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Billet de blog 21 mars 2013

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Autour du festival - Entretiens avec le réalisateur et les acteurs de Villegas

Pour son premier film, Gonzalo Tobal choisit de nous parler de sa génération, de ses espoirs, de ses contradictions et aussi de son vague à l’âme, par le biais d’une situation toute simple : deux cousins, qui ont fait les 400 coups ensemble mais qui ont pris ensuite des chemins différents, se retrouvent sur les lieux de leur enfance à l’occasion de la mort du grand-père. Rencontre avec le réalisateur et ses deux acteurs principaux.

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Pour son premier film, Gonzalo Tobal choisit de nous parler de sa génération, de ses espoirs, de ses contradictions et aussi de son vague à l’âme, par le biais d’une situation toute simple : deux cousins, qui ont fait les 400 coups ensemble mais qui ont pris ensuite des chemins différents, se retrouvent sur les lieux de leur enfance à l’occasion de la mort du grand-père. Rencontre avec le réalisateur et ses deux acteurs principaux.

GONZALO TOBAL, RÉALISATEUR

La musique joue un rôle important dans le film. C’est la musique qui à un moment a uni les deux cousins et qui peut les réunir à nouveau. La musique a un rôle très étroit avec la personnalité de Pipa, ses frustrations, etc. Elle joue un rôle quasi organique dans le film : Pipa a commencé à jouer de la guitare durant le tournage et la musique composée par Nacho Rodríguez Baiguera n’a cessé de nous accompagner tout au long du film.
L’histoire de cette famille est pour moi celle de nombreux Argentins : un homme sans un sou en poche arrive quelque part, travaille un bout de terre et, à force d’acharnement (au fil de quatre ou cinq générations), laisse un héritage conséquent. Mais il se trouve que l’actuelle génération, qui s’interroge beaucoup sur elle-même, en vient à se demander ce qu’elle peut bien faire d’un tel héritage.

“Villegas” a en effet de nombreuses significations dans le film, c’est à la fois le nom d’un chef armé qui a conquis par le fer et le sang des terres auxquelles il a donné son nom et qui est la ville d’enfance des deux protagonistes. “Villegas” est également le prénom de leur grand-père. Ce nom incarne ainsi le passé mais aussi le futur, puisqu’à un moment donné la question se pose pour les personnages de savoir s’il faut rester s’installer ou non.

La relation entre cousins est à la frontière entre lien de famille et lien d’amitié. La magie du cinéma permet de transmettre certaines émotions à travers une démarche intuitive : c’est fascinant de voir que certaines énergies de la vie réussissent à apparaître dans un film.

ESTEBAN BIGLIARDI (PIPA)

Le film repose sur l’histoire de deux cousins, proches par le passé et qui se retrouvent au présent dans des choix de vie personnels distincts, voire opposés dans certains cas. Le scénario a été écrit au préalable, de même que les dialogues. Durant le tournage, il s’agissait de trouver le bon rythme et le ton le plus juste pour raconter cette histoire.

En effet, comme c’est d’ailleurs le cas de nombreuses villes, le nom de la ville se réfère à un personnage sinistre, le général Villegas. À côté de cela, un homme qui travaille au bénéfice de la communauté est plongé dans l’oubli de l’histoire officielle. Mon personnage dans ce film utilise cette anecdote de manière ironique : les personnes que l’on met sur un piédestal sont loin d’être des modèles pour l’humanité, bien au contraire.

ESTEBAN LAMOTHE (ESTEBAN)

Pour chaque rôle que j’interprète, j’essaie de voir quelle partie de moi je peux utiliser. La véritable histoire dans Villegas ne se trouve pas dans les faits et les mouvements des personnages, mais bien dans leurs émotions. Ce qui importe dès lors c’est comment se transforment les personnages l’un à l’égard de l’autre. Ainsi, chacun des deux cousins désire certains côtés de l’identité de l’autre. Il y a sans cesse entre eux un jeu de miroir : parfois celui-ci leur montre de belles choses mais d’autres fois l’inverse. C’est un film très souterrain. Il s’agit dès lors d’entrer dans le regard des personnages pour apercevoir ce qui se passe par-delà. Cette activité intérieure marque pour moi le passage à l’âge adulte.

Propos recueillis par Cédric Lépine

Fiche  film

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