Pourquoi je suis féministe

Je suis allée voir le film Scandale de Jay Roach au cinéma (que j’ai adoré !) et il m’a donné matière à réflexions. Tout au long du film (sans vouloir spoiler), à chaque fois qu’une des héroïnes s’indignait de l’affaire de harcèlement sexuel qui visait le patron de la chaine de télé américaine Fox News, ou exprimait le souhait d’agir, un de ses interlocuteurs (je le dis au masculin, car, si je ne me trompe, c’était à chaque fois un homme, à bon entendeur) réagissait en lui demandant si elle était féministe. Elle exprime le souhait de vouloir défendre ses droits, et on lui réponds d’emblée « tu es féministe ». Comme si c’était plus important de la catégoriser que de traiter les vrais atteintes aux droits humains. Comme si défendre ses droits en tant qu’être humain ce n’était pas normal et devait recevoir une étiquette. Ou plutôt, comme si défendre ses droits en tant qu’être humain quand on est une femme ce n’était pas normal et devait recevoir une étiquette. Comme si la parole d’une femme victime de violences n’était pas assez importante pour l’écouter pleinement au lieu de détourner la conversation sur ce qu’elle est ou sur ce qu’elle n’est pas. Pourquoi interroger sa personnalité, son comportement quand elle est là pour dénoncer des violences sexistes et/ou sexuelles qu’elle a subies ?

Je me suis mise à réfléchir sur ce petit détail qui a suffi à me titiller pendant tout le film, à me révolter. Qu’est-ce qu’on s’en bat les ovaires de devoir confirmer ou infirmer être dans une case ou pas (en l’occurrence, féministe) quand on parvient enfin à mettre des mots sur la violence dont on a été victime, quand on vient chercher de l’aide, quand on se bat pour ses droits ! Être dans la case féministe, ne me gêne pas, car je sais que c’est visiblement humain de mettre les gens dans des cases, mais cela ne devrait pas être la chose la plus importante à savoir pour un.e interlocuteur.rice quand une victime vient le.a voir pour s’exprimer sur une violence sexiste et/ou sexuelle qu’elle a subie. On te catégorise comme si c’était plus important que l’atteinte qu’on a portée à tes droits… Je me demande sincèrement si ce n’est pas encore un signe, une illustration du réflexe sexiste typique de la culture du viol intériorisée en tout un chacun qui consiste à remettre en doute ou atténuer les paroles des victimes de violences sexuelles en détournant l’attention sur elles-mêmes plutôt que sur le problème et le présumé coupable.

Après ça, j’en suis venue à me demander pourquoi je suis féministe et pourquoi j’ai choisi de le dire malgré la caricature parfois que peuvent revêtir certaines réactions de mes interlocuteur.rice.s.

J’ai l’impression que le terme de féministe est devenu aujourd’hui une catégorie sociale à part entière comme les catégories homme, femme, intello, hyppie, etc. avec tout ce que ça implique de clichés et d’idées reçues qu’on attire sur soi quand on est rangée dans une case. Ainsi, la société véhicule un certain nombre de représentations données selon la catégorie sociale à laquelle on appartient ou dans laquelle notre entourage nous a rangé.e.s. Par exemple, si je suis catégorisée homme, la plupart de mon entourage va plus ou moins s’attendre à ce que j’agisse d’une certaine manière selon les représentations que la société a construites pour correspondre à ce qu’elle définit comme un homme. C’est la même chose pour la catégorie femme. Je ne dis pas que tout le monde raisonne comme ça et que ce genre de pensées ne change pas tout au long de la vie ; je dis qu’une société, telle que la nôtre a nécessairement une influence plus ou moins significative sur ses membres, dans la mesure où ils grandissent et se construisent dans cette structure dont ils ont plus ou moins intériorisé les représentations ou non, même si, évidemment, il y a une part non négligeable de libre arbitre, d’esprit critique ; mais sans nous en rendre compte nous avons intériorisé un certain nombre de préjugés, de représentations sur telle ou telle catégorie sociale, en nous construisant très jeune dans une structure donnée. Mais nécessairement, quand on se présente comme tel individu, homme, femme, de telle profession, ou en l’occurrence féministe, l’interlocuteur.rice aura déjà plus ou moins une ou plusieurs idées préconçues sur soi, en fonction soit de ce qu’il a observé parmi d’autres individus de la même catégorie, soit de ce qu’il en a appris dans sa construction sociale au contact de la société et de sa culture. Et je pense que la case féministe a son lot d’idées reçues pour les personnes à qui on se présente comme tel.

