(11) " Les virus surgissent comme un marqueur divin de la folie des hommes "

Macron écrivait dans " Révolution " : « Je suis convaincu que le XXIe siècle dans lequel nous entrons est un siècle de promesse. Je veux une France réconciliée qui considère les plus faibles et fait confiance aux Français. » Diable, nous étions 8 millions à frétiller à cette idée. Depuis le dictat législatif, le virus, les frappes sociales ont divisé le peuple mais aussi réveillé des consciences.

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Ce soir-là, un ami écrivain et journaliste réagit à mes interrogations sur le mouvement liberticide qui s’opère dans notre pays. Juif, engagé dans la société civile pour la défense des droits de l’homme, intellectuel, ancien trotskiste reconverti chef d’entreprise, il m’assène : « Je ne vois aucune menace du gouvernement sur nos libertés. La seule qui est digne d’être prise en compte est celle de l’islamisme radical et elle justifie les mesures prises pour lutter contre et protéger les Français. » Que puis-je argumenter ? Oui, il a cette conscience de la puissance destructrice de l’extrémisme. Ses cellules ont la mémoire de la Shoah, de l’humiliation, de l’apocalypse et il fait confiance à nos appareils démocratiques. Les études sur l’épigénétique nous ont démontrées que les héritages transgénérationnelles se transmettent, surtout les blessures. Et je comprends et ressens sa terreur. Mais je visualise également qu’il s’agit de l’arbre qui cache la forêt. Jamais nous n’avons été confrontés à cette élévation du niveau de conscience d’une partie des Français qui ose dire non à ceux qui osent proposer des lois liberticides en pleine crise sanitaire.

La Covid fend déjà largement notre psyché sans avoir besoin d’y ajouter une pincée, une louche de piment d’autoritarisme. L’émotion collective est si prégnante et durable que nous assistons à l’émergence d’une nouvelle affirmation chez des individus, jusque-là alignés sur la pensée unique. Désormais, certains ne jurent que par une exception non pas culturelle mais libertaire et ce, malgré les égorgements de nos compatriotes par ceux qui nous détestent. Malgré un virus qui devrait nous rassembler, telle une armée en temps de guerre, mais qui pourtant nous divise. « Les virus surgissent comme un marqueur divin de la folie des hommes, comme un test de conscience », confie le neuroscientifique Yann Rougier, dans le magazine Inexploré de l’Inress (Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires) en juillet 2020. Les hommes sont en réaction face à la volonté de contrôle absolu de l’environnement (santé, économie, technologie…) par une oligarchie politique tournante mais pas changeante dans sa gouvernance, un état profond organisé par de petits maîtres. Les années Macron sont rédhibitoires pour beaucoup.

L’une des dernières lois en date est celle relative à l’instauration d’un passeport vaccinal (passeport immunitaire ou sanitaire) qui permettrait de prouver qu’un citoyen a bien été vacciné contre la  Covid-19. Un papier qui l’autoriserait à voyager à l’étranger ou encore à se rendre dans certains lieux publics. La démarche a déjà été initiée par des pays (Israël, Suède, Danemark, Islande). Les professionnels du tourisme y sont, bien sûr, favorables pour relancer leur chiffre d’affaires. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », écrivait Rabelais. Cette loi vise, je le rappelle, à « instituer un régime pérenne de gestion des urgences sanitaires », présenté encore en procédure accélérée par Jean Castex le 21 décembre 2020, il est écrit que « le Premier ministre peut, le cas échéant dans le cadre des mesures prévues aux 1° à 5°, subordonner les déplacements des personnes, leur accès aux moyens de transports ou à certains lieux, ainsi que l’exercice de certaines activités à la présentation des résultats d’un test de dépistage établissant que la personne n’est pas affectée ou contaminée, au suivi d’un traitement préventif, y compris à l’administration d’un vaccin, ou d’un traitement curatif. » Pour le plus grand bien de tous et en accord avec le gouvernement, mais pas avec celui du peuple de France. 

C'est fait...

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