effort pour se l’approprier fut ce sous les espèces illusoires du bluff ou du simili et pour se démarquer par rapport à ceux qui en sont dépourvus la prétention inspire l’acquisition par soi banalisante, des propriétés jusque-là les plus distinctives et contribue par-là à soutenir continûment la tension du marché des biens symboliques contraignant les détenteurs des propriétés distinctives menacés de divulgation et de vulgarisation à rechercher indéfiniment dans de nouvelles propriétés l’affirmation de leur rareté.

La demande qui s’engendre continûment dans cette dialectique est par définition inépuisable puisque les besoins dominés qui la constituent doivent se redéfinir indéfiniment par rapport à une distinction qui se définit toujours négativement par rapport à eux…

P436

La folie des uns est la première nécessité des autres (en parlant du gaspillage ostentatoire)…

P546

Matrice de tous les liens communs qui ne s’imposent si aisément que parce qu’ils ont pour eux tout l’ordre social, le réseau des oppositions entre haut ou sublime élevé pur et bas ou vulgaire plat modeste, spirituel et matériel, fin ou raffiné élégant, et grossier ou gros gras brut brutal frustre, léger ou subtil vif adroit, et lourd ou lent épais obtus laborieux gauche, libre et forcé, large et étroit ou dans une autre dimension entre unique (souligné par le rapporteur) ou rare différent distingué exclusif exceptionnel singulier inouï et commun ou ordinaire banal courant trivial quelconque, brillant ou intelligent et terne ou obscur effacé médiocre, a pour principe l’opposition entre « l’élite » des dominants et la masse des dominés, multiplicité contingente et désordonnée interchangeable et innombrable, faible et désarmée sans autre existence que statistique….

La part maudite de georges bataille

P23

L’activité humaine est représentée d’une part par l’usage du minimum nécessaire pour les individus d’une société donnée à la conservation de la vie et à la continuation de l’activité productive. La seconde part est représentée par les dépenses dites improductives, le luxe les deuils les guerre les cultes la construction de monuments somptuaires les jeux les spectacles les arts l’activité sexuelle perverse…

L’argent, les bijoux et le luxe en général ont une valeur excrémentielle dans le domaine psychanalytique..

Les cultes exigent un gaspillage sanglant d’hommes et d’animaux de sacrifice. Le sacrifice n’est autre au sens etymologique que la production de choses sacrées…

P28

Le don n’est  pas la seule forme du potlatch ; il est également possible de défier des rivaux par la destruction spectaculaires de richesse. C’est par l’intermédiaire de cette dernière forme que le potlatch rejoint le sacrifice religieux, les destructions étaient théoriquement offertes à des ancêtres mythiques des donataires…

C’est la construction d’une propriété positive de la perte (de laquelle découle la noblesse l’honneur le rang dans la hiérarchie) qui donne à cette institution sa valeur significative. Le don doit être considéré comme une perte et ainsi comme une destruction partielle : le désir de détruire étant reporté en partie sur le donataire.

P29

Ce pouvoir de l’homme riche est caractérisé comme pouvoir de perdre. C’est seulement par la perte que la gloire et l’honneur lui sont liés.

P33

L’homme riche consomme la perte de l’homme pauvre en créant pour lui une catégorie de déchéance et d’abjection qui ouvre la voie à l’esclavage.

P34

Le jeu cruel de la vie social ne varie pas à travers les divers pays civilisés où la splendeur insultante des riches perd et dégrade la nature humaine de la classe inférieure.

P125

Détermination religieuse de l’économie : elle définit la religion. La religion est l’agrément qu’une société se donne à l’usage des richesses excédantes.

Avis du rapporteur

Plus on est avide plus on pratique une lubricité extrême d’où la pédophilie.

En fait dans le gaspillage ostentatoire des dominants (le potlatch dans le sens où nous l’entendons) il y a une dimension narcissique que l’on retrouve souvent chez les fils et filles uniques. (cf jacques chirac dit jacouille la fripouille) –nous transcrirons les meilleurs pages du sens de la vie d’alfred adler qui parle de cette dimension chez l’enfant unique….

On retrouve cette propension à se détacher du socius aussi bien au niveau matériel qu’au niveau sexuel. Déflorer une jeune vierge rend unique le pédophile qui se détache ainsi du socius de la masse, et en conséquence qui enfreint la loi délibérément en pratiquant un gaspillage d’une vie humaine qui ne s’en remettra jamais. Tout pour le riche dominant est prétexte à sortir de la masse. Il veut être unique exceptionnel et c’est son narcissisme qui le pousse à agir ainsi. certains hommes riches pratiquent la sagesse. la majorité des riches institutionnalisent la pire criminalité.

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