Ainsi, j’ai l’impression que, quand je dis que je suis féministe, quelque chose s’allume dans l’œil éteint de certain.e.s de mes interlocuteur.rice.s (haha je rigole) et je peux avoir droit à une mise en parallèle avec les Femen, à une remarque sur ma potentielle agressivité ou haine des hommes, ou mon éventuel extrêmisme. Comme si mon interlocuteur.rice doutait qu’il y ait un tel problème de droits des femmes dans la société qui nécessite de faire un tel choix de combat et de se mobiliser (quelle naïveté) ou considérait le féminisme comme seulement un choix extrême, radical, comme lorsqu’on choisit de s’enfermer dans une yourte en attendant la fin du monde ou lorsqu’on prend sa carte au rassemblement national. Je n’ai rien contre expliquer ce qu’est le féminisme, celui auquel je crois et les différents types de féminisme qui existent (cf. futur article Il n’y a pas un féminisme, mais des féminismes), mais je constate à quel point le terme est déjà perclus de préjugés venant la plupart du temps des détracteurs du féminisme, ayant trop peur que ce mouvement ne renverse un statu quo de domination masculine, un état qu’ils estiment plus légitimes que l’égalité des droits et des chances et l’inclusion sociale.

D’abord, je suis féministe parce que ça me concerne. Parce que je suis confrontée au sexisme et que je ne peux pas être indifférente aux atteintes portées aux droits des autres femmes dans la société, quand bien même je ne les aies pas moi-mêmes vécues. Certes, en tant que femme blanche, cisgenre et hétérosexuelle, je ne subis qu’une seule forme de discrimination, le sexisme et tous les individus ne subissent pas les mêmes discriminations (cf. féminisme intersectionnel infra), mais ça me concerne. Je peux difficilement fermer les yeux sur l’ensemble des discriminations que les femmes peuvent subir, sous prétexte que je ne les ai pas toutes moi-même subies. J’ai vécu les mêmes injonctions sociales et les violences qui s’attachent à ma catégorie sociale en tant que femme blanche, cisgenre et hétérosexuelle, mais je me sens aussi concernée, non pas pour les avoir vécues (je ne peux parler à leur place), mais pour les intégrer dans mes combats, par les autres injonctions et violences que subissent d’autres femmes (racisées, transgenres, en situation de handicap, etc.) et qui subissent en plus du sexisme du racisme, du validisme, de la transphobie, etc.

Je suis féministe ensuite parce que je me retrouve dans ce système de pensée et ce projet de société, et plus particulièrement dans le féminisme intersectionnel. Je m’y sens bien, tout simplement. Je m’y retrouve personnellement, car j’y vois dans ma vie une source de liberté et de tolérance, qui me donne le choix, le libre arbitre, indépendamment de mon sexe, de mon genre, de mon orientation sexuelle, de mes origines. Car le féminisme intersectionnel, c’est ça, c’est une philosophie, un système de pensée qui combat toutes les discriminations qui s’ajoutent au sexisme (racisme, LGBTQIAphobie, grossophobie et toutes les sortes de -phobes, validisme, classisme, etc.) et qui respecte la liberté de chacun.e, telle que celle de disposer de son corps comme il.elle l’entend, de se sentir bien dans telle identité de genre ou de ne s’enfermer dans aucune, de changer de sexe, d’avoir telle orientation sexuelle ou de ne s’enfermer dans aucune, d’aimer telle pratique sexuelle sans être jugé.e, de choisir tout sans se limiter à cause des éventuels carcans pesant sur soi en fonction de son sexe, de son genre, de sa religion ou de ses origines. C’est un système de pensée qui dit aux femmes (cis et trans), aux hommes (cis et trans) et aux personnes non binaires de dépasser toutes les formes d’oppression, de s’accepter et de s’épanouir dans le respect de chacun.e, peu importe leur sexe, leur genre, leur orientation sexuelle, leurs origines, leur religion, etc. Ces éléments ne doivent pas entrer en compte pour limiter leur accès aux droits humains mais doivent être pris en compte quand il s’agit de rétablir entre les individus l’équité et l’inclusion sociales.

