Les indices qui rappellent la nécessité de distanciation.

Dans son dernier billet, Jean Luc Mélenchon revient sur ses differentes interventions donnant une vision, et un point de vue différents sur les évènements parisiens du parcours de la flamme olympique et leur contexte. http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=588.

 

 

Il y évoque, dans son paragraphe intitulé "le devoir de mise à distance", les indices qui l'ont amené à douter du bienfondé des actions entreprises contre la Chine et les JO qu'elle accueille.

 

 

Ceci m'a ramené à mes propres doutes. Depuis le début, je suis gêné par tous ces évènements.

Bien sûr, il est normal que les peuples aient droit à l'auto-détermination, et notamment le peuple tibètain.

Bien sûr, les droits de l'homme m'apparaisent comme fondamentaux, et l'évolution de la Chine notamment vers l'abandon de la peine de mort, et des horreurs qui l'accompagnent, sont pour moi une nécessité.

Bien sûr, au moment de la désignation de la ville et du pays organisateurs des JO, il était plus ou moins sous entendu ou espéré des évolutions rapides dans ce domaine.

Evidemment, il est nécessaire que la liberté de la presse, et la liberté d'expression s'exerce aussi au Tibet et en Chine.

 

 

Néanmoins, deux éléments ont éveillé en moi des doutes, ces fameux indices qui incitent à ne pas adhérer forcément à ce qui semble pourtant évident.

 

D'abord, et même si l'occasion des JO est bonne pour faire valoir l'intéret des droits de l'homme, ou de la liberté de la presse en Chine, le fait que cette mise en valeur se fasse au détriment de valeurs qui m'apparaissent aussi comme fortes, et peut être plus universelles, comme celle de la fraternité entre les peuples que représente les JO.

Je me rappelle que j'avais eu ce même sentiment à l'occasion des élections algériennes qui avaient été invalidées, alors que (ou parce que) le parti islamique les avaient remportées. Les réactions pour dire que cette invalidation étaient une bonne chose avaient été nombreuses, et pourtant, j'avais eu comme un sentiment d'amertume au fond de la gorge devant ce reniement de la valeur démocratique d'une élection.

 

L'autre indice, c'est le décalage entre la cause défendue, pas très claire au demeurant (les droits de l'homme?,... l'indépendance du Tibet?,...), et l'origine de l'appel au boycott, l'association Reporter Sans Frontière.

Non pas que j'ai quelque prévention contre cette association, que je connais peu et dont je pense que l'objet a largement sa place dans la défense des libertés, que ce soit en Chine, ou dans d'autres pays (on pourra lire par exemple l'excellente enquête dans le premier numéro de XXI, sur Mme Politkowskaïa).

Mais surtout, qu'aucune des associations ou personnages que j'aurais attendu sur ces fronts, n'était vraiment visible dans le tapage médiatique, je veux parler d'Amnesty International, ou du Dalaï Lama ; ce dernier se prononçant même contre le boycott des JO.

 

 

Pourquoi ce tapage médiatique, pourquoi cette volonté d'éteindre une flamme porteuse de sens, pourquoi cette violence dans les attaques, et dans la défense des protecteurs chinois de la flamme.

Peut-être se joue-t-il là une autre partie que celle qui nous est donnée à voir? Peut-être le saurons nous dans un an, dans 10 ans ou dans un siècle. Peut être jamais.

 

 

Mais ce dont je me rappelerais, c'est de douter. Toujours douter. Le pire ennemi de la vérité reste encore la certitude.

 

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