Le rêve de Hollande? Un couteau sans lame…

C’est le candidat ouvrier-philosophe Philippe Poutou qui le dit de son programme. Nous on n’oserait pas. Car il tranche, le favori des sondages, et dans le vif. Dernière mesure, taxer à 75% les plus hauts revenus, y compris ceux des footballeurs. Pour ceux-ci, il a raison.

C’est le candidat ouvrier-philosophe Philippe Poutou qui le dit de son programme. Nous on n’oserait pas. Car il tranche, le favori des sondages, et dans le vif. Dernière mesure, taxer à 75% les plus hauts revenus, y compris ceux des footballeurs. Pour ceux-ci, il a raison.

La France a besoin d’une leçon de modestie: elle sera assurée ainsi de la mort de la Ligue 1, de l’exode des talents payés ailleurs à prix d’or et de ne pas même figurer en finale de la Coupe du Monde. Quant aux entreprises les plus florissantes, il ne leur restera plus qu’à aller se faire fiscaliser ailleurs. Mme Bettencourt fera figure d’héroïne nationale puisqu’elle ne délocalisera pas l’Oréal, 3.000 salariés, ce n’est pas rien.

Là où le bouclier fiscal a échoué (le retour au pays des grandes fortunes exilées), M. Hollande tape plus fort en privilégiant les fuites de capitaux. Tout cela pour ramasser environ un milliard d’euros (dit-on), un acompte pour amortir les 20 milliards de dépenses supplémentaires qu’il prévoit pour nous rapprocher de la Mer Egée.

C’est cela, le rêve français qu’il nous a promis.

N’oublions pas que le rêve, selon Freud «est une construction imaginaire destinée à refuser un destin pénible». Ou encore, selon le dictionnaire médical: «une activité automatique excluant la volonté». M. Hollande se veut le gestionnaire des pauvres. Il sait de quoi il parle. Il préside le Conseil Général de Corrèze, le département le plus endetté de France, pour lequel il demande 11 millions d’euros à l’Etat – s’il devient Président, on se réjouira au moins pour la Corrèze (dont il a été incapable de redresser les comptes depuis 2008). Et pourtant, qu’il est beau son programme ! Un vrai rêve, en effet :

- Je rétablirai l’équilibre budgétaire en fin de mandat. (Les autres aussi en rêvent)

- Je proposerai à nos partenaires un pacte de responsabilité. (Et j’exigerai des Chinois qu’ils baissent le cours du yuan et je re-négocierai le pacte Elysée à moi tout seul face à 17 pays. Oui, je le peux puisque je rêve).

- A l’hôpital, j’imposerai un délai d’1 demi-heure maximum aux urgences. (On est dans la phase « sommeil paradoxal » du rêve)

- Je ferai des PME une priorité. (Quand, comment ? Phase « sommeil léger » dont on ne se souvient plus au matin)

Rien sur le Smic, les salaires, les minima sociaux, les banlieues.

Pour le reste, le développement des nouvelles technologies, l’enseignement, la réforme de la fiscalité,  la Justice, les Hauts fonctionnaires, le nucléaire, on navigue à vue. C’est «oui mais», «peut-être», «je verrai».

Lu sur Twitter : «Surfe pas trop sur le vague, François, sinon tu vas boire la tasse»

Mais il ne craint rien, François Hollande, il a sa bouée de secours: l’antisarkosysme. Et si on sortait de cette bi-polarisation pour ne pas rêver mais agir ensemble ?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.