Pourquoi vous ne voulez pas voir?

Dans cet article, je vais m’adresser aux hommes en tant que groupe social, et plus particulièrement à ceux qui ne disent rien ou qui ne sont pas forcément favorables à la domination masculine et aux valeurs sexistes mais qui ne réagissent pas quand leurs congénères sont ouvertement et sans scrupules misogynes et violents avec les femmes, où êtes-vous ? Pourquoi restez-vous dans le déni ?

Dans cet article, il s’agit surtout pour moi de m’indigner, de pousser un cri, c’est tout. Vous êtes prévenu.e.s.

Dans cet article, je vais m’adresser aux hommes, aux hommes en tant que groupe social, avec des représentations, des croyances, _ même si ce groupe est divers et que je ne vise pas la petite part d’hommes déconstruits, sensibilisés et alliés au féminisme, _ et plus particulièrement aux hommes occupant la place dominante dans notre société en tant qu’homme cisgenre, hétérosexuel. De plus, que celui ou celle qui me répondra qu’il ne faut pas faire de généralités, m’explique pourquoi nous vivons dans une société où la domination masculine est aussi ambiante, durable et solide depuis plus de 2 000 ans, si une part d’hommes suffisamment significative n’y était pas pour quelque chose, si l’éducation valorisée des garçons, les stéréotypes genrés et les représentations du « vrai » homme n’y étaient pas pour quelque chose… En effet, je désigne ici le modèle social véhiculé de l’homme cisgenre, hétérosexuel et viril, qui se retrouve dans l’éducation et la socialisation valorisées par la société, dans la culture dominante (les films, les livres, etc.), un modèle que beaucoup d’hommes, consciemment ou non, reproduisent dans leurs comportements pour être acceptés dans leur groupe social. Pour bien le comprendre, je vous invite à lire le deuxième livre de Valérie Rey-Robert intitulé Le sexisme, une affaire d’hommes, mais je suis sûre que vous pourrez trouver beaucoup d’ouvrages sur la virilité et le masculinisme.

Une fois terminée cette petite mise au point, passons au cœur du problème. Depuis que je publie les articles de mon blog sur Mediapart (les blogs de Mediapart), quelque chose m’a particulièrement frappée. La plupart des réactions, des débats et des messages privés que je recevais à propos de mes articles étaient le fait d’hommes. Ils prennent la place, tellement de place dans la réception de mes articles. En soi, dans une société égalitaire ayant dépassé la binarité et l’obsession du genre, ceci me serait bien égal et indifférent, mais dans notre société actuelle, ceci a de l’importance, parce qu’il pose la question de la place des hommes dans le combat féministe, _ et ils ont une place, mais en tant qu’alliés et en laissant la visibilité à celles qui vivent les violences et les discriminations qu’elles dénoncent _ et plus globalement celle de leurs réactions jusqu’ici aux revendications féministes.

Je commencerai par ce qui m’a le plus choquée. Un excellent billet est paru, dans le contexte du confinement que nous vivons en ce moment, sur Mediapart, un peu dans la même veine que l’article de Virginie Despentes à la suite des Césars 2020 (de la honte) : une colère jouissive, une révolte sourde et déterminée contre les provocations et offenses sexistes servies sur un plateau par les grands de la culture dominante aux femmes qui ont osé se lever et se casser. Ce billet, intitulé « L’après confinement, ma peur pour les femmes » s’inquiétait d’une recrudescence des violences sexistes et sexuelles, voire d’une rétrogradation des droits des femmes lors de cette crise sanitaire, comme on le voit souvent en temps de crise (cf. la fameuse citation de Simone de Beauvoir « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »). J’ai adoré cet article, qui comme celui de Virginie Despentes, poussait une colère légitime dans le but de faire prendre conscience principalement aux hommes, qui, il faut bien le dire, restent encore timorés dans la cause, de l’ampleur du problème des violences faites aux femmes et de la culture dominante fondée sur la supériorité du genre masculin sur le genre féminin. Mais j’ai eu le malheur d’aller lire les commentaires, et tout.e un.e chacun.e sait que sur internet, lire les commentaires est fortement déconseillé. Pourtant, sur Mediapart, où la plupart vouent un culte au débat d’idées, je me suis dit légitimement que je serais épargnée. Que nenni ! L’accueil d’un article aussi virulent contre la culture dominante a été désastreux, et le peu de commentaires positifs était noyé parmi un flot de mauvaise foi, d’aveuglement, d’insolence, de provocations stériles, de la part d’hommes outrés de se sentir visés, et ce, sous couvert d’apporter une contribution constructive au débat. Et j’ai un petit peu peur de ce qui risque de se passer sous cet article, ici sur Mediapart, où comme je l'ai vu à propos de mes articles et d'autres articles féministes, quand ce n'est pas hostile, c'est du "mansplaining", conscient ou non, pour m'expliquer le féminisme, parce que même quand c'est fait avec la meilleure des intentions, il y a derrière l'idée que je ne serais pas la mieux placée pour en parler (ah bon ?)... Tout ça pour dire que les hommes ont là aussi pris la plus grande place, mais pour quoi au final ? Répondre à côté, faire la sourde oreille, chipoter sur des erreurs de frappe, attaquer personnellement l’autrice.

