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Billet de blog 21 mars 2013

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Autour du festival - "Cinéma, genre et politique"

CINÉASTE,  N.  MASC.  FÉM.Le Festival, en collaboration avec l’Université Toulouse II - Le Mirail, a proposé l’atelier « Cinéma, Genre et Politique ». Pour cette manifestation, les réalisateurs Marialy Rivas (Joven y alocada) et William Vega (La Sirga), dont les films font partie de la programmation Cinélatino, sont invités.

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CINÉASTE,  N.  MASC.  FÉM.

Le Festival, en collaboration avec l’Université Toulouse II - Le Mirail, a proposé l’atelier « Cinéma, Genre et Politique ». Pour cette manifestation, les réalisateurs Marialy Rivas (Joven y alocada) et William Vega (La Sirga), dont les films font partie de la programmation Cinélatino, sont invités.

Que te suggère le titre « Cinéma, genre et politique » ?

Je pense que c'est presque comme parler de la même chose, comme s'il s'agissait d'un seul mot. Tous les sujets concernant l’identité sexuelle ou même l’identité féminine sont normalisés par Dieu et les hommes. Dès lors, la quête des femmes pour trouver leur propre identité est inévitablement politique.

Dans le cas du Chili, est-ce que les changements politiques ont influencé la position des femmes dans le monde cinématographique ?

Pendant la dictature au Chili, il n’y avait pas d’espace pour l’expression artistique, ni pour les hommes ni pour les femmes. Si la démocratie a cependant créé des ouvertures, la présence des femmes dans la production cinématographique reste aléatoire. Les femmes réalisatrices font des choses très intéressantes, comme Dominga Sotomayor, Alicia Scherson, Carmen Luz Parot.

Est-ce que le cinéma chilien actuel traduit les rapports de genre ?

Les sujets abordés par les réalisateurs dépendent d’eux. Je pense que chacun de nous, en tant qu’artistes, avons nos propres obsessions issues de nos univers personnels. D’une part, nous ne savons pas d'où elles viennent, et si on le savait, ce ne seraient plus des mystères. D'autre part, je pense que nous appartenons tous à une génération de réalisateurs encore assez jeune. Les plus productifs d’entre nous ont fait au maximum quatre films, comme par exemple Pablo Larraín. Par conséquent, nous n’avons pas de recul, nous sommes en train de découvrir, lentement, nos thématiques au fur et à mesure que nous réalisons des films.

De quoi parlent les femmes dans leurs films?

Je pense que nous, les femmes, parlons davantage de la mémoire, nous faisons plus de documentaires parce que, culturellement, nous sommes les héritières de l'histoire commune. Les hommes ont davantage pris la place des conquêtes et de l’action. Même dans la vie quotidienne, les femmes ont historiquement gardé le foyer. Le cinéma féminin au Chili est plus intimiste et plus personnel. Il s'agit d'une expérience un peu irrationnelle, de sortir quelque chose qu’on a en soi.

Et vous, vos histoires?

J’aime les histoires où il y a beaucoup de sexe. Il me semble que c'est quelque chose de provocateur. Il s'agit d'une expérience un peu irrationnelle, de sortir quelque chose qu’on a en soi.

Joven y alocada est déjà sorti en salles dans votre pays. Quel a été l'accueil du public?

Mon film est sorti en salles au Chili le jour de l’assassinat d’un jeune homosexuel. Toutes les réactions que mon film pouvait avoir suscitées ont ainsi été médiatisées par cet événement. Les sociétés apprennent certaines choses de manière très douloureuse. C’est comme si la population avait soudain pris conscience que l'homophobie pouvait s’exprimer de cette façon si négative. Dans ce contexte, la population a gardé le silence et mon film a été très bien reçu. Il a obtenu un très grand succès chez les jeunes parce qu'ils se reconnaissent dans Camilla, le personnage du film.

Quels sont tes nouveaux projets?

Je prépare un nouveau film dont la protagoniste est une petite fille. J'y parle aussi de l’identité féminine et de ce qu’on attend des femmes. 

Propos recueillis par Paula OROSTICA

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