Pourquoi Marine Le Pen va gagner, et mon manque d'espoir pour les législatives.

Ce que je vis, ce que je vois, depuis une semaine, c'est un comportement désespéré et contre productif des "biens pensants", une peu comme une personne prise dans les sables mouvants, et qui gesticule pour s'en sortir, alors que chaque mouvement, chaque mot, chaque respiration contre son destin, contribue à l'accélérer.

Une semaine déjà que le verdict tombait. Au second tour, nous aurions Marine Le Pen, arrivée deuxième, mais tout le monde s'en doutait depuis longtemps, et Emmanuel Macron propulsé premier par le monde médiatique, par l'explosion du PS et la division de ce que l'on appelle "la gauche".

Impossible pour moi de choisir entre la peste et le choléra, et je refuse de voir mon vote blanc envisagé comme une aide à Marine Le Pen, pas plus que je ne le considère comme une aide à Emmanuel Macron.

Et ce, malgré la campagne assez incroyable d'appel à un "front républicain", et à un vote Macron pour faire barrage au FN.

Ce que je vis, ce que je vois depuis une semaine, c'est un comportement désespéré et contre productif des "biens pensants", une peu comme une personne prise dans les sables mouvants, et qui gesticule pour s'en sortir, alors que chaque mouvement, chaque mot, chaque respiration contre son destin, contribue à l'accélérer, et qui, ces dernières heures, semble atteindre un paroxysme destructeur.

La plupart des personnes, dont je respecte généralement le point de vue, l'ouverture d'esprit, l'intelligence des situations, semblent aujourd'hui complètement paniquées, et écrivent, tweetent, causent à la radio ou à la télé, pour imposer leur solution, le vote Macron.

C'est le cas d'Edwy Plenel ici, qui affirme dans une analyse en forme de parti pris assumé, et sans aucunement démontrer que le bon choix est le vote Macron.

C'est le cas de chercheurs, de savants, de cientifiques, qui appelent à voter contre le FN par un vote pour Macron, en étayant leurs discours par tous le mal que l'on peut penser de la politique du FN, mais sans jamais la comparer à la politique de Macron, pas très scientifique, convenons en....

 C'est le cas de politiques, qui engagent à voter contre leurs convictions, tels Pouria Amirchahi, Pierre Larrouturou, parfois de manière maladroite et complètement contestable (Non Monsieur Larrouturou, Yanis Varoufakis ne vote pas en France).

C'est même le cas de chroniqueurs à vocation comique, comme Didier Porte, qui n'en fini pas de mélanger premier et second degré, et qui fini sa chronique plutôt pertinente par un appel de toute évidence au premier degré à voter Macron.

Je m'arrête poour ce qui pourrait être une longue énumération des personnes et institutions suffisamment sûres de ce ce qu'il faut faire pour le recommander aux autres. Toutes ces personnes font partie des élites, sont audibles, et surtout ne souffriront pas de la politique envisagée par Emmanuel Macron.

Et c'est là que le bât blesse.

Car il n'aura échappé à personne que les partis sont les grands perdants de ce scrutin.

Et si ils le sont, c'est que tout les corps intermédiaires ont échoué à prendre en compte la détresse populaire. Dans ce contexte ou le peuple aspire à autre chose, à changer, où il se rend bien compte que ses dirigeants, quels qu'ils soient, de quelque bord qu'ils soient, n'ont rien fait jusqu'à présent pour infléchir la rigueur et l'ampleur de la souffrance au travail, la courbe du chomage, la baisse du pouvoir d'achat, changer les remboursement des frais dentaires, faire une justice à une seule vitesse, garantir un absence de préjugés dans les forces de l'ordre, donner l'espoir en un monde meilleur pour ses enfants, etc....

 Comme à la toute fin des années 30 en Allemagne où la crise économique avait plongé dans le désespoir du quotidien des allemands mal remis de l'humiliation d'après guerre, la crise économiques qui dure depuis 40 ans (peut on encore parler de crise?), et les humiliations, celles d'avoir été trahis par le président de 2002, l'humiliation quotidienne de la sanction pour le moindre manquement (vitesse sur la route, parking, retard de paiement, retard de déclaration, oublis dans un monde de plus en plus compliqué et où l'administration transfert son job sur le particulier via internet,,.... ), alors que dans le même temps des exemples de ses représentant "se gavent", pourraient bien pousser Marine Le Pen au pouvoir.

Ceux qui n'ont plus grand chose à perdre, plus d'espoir, qui entendent ces injonctions un nouvelle fois humiliantes, de la part de personnes qui de toute évidence ne partagent pas leur pauvre quotidien, pourraient bien les faire basculer dans un vote de dégout et de rejet de toutes ces personnes bien pensantes, mais incapables de resoudre leur problèmes, au profit d'une candidate qui réussi assez bien sa campagne de second tour.

Aussi j'invite toutes celles et tout ceux qui pensent détenir la vérité, la clé de ce scrutin à se taire, et à laisser le peuple français dans le silence propice et nécessaire aux décisions cruciales, à laisser chaque Fançaise, chaque Français, décider en conscience et dans le calme, de ce qu'il y a de mieux à faire dans cette circonstance assez incroyable, qui est que les 14% d'électeurs qui disent avoir voté Macron par conviction et les 17% d'électeurs qui disent avoir voté par conviction pour Marine Le Pen (source), soit moins d'un tiers des électeurs convaincus, seront représentés au second tour.

Je les invite, tous les membres de cette élite bien pensante, plutôt, que de donner des injonctions pour un second tour qui, quel que soit son résultat, est une catastrophe pour la France, à se projeter sur les possibilités de sortie de cette catastrophe, et à proposer au peuple une véritable démocratie via les législative. A chacune et chacun il convientdrait d'oeuvrer dans sa circonscription pour qu'aucun gouvernement ne puisse à venir plus gouverner par ordonnance, ou proposer des referendum pièges.

J'ai une grande confiance dans la qualité des décisions collectives, dès lors qu'elles sont prises dans la réflexion et selon la conscience de chacune et de chacun.

Mais non, c'est la cacophonie, et les adversaires sont aujourd'hui les abstentionistes, ou les électeurs, trop "puristes", trop attachés à leurs principes pour voter Macron et qi vont voter blanc. Et cette humiliation de plus, pourrait bien être l'humiliation de trop.

Ceci, je veux dire ce manque d'intelligence de la situation augure mal de la suite, et dès les législatives, cette élite bien pensante va replonger dans ses vieux réflexes, se diviser pour des questions de personnes, de camp, de clan, des questions de pouvoir, des questions d'argent, et vont s'étriper à nouveau entre eux, profiter de cette espace de fausse liberté à laquelle ils aspirent, qui leur permet de dire leur vérité, de pouvoir défendre leur point de vue de principe. Leurs batailles stériles, jouée devant les électeus qu'il auront humilié un mois avant, laisseront le champs libre aux forces des lobbies, si c'est Macron qui l'a emporté ou aux chemises brunes qui pèseront de toute façon sur la politique du FN, si c'est Le Pen qui l'emporte.

Je vous en prie, RESSAISISSEZ VOUS !!!

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