Je m’y retrouve personnellement car il me rend beaucoup plus libre et me permet de me sentir mieux dans ma peau que le système de pensée patriarcal actuel. Je suis plus heureuse dans la mesure où le féminisme m’a permis de me débarrasser des injonctions sociales, qui pesaient sur moi (injonctions à la beauté, à l’épilation, etc.). En effet, comment se sentir libre quand la structure, la culture dans laquelle on naît nous déverse des injonctions injustes faites pour exclure et faire entrer dans une seule case pré-définie pour satisfaire une catégorie sociale donnée, et nous impose un seul et même point de vue dominant, sans diversité, sans tolérance, sans inclusivité ? Alors oui, on peut, dans un pays relativement démocratique et certains milieux suffisamment ouverts et mixtes, prendre cette liberté de choisir, se tourner vers des alternatives, refuser de suivre ces injonctions, malgré ce que pensent les autres, mais on s’expose, femme ou homme, à des réflexions de son entourage, de ses camarades, de ses collègues, etc. qui transmettent et véhiculent ces mêmes injonctions dont on a choisi de s’éloigner, et il faut avoir préalablement conscience de prendre ce risque, cette charge mentale quand on choisit de faire telle chose qui ne correspond pas aux injonctions pesant sur sa catégorie sociale. Quelques exemples. Un homme cisgenre qui refuse de coller à l’image de la virilité, qui n’est pas attiré par les intérêts, les goûts que son groupe social (les hommes) est censé partager, pourra plus facilement être confronté à des préjugés sur son orientation sexuelle, son genre, ou du moins, être comparé au genre féminin de manière péjorative. Une femme cisgenre et hétérosexuelle qui choisit de ne pas avoir d’enfant, sera exposée elle aussi, à des réflexions de son entourage sur son choix, si peu commun et si peu encouragé dans le système de pensée patriarcal.

Le féminisme m’a aussi permis d’ouvrir mes perspectives et de tendre vers plus de diversité, notamment en termes de modèles féminins et issus de la diversité dans l’histoire, la culture littéraire et artistique. En effet, comment se sentir représentées et reconnues en tant que femmes si la plupart du temps on a accès à des œuvres faites par les hommes et pour les hommes, qui, ne vivant pas spécifiquement ce que nous vivons, ne sauraient pouvoir s’adresser à nous ? Certes, certain.e.s me répondraient que ce « détail » ne devrait pas entrer en compte, que je ne devrais pas faire référence à leur sexe/genre, mais c’est justement parce que nous vivons dans une société qui valorise un sexe, un genre, une catégorie sociale plus qu’un.e autre, que je suis bien obligée de le souligner en termes de biais empêchant la diversité des ressources culturelles. En effet, si on n’y prêtait aucune attention, les mêmes représentations genrées et sexistes de la société actuelle demeureraient au centre de nos modèles culturels bien tranquillement jusqu’à la fin des temps sans que personne ne bronche. Cela ne vous dérange pas, vous, qu’il y ait si peu de diversité, par exemple, dans la littérature classique, une majorité d’hommes blancs, cisgenres et hétérosexuelles ? On n’y prêterait en effet pas attention si on vivait dans une société où aucun de ces « détails » n’avait d’importance et où tou.te.s avaient un égal accès et une même audience en littérature quel.le.s que soient leur sexe, genre, couleur de peau, orientation sexuelle, religion, etc. Mais, justement, j’y prête attention pour demander un accès et une audience égalitaires en littérature, en cinéma, en arts plastiques, etc. pour toutes personnes de tous sexes, de tous genres, de toutes orientations sexuelles, de toutes religions, de toutes origines, etc. Ce n’est qu’un exemple, mais je voudrais montrer à quel point le système de pensée patriarcal nous a enfermé.e.s dans une seule voie, une seule source culturelle dominante, où bien sûr nous avons accès à des artistes masculins tout à fait intéressants et brillants (Mes chers Marcel Proust, Marcel Pagnol, Oscar Wilde etc.), il ne faut pas tout jeter, mais où l’on n’a pas accès à d’autres voix, d’autres points de vue, d’autres ressources, et le féminisme m’a permis de découvrir des autrices, des femmes historiques, des militantes, des peintresses, des poétesses, etc. qui ont été invisibilisées ou qui n’ont pas connu la même audience que leurs homologues masculins. Et encore, je n’ai pas fini d’en découvrir et plus particulièrement, le féminisme intersectionnel m’ouvre à d’autres modèles encore sur l’ensemble des causes touchant les femmes subissant d’autres discriminations que moi, telles que le racisme, l’islamophobie, l’antisémitisme, la LGBTQIAphobie, le validisme, etc. Finalement, le féminisme ouvre sur un monde plus diversifié, plus mixte, plus vaste, plus intéressant que ce que permettent de montrer les œillères qu’on veut nous mettre encore aujourd’hui.

