Deux questions sur le referendum du PS de cette fin de semaine.

9h10 : La proposition faite ici il y a quelques jours a trotté dans ma tête, moi qui n'avait pas envie de participer à ce que je considère comme une mascarade. En effet, le dernier referendum auquel j'ai participé était celui de 2005 sur le projet de constitution européenne, ratifié finalement sous une autre forme par le parlement 3 ans plus tard, avec notamment 121 députés PS sur 163 votant pour.

Cette proposition m'a fait m'interroger sur ce qu'il pouvait y avoir dans la tête de ces militants PS qui seront dans le froid matinal des marchés, et la façon dont ils vivent le dilemme actuel qui est de se dire de gauche tout en soutenant un gourvernement qui mène une politique de droite. Quel discours peuvent-ils tenir, et qu'est ce que "la gauche" pour eux.....

Accessoirement comment peuvent ils croire que les électeurs qui ont voté pour eux lors des dernières élections nationales pourront encore leur faire confiance et ne pas voir dans ce referendum une manipulaiton tactico-politiciennne.

Ce sont les deux points que je vais tenter de creuser ce matin.....Je vous en dirais plus si c'est digne d'intéret. A tout à l'heure.

 

11h00 (environ) : J'arrive sur le marché (un petit marché), après avoir déposé les enfants aux activités musicales et rédigé puis posté un courrier urgent pour le boulot.

Je repère d'abord les témoins de Jéhova, puis à l'écart du marché, quatre hommes autour d'une table avec une urne, qui sont en train de prendre congé d'une dame. Comme je repère aussi quatre bancs de producteurs locaux, j'en profite pour prendre leurs adresses pour un projet d'association de promotion des circuits couts (un couple de producteurs de Fruits et légumes Bio de Saint Emiland, un couple de producteur de miel de Perrecy les Forges, un producteur de produits laitiers de Marmagne, et une productrice de fromage de chèvre de Genouilly).

Je m'approche enfin d'eux. Ils sont seuls et m'accueillent avec le sourire. Je les salue et décline la proposition du plus grand d'entre eux de voter. J'engage la convesation avec lui. Dans la conversation je comprend plus tard qu'il est le secrétaire de la section du Creusot.

J'ai quelques réponses à mes questions.

Sur la première, la définition de "la gauche", je crois que c'est grosso modo la même que celle que je donnerais si on me le demandait, c'est faire de la politique en mettant l'humain au centre de celle ci. Mais lorsque je fais remarquer que ce n'est pas forcément la politique menée actuellement par le gouvernement socialiste, il dit d'abord qu'il n'est pas d'accord avec moi sur ce point, et repousse l'écueil en me faisant remarquer que là, on ne parle pas de politique nationale, mais de politique régionale, et il m'énumère tout ce que la région (PS actuellement) fait de bien, pour les lycées (des travaux sont prévues sur le lycée du Creusot), sur la liaison TER qui met théoriquement Dijon à 40 minutes du Creusot, sur les investissements dans la liaison Dijon Nevers prévue pour l'avenir, tous ces travaux qui sont censé mettre l'humain au centre de la politique, mais sans m'expliquer en quoi cette politique que je qualifierai de saine gestion serait plus de gauche qu'une autre en ce qu'elle mettrait l'humain en son centre.

Sur la seconde question, celle de leur conscience de la défiance que j'ai pu leur exprimer envers les partis politiques traditionnels en général et en particuler envers le PS, je crois qu'il en ont un conscience diffuse, comme un mauvais pressentiment, mais que toutes les objections que l'on peut émettre sont consciensieusement repoussée avec des argumentations simplistes, et dont la cohérence d'ensemble manque de rigueur, et surtout ne depend absolment pas d'eux :

Au fait que la politique économique soit menée en courant après une croissance économique dont on se refuse à faire le deuil, la réponse est qu'historiquement le genre humain a toujours cru. Ils croient vraiment que la croissance va revenir....

Au fait que la croissance après laquelle on court est la croissance du PIB, et n'a rien à voir avec la croissance du genre humain constatée historiquement ci avant, la réponse est peut-être qu'il faudrait d'autres indicateurs...

Au fait que lorsqu'il y avait une panne de croissance par le passé, on faisait une bonne guerre pour relancer l'économie, la réponse est que fort heureusement cela ne peut plus arriver (sic), grace à l'Europe.

Et que malgré ceci, il n'est pas nécessaire d'apprendre à vivre sur la seule promesse d'une croissance....

Sur la démocratie pas de problème non plus, même au sein du PS, malgré les 49-3 pour museler les députés frondeurs, malgré la soit disante inévitable règle de cohésion de la majorité présidentielle.

Voilà, notre conversation a duré une demi heure environ, et pendant ce temps là, un seul votant, le député de la circonscription Philippe Baumel, sous les photos des trois autres militants présents.

J'ai été étonné d'un truc quand même c'est qu'il y avait des listes d'émargement qui ressemblaient drôlement (je les ai vues de loin) à celles des éléction officielles. Peut-être est-ce normal...

 

 

 

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