(14) Nous sommes en droit de refuser ce qui heurte notre moralité

La suite de la suite de ces écrits est d'autant plus d'actualité alors que le gouvernement met toute son énergie pour évaluer notre docilité. Depuis le 19 avril, j'ai parlé de la "révolution Macron", son livre de campagne ; de retrouver son pouvoir personnel d'analyse ; du virus qui surgit tel un marqueur divin de la folie des hommes, de complotisme...Et après ?

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Aujourd’hui, je ne crois plus en LA solution, mais en l’acceptation de la situation qui nous indique qu’il est temps d’emprunter la voie du changement. Mais celle-ci ne peut pas émaner exclusivement, à nouveau, de l’oligarchie qui dispose de moyens puissants pour anticiper, projeter sa vision d’un avenir mondialiste qui n’est pas celle d’une grande partie du peuple. D’autant quand elle est portée dans un environnement de restrictions massives et de peurs.  « “Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas. ” S’il est vrai que Malraux n’a jamais prononcé cette phrase qu’on lui attribue, il a en revanche répondu à la question d’un journal danois sur le fondement religieux de la morale », écrit Jacques Munier, producteur du Journal des idées sur France Culture. Et de poursuivre la prémonition de Malraux : « Depuis cinquante ans, la psychologie réintègre les démons dans l’homme. Tel est le bilan sérieux de la psychanalyse. Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connu l’humanité, va être d’y réintroduire les dieux. »

Je le crois, nous y sommes. Un face à face Malraux - Christine Lagarde serait prolixe. La grande réinitialisation économique les yeux dans les yeux de la grande réinitialisation spirituelle ? En 2014 lors du Forum économique de Davos, la « patronne » du FMI nous préparait déjà à ce concept de Great Reset, en résumant l'économie mondiale en trois R: « Reprise, Risque et Réinitialiser » Sept ans plus tard, elle déclare : « Alors que les Européens se tournent de plus en plus vers le numérique dans la manière dont ils dépensent, économisent et investissent, nous devons être prêts à émettre un euro numérique, si nécessaire. » Klaus Schwab, fondateur et président exécutif du Forum économique mondial déclarait de son côté : « La pandémie représente une fenêtre d’opportunité rare mais étroite pour repenser, réinventer et réinitialiser notre monde. » Ce qui alimente les théories dites conspirationistes d’un nouvel ordre mondial qui aurait fait l’objet d’une longue gestation depuis 2014 et serait porté par des régimes autoritaires avec un projet de domination planétaire. Le point d’orgue de ce grand reset étant la disparition des espèces, autrement dit du cash, ce qui dans le meilleur des mondes n’est qu’une décision nous permettant de vivre allégé de cette monnaie encombrante dans nos poches, mais dans le pire, d’ajouter un moyen de contrôle absolu de l’économie, des finances, des flux, des us et coutumes des dépenses des ménages.

Ceux qui ont la lumière à tous les étages peuvent s’interroger raisonnablement sur les conséquences d’un tel choix sur nos vies. Allons-nous assister à un duel émergent finance-spiritualité ? « Les grandes phases spirituelles sont toujours arrivées en période de crise », explique Eric Geoffroy, enseignant l’islamologie à l’Université de Strasbourg et chercheur sur les enjeux de la spiritualité dans le monde contemporain. « Nous fonctionnons sur ces leurres. On voit bien que les solutions politiques et économiques sont insuffisantes. (…) La spiritualité est un surcroit de conscience, élever son niveau de conscience pour élever celui de l’humanité. » Nous sommes en droit de refuser ce qui heurte notre moralité et qui, sous couvert d’arguments marketing progressistes, mondialistes au service d’un hypothétique bien-être de l’humanité frappera de plein fouet nos libertés individuelles dans un environnement contrôlant. L’éveil progressif de nos consciences nous permettra d’œuvrer par millions en force de paix, avant le point de non-retour imposé par les tenanciers jusqu’au-boutistes des nations. Nous fixerons nous-mêmes les limites de l’acceptable. Le surpoids d’un peuple uni, conscient, non-violent, semant la lumière plutôt que l’obscurité fragmentera les velléités autoritaristes.  

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