Enfin, et de manière plus pratique, je suis féministe par pragmatisme et par besoin de mettre un mot qui parle aux gens. Je suis féministe pour dire aux gens qui je suis avec des mots qu’ils comprennent, quitte à lever ensuite les éventuelles idées reçues. Dans notre société, la défense des droits des femmes a été nommée comme tel, historiquement. Cette cause est née sous le terme de féminisme. Si je veux me faire comprendre des autres, je dois m’approprier ce terme qui s’inscrit historiquement dans la société actuelle.

Alors, quels sont ces préjugés accolés à la catégorie sociale « féministe » ?
« Les féministes détestent les hommes » : alors, non, le féminisme, sauf quelques adeptes radicales, prône, non pas une inversion des rapports de force, mais l’égalité entre les femmes et les hommes, et plus largement l’égalité pour tous.tes quel.le.s que soient le sexe, le genre, l’orientation sexuelle, la religion, les origines, la situation économique, la validité ou l’invalidité, etc. (féminisme intersectionnel), qui soit à la fois une égalité des droits, une égalité des chances grâce à l’équité et un égal accès aux libertés. De plus, l’égalité femmes/hommes pour laquelle se bat le féminisme, le mien en tout cas, ne se fera pas sans les hommes. Même si le féminisme a pour but notamment de rétablir l’équilibre entre la place des hommes et celle des femmes dans la société en donnant davantage la parole aux femmes et en dénonçant les dérives du système patriarcal et de la socialisation des garçons sous couvert du hashtag MenAreTrash, qui, je le précise, désigne le groupe social des hommes tel que véhiculé et encouragé par la culture sociale, et non tous les hommes, et qui est simplement une manière de pointer les comportements problématiques de certains hommes auxquels on est confronté.e.s, on a besoin d’hommes alliés au féminisme et on peut reconnaître que ceux-ci subissent des injonctions, certes beaucoup moins que les femmes et souvent à leur avantage, à savoir l’injonction de la virilité par exemple. D’ailleurs, si le féminisme, le mien du moins, lutte contre les injonctions sociales genrées, il permettrait aux hommes également d’être plus libres et moins soumis par exemple au poids du virilisme.
« Les féministes ne s’épilent plus / ne portent plus de soutien-gorge / ne se maquillent plus » : si certaines femmes se disant féministes ne s’épilent plus, ne portent plus de soutien-gorge et/ou ne se maquillent plus, ce n’est pas pour entrer dans la case féministe, c’est simplement qu’elles se sont débarassée d’une injonction sociale qui ne les convenait pas et qu’elles suivaient plus par obligation que par choix personnel. Alors cela implique parfois d’arrêter de le faire ou de continuer, car elles suivent à présent leurs envies et leur ressenti sur des sujets (poils, soutien-gorge, maquillage, etc.) qui sont personnels, intimes qui ne devraient qu’être à la discrétion des personnes concernées et non décidées par une règle extérieure, par la société. On peut se dire féministe et se maquiller, porter un soutien-gorge et/ou s’épiler.
