Je défends charlie, je défends un clown social

Un clown social jugé en comparution immédiate pour violence !

Tout était symbole !

 

Manifestation du 1er novembre : fête des morts, hommage à Rémi, un peu de rire, offrez des fleurs, violence...

Interpellation, menottes : le clown interpelle lui aussi, il est ligoté avec son nez rouge, ses couleurs se voient dans la nuit, dans le noir de la nuit, au milieu des lacrymos et des habits de policiers.

GAV, mandat de dépôt, comparution immédiate : la machine judiciaire s'active, la parole est muselée, fin de la liberté.

Menottes pour un homme de liberté...

Audience expéditive, pas le temps de parler, « on ne fait pas de politique ici » ! le clown est politique, il parle de la chose publique, il est parmi les citoyens, il fait le lien..

Libéré mais condamné !

Appel...

Appel aux autres, aux soutiens, aux camarades de lutte, aux amis, aux clowns.

Audience de la Cour le 11 mars !

11 janvier...

Deux mois se sont écoulés depuis Charlie !

Son nom de scène, c'est Charlie...C..lambda..Je suis un peu comme tout le monde, nous sommes tous un peu Charlie.

Lui aussi est Charlie. Lui aussi, il est liberté, liberté d'expression, liberté de dérision, liberté de l'art, liberté de rire, pour vivre tous ensemble, pour s'aimer, pour se comprendre, pour faire des liens.

Plus de 40 témoignages et soutiens..des amis, des clowns, des associations, des collectifs, John Jordan qui raconte l'histoire des clowns activistes, les élèves qui racontent les ateliers animés par Charlie, le collectif qui remercie la présence des clowns lors d'un débat sur Sivens qui a permis de calmer les tensions, la rencontre des militants et des artistes, la manifestation bon enfant devant le Palais de Justice...

Même l'avocat général dit merci aux clowns pour ce qu'ils font, pour ce qu'ils sont.. ! Ils pensent que c'est utile, que, oui, ca peut aider !

Débats tendus à la Cour..

"C'est présomptueux de croire qu'on peut maintenir l'ordre avec un habit de clown"

Questions intrusives...

Charlie avait enlevé son habit, mis sa chemise à carreaux d'enfants..seul face à trois visages, aux corps vêtus de noir..

L'inquisition ?

« Pourquoi avez vous fait appel ? »

« Je suis innocent »

« Mais où étiez vous à Toulouse, avant la manifestation ? »

« Chez mon amie »

« Comment s'appelle-t-elle ? »

« F.. »

«  Où habite t elle ? »

«  Je ne me souviens plus de l'adresse »

« Comment pouvez vous aller chez quelqu'un et ne pas connaitre son adresse ? »

« Je sais y aller mais je ne connais pas l'adresse »

« Depuis quand êtes vous avez elle ? »

« Depuis quelques semaines »

« Pourquoi n'avez vous pas donné son nom en Gav ? »

«...je n'ai pas donné son nom parce qu'elle avait été arrêtée elle aussi. Elle avait insulté des agents de la police. Elle m'avait vu me faire interpeller et elle avait crié de colère ».

« Je n'ai pas d'autres questions » !!

Charlie était poursuivi pour 4 infractions :

Violences avec 3 circonstances aggravantes : arme (jets de cailloux), sur personne dépositaire de l'autorité publique, au cours d'une manifestation.

Outrages

refus d'empreintes digitales et photographiques

Refus de prélèvement ADN

Le tribunal correctionnel de Toulouse l'a condamné à 6 mois de prison dont 4 mois avec sursis.

Nous avons plaidé la relaxe pour l'ensemble des infractions.

Le délibéré sera rendu mercredi 1er avril !!

 

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