De la "libeté d'expression" à la "liberté", et à la "démocratie"

Je suis un peu effaré, sans voix, devant la récupération qui est faite de cet attentat commis contre le droit à s'exprimer et à caricaturer.Alors que des journalistes, des caricaturistes, mais aussi des innocents, ont été lachement et froidement assassinés par des cinglés, des fous, au nom de dieu, dans un pays laïque, et que cet attentat a ému la France, et fait naitre des réactions, au delà de l'horreur que représente la perte d'une seule vie, pour ce que représente cet acte comme atteinte à la liberté d'expression, je vois et j'entends dans le média une lente et inéluctable dérive sémantique.

Je suis un peu effaré, sans voix, devant la récupération qui est faite de cet attentat commis contre le droit à s'exprimer et à caricaturer.

Alors que des journalistes, des caricaturistes, mais aussi des innocents, ont été lachement et froidement assassinés par des cinglés, des fous, au nom de dieu, dans un pays laïque, et que cet attentat a ému la France, et fait naitre des réactions, au delà de l'horreur que représente la perte d'une seule vie, pour ce que représente cet acte comme atteinte à la liberté d'expression, je vois et j'entends dans le média une lente et inéluctable dérive sémantique.

Par exemple, la liberté d'expression, dans la bouche de Manuel Valls, se tranforme en "liberté", en "tolérance".

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Mais quel sens peuvent avoir ces mots dans la bouche de Monsieur Valls, qui est celui contre qui s'insurgeaient, il y a tout juste un an, les associations comme la ligue des droits de l'homme, contre les décisions qu'il prenait à l'encontre de la liberté d'expression (voir ici pour mémoire).

De même beaucoup de médias parlent de la participation des dirigeants étrangers à la manifestation de demain, comme le fait que les "démocraties" sont derrière la France dans cette épreuve.

Il s'agit d'un glissement de "la libeté d'expression" (voir ce que faisait Monsieur Valls et le conseil d'état il y a un an) au fait que la France serait une grande démocratie, et, pourquoi pas, une "démocratie" tout court.

On avait vraiment besoin de ça pour s'en convaincre quand 65% des français ne s'expriment pas dans les urnes, quand la quasi totalité des médias appartiennent à des puissances financières, quand le système de financement de la vie politique associé à l'absence de proportionnelle ne laisse pas de voix aux petits partis, quand les lobbies assaillent les députés et sénateurs que les 35% de votant ont élu, quand les promesses des campagnes électorales ne sont pas tenues, quand les traités commerciaux sont négociés loin des yeux et du contrôle des citoyens, quand on envoie les forces publiques défendre des travaux illégaux comme ce fut le cas à Sivens, contre les citoyens qui manifestaient leur opposition,...

Si il ne faut pas oublier le désastre que constitue ces morts tombés sous les balles de l'obscurantisme, il ne faut pas que ces glissements sémantiques, inaperçus dans l'exaltation de nos sentiments, nous fassent oublier que nous ne sommes pas dans la lumière, loin de là, tout juste dans la pénombre.

Pour ne pas oublier Cabu, et les autres, je vous propose ce dessin.

 

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