« Les féministes sont paranoïques et extrêmistes, l’égalité femmes/hommes est déjà acquise, je ne vois pas de tels problèmes au point de se mobiliser, il ne faut pas tout voir en noir » : c’est sûr que si on s’était arrêté au droit des femmes de travailler, de voter, de disposer d’un compte bancaire, de prendre la pillule et d’avorter, sans aller plus loin, on pourrait considérer que tout a été acquis, que tous les problèmes sont réglés et on pourrait passer à autres choses. Sauf que non. Il s’avère que même si les femmes ont accès à l’emploi, cet accès est inégalitaire, si elles ont une place dans une organisation professionnelle, elles occupent plus souvent des postes subalternes ou peuvent être plus facilement confrontées à des agissements sexistes ou à du harcèlement sexuel. Il s’avère que même si les délits et crimes d’agression sexuelle et de viol sont enfin inscrits dans le code pénal, le consentement, les désirs et plaisirs sexuels des femmes ne sont pas pour autant socialement respectés, ou du moins pas vraiment favorisés par la culture sociale (cf. culture du viol et chiffres sur les violences sexuelles) et l’omerta sur les violences sexuelles et l’impunité de certains coupables sont encore bien d’actualité dans la plupart des milieux. Il s’avère que même si les femmes ont relativement toutes accès à un moyen de contraception, celui-ci est loin d’être adapté à toutes sans effet secondaire et leur charge loin d’être partagée équitablement entre les femmes et les hommes. Il s’avère que même si le droit à l’avortement a été accordé par la loi en 1974, il est encore remis en cause socialement dans certains milieux et ses modalités ne sont pas encore parfaitement adaptées à la réalité (par exemple, beaucoup moins de mois de grossesse en France que dans les pays scandinaves pour pouvoir demander une interruption volontaire de grossesse). Il s’avère que même si les droits des femmes cisgenres et hétérosexuelles ont bien progressé jusqu’ici, ceux des femmes cisgenre et transgenres LGBTQI+ et des personnes non binaires ne sont pas encore tout à fait garantis. Il s’avère que même si le code pénal punit l’agression sexuelle et le viol, il est encore incomplet (imprescriptibilité des viols sur mineur.e.s…) et le système policier et judiciaire encore défaillant dans son application et dans le signal envoyé à la société en termes de répression de ces actes. Il s’avère que même si les femmes sont de plus en plus encouragées à porter plainte, les féminicides continuent d’augmenter sans que les plaintes des victimes n’aient obtenu de réponses efficaces de la part du système judiciaire. Alors, oui, malheureusement, rien n’est acquis et il reste une bonne grosse marge de progrès. Enfin, bien entendu, il existe des courants extrêmistes parmi les féministes et auxquels je n’adhère pas.
« Les féministes sont frustrées sexuellement » (pour ne pas utiliser une expression plus familière) : Alors, comment dire ? Si c’était le cas, à qui la faute ? Puisque dans l’imaginaire collectif patriarcal, l’homme fait tout au lit et la femme écarte les jambes, ça voudrait dire que beaucoup d’hommes seraient alors de piètres amants, ainsi les hommes qui croient à cette idée reçue et qui, pour la plupart, sont du genre à attacher énormément d’importance à leurs performances sexuelles (pour leur égo, par pour le plaisir de la partenaire, ce serait trop beau), se dénigrent eux-mêmes, les pauvres… Plus sérieusement, ce préjugé n’a d’autre utilité que de détourner l’attention du véritable problème et de décrédibiliser la prise de parole des femmes pour la défense de leurs droits.
Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive.

Finalement, quels que soient les éléments que les gens mettent dans la catégorie féministe, il y a tellement plus important que de se qualifier féministe ou pas, ce qui importe le plus ce sont les actes que l’on choisit d’entreprendre ou non pour défendre ses droits et faire avancer la société vers moins de violences sexistes, sexuelles, racistes, LGBTQIAphobes, validistes, etc. en débattant sur la manière d’y arriver.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.