(13) Il s’agit moins de s’agenouiller que de parler de justice et de vérité

Vous l'avez compris, il y a une continuité dans ces écrits. Aujourd'hui, je m'applique à rendre hommage aux Lumières, mettre en relation ce qui était avec ce que nous sommes devenus aujourd’hui. Le Christ serait-il la solution à toutes les difficultés ?

 © Mick Haupt © Mick Haupt
« La violence ne peut conduire qu’à la violence, car l’obscurité qui s’ajoute à l’obscurité ne produit rien d’autre qu’une obscurité plus profonde », répétait inlassablement Gandhi. Il nous faut trouver d’autres réponses. Et nous avons suffisamment éprouvé le faible retour sur investissement de la violence. En 1867, lors de la relance du quotidien catholique L’univers qui avait été interdit par Napoléon III sept ans plus tôt pour ultramontanisme (apologie de l'autorité absolue du pape), Louis Veuillot, rédacteur en chef et pamphlétaire, écrivait : « L’Univers sera une apologétique générale, établie sur le vif des choses présentes et étendues à tous les terrains où se porte la discussion, une œuvre de doctrine, une voix intègre de justice et de vérité. (…) Nous démasquerons le faux d’une main que la colère ne fera plus trembler. La société est plus coupable que les individus et elle a hérité plus d’erreurs qu’elle n’en a voulu créer. Rien dans l’organisation sociale n’est contesté sans quelque justice, par suite des déviations immenses que l’ordre général a subies, et que les générations nouvelles ont trouvées accomplies et irrémédiables. » Et de conclure : « Le Christ est la solution à toutes les difficultés. » Il s’agit moins de s’agenouiller que de parler de justice et de vérité, de rendre hommage aux Lumières, de mettre en relation ce qui était avec ce que nous sommes devenus aujourd’hui, les combats pour gagner notre liberté et ceux pour la maintenir.

Des plumes se sont engagées au XVIIe siècle pour lutter contre tous les « asphyxieurs » de liberté, les religieux dogmatiques, les politiques arrogants entravant les énergies créatrices en faveur du progrès et de l’élévation de l’Homme. En homme libre et engagé, comme je m’y emploie, je fais oeuvre de mémoire, car tout a déjà été écrit, « l'histoire n’étant qu’un perpétuel recommencement ». J’ai pris le parti d’éclairer avec humilité, discernement et foi. C’est en acceptant que nous sommes 100 % responsable de notre réalité que nous parviendrons à irriguer de l’espoir et à procéder, chacun, à sa réforme de conscience pour ne pas laisser celle des autres nous indiquer notre chemin. Ce que j’entreprends là peut être considéré comme un acte de désobéissance civile, dans un contexte où celui qui clame que la vaccination peut attendre, est considéré comme un criminel par certains « maîtres à penser ». Au nom du principe de précaution pour garantir la pérennité du maintien de nos libertés, je marque mon engagement par l’impression de ce texte, qui est ma vérité, contre ceux que j’estime être de faux guides. Je rejoins le cercle des soldats des mots qui invitent à penser par soi-même, à devenir son propre et libre arbitre sur le terrain miné du jeu où se télescope l’arsenal des idées « prêt-à-porter » et qui nous perd. 


C’est ainsi que bon nombre ont choisi de s’indigner sur les réseaux sociaux plutôt qu’au comptoir du PMU - avec les dérives que nous connaissons - de remettre en question la parole des élites, de ne plus croire définitivement en celle du politique qui, après avoir été porté sur le trône suprême, se voit condamner à trois ans de prison dont un ferme. Justice. Certains jugent ce réveil citoyen comme un dévoiement. Comment cette caste des « Sans-Dents » ose-t-elle réfléchir ? Qualifiée ainsi par un président socialiste, qui s’était pourtant présenté comme l'homme qui n'aime pas les riches. La toile a remplacé les barricades. En 2021, le nombre de pauvres en France pourrait avoisiner les 12 millions de personnes, soit près de 18.46 % de la population (les derniers chiffres de l’INSEE annonçaient 8,9 millions en 2017). Le nombre de demandes d’allocations RSA a augmenté de 14 % depuis la mi-2020 par rapport à 2019. Sans oublier nos 20  % d’étudiants qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. La Covid et sa politique sanitaire fauchent des vies et font passer une partie d’entre nous en mode survie. 

À suivre...

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