Aucun de ces hommes ne semblait vouloir comprendre ce qui y était écrit ni être disponible pour la discussion, pour recevoir une explication, explication que je n’avais pas l’énergie d’apporter pour faire comprendre à des murs que l’intérêt d’un tel article est surtout de provoquer une prise de conscience sur le fait que l’éducation, la représentation sociale et la supériorité des hommes dans notre société font de gros dégâts et de mettre en visibilité l’ampleur des violences sexistes et sexuelles et de l’urgence de la garantie des droits des femmes en tant de crise. Non, aucun homme n’était disponible pour écouter. Je m’étais trompée en attendant un minimum de débat en lisant les commentaires sous ce billet.

Il n’y avait pas de débat. Déjà, en soi, il ne devrait pas y en avoir sur le droit le plus strict et le plus sacré des femmes, en tant qu’être humains, de ne pas subir de violences sexistes et sexuelles, qui portent atteinte à leur dignité et leur intégrité physique, mais en plus, aucun de ces commentaires indignés n’apportait de réflexion constructive ni d’outils pour trouver des solutions au problème. Aucun de ces commentaires non plus n’apportait soutien et empathie à celle qui en savait forcément plus qu’eux, en tant que femme.

L’autrice de ce billet en avait surtout assez, comme tant d’autres, de l’immobilisme de certains hommes, trop nombreux encore, et de la trop grande facilité à bafouer les droits des femmes à la moindre crise qui passe. Elle en avait assez de la lenteur de progression de la société vers la pleine garantie des droits des femmes quelle que soit la conjoncture. Et elle a raison. Nos droits n’ont jamais été ni ne sont acquis, et je ne sais pas s’ils le seront jamais un jour (mais je garde quand même espoir). Quand est-ce qu’ils seront acquis ? Comment ? Ils le seront quand les hommes accepteront de se mobiliser pour nous et de lâcher leurs privilèges injustes et sexistes ? Ça me ferait mal que le combat pour nos droits dépende autant des hommes, quand on voit leur mauvaise foi, leur mauvaise volonté, leur aveuglement, leur obsession pour leur place dans la société.

Quand je lis les commentaires de ce même billet, quand je vois que la plupart répondent à côté, de travers, provoquent pour provoquer sans comprendre, je me dis : le font-ils exprès ? Font-ils semblant de ne pas comprendre ? C’est écrit clairement pourtant, peut-être parfois avec maladresse, mais quand on est bienveillant.e, ouvert.e et disponible, on débat de manière constructive, on suggère, on informe l’auteur.rice du billet où il semble manquer telle ou telle information, etc. En fait, ces hommes outrés n’étaient pas disponibles à la moindre introspection, à la moindre humilité, au moindre silence de leur part. Une partie était profondément misogyne et choisissait la mauvaise foi et l’attaque personnelle et sexiste pour se défendre : certains sont irrécupérables, il ne faut parfois pas prendre la peine de leur répondre. Mais les autres ?

Mais les hommes qui ne disent rien ou qui parmi ces commentaires, font semblant de ne pas comprendre, chipotent sur des détails comme si c’était plus important que ce que l’autrice dénonçait, et qui ne sont pas forcément favorables à la domination masculine et aux valeurs sexistes, qui ne réagissent pas quand leurs congénères sont ouvertement et sans scrupules misogynes et violents avec les femmes, quand ils écrivent et diffusent des propos sexistes, où êtes-vous ? Que faites-vous ? Pourquoi rester dans le déni, l’aveuglement ? Pourquoi tant d’hommes sont si peu mobilisés avec nous ? Avez-vous peur ? Avez-vous peur d’être stigmatisés et exclus de votre groupe social ? Parce que je vous rassure, vous ne perdrez pas vos attributs masculins en défendant les droits des femmes.

A la moindre réflexion féministe, vous semblez avoir absolument besoin de vous dédouaner, comme si vous vous sentiez chacun visés personnellement... Pourquoi ? Posez-vous la question. Est-ce parce que certains d'entre vous savent au fond qu'ils ont déjà fait preuve de sexisme auprès des femmes, ont déjà douté des compétences d'une de ses collègues féminines parce qu'elle est femme, ont déjà harcelé, agressé ou violé une femme par le passé ? Si vous réagissez aussi violemment à la moindre dénonciation ou revendication féministe, est-ce parce que vous savez que vous faites partie du problème ou que vous allez devoir vous ôter quelques privilèges pour plus d'égalité ? Si la quasi totalité des femmes connaissent au moins une femme de leur entourage ayant été harcelée sexuellement au travail, agressée sexuellement ou violée ou frappée par son partenaire, comment ça se fait qu'aucun de vous ne connaissiez aucun homme ayant commis un ou plusieurs de ces actes ? Si les chiffres sont si élevés, où sont ces hommes qui harcèlent, agressent, violent ? Où sont leurs voisins, collègues, parents, amis pour s'en offusquer, pour agir, ou pour lui ôter l'assise sociale sur laquelle il jouait pour asseoir sa domination sur sa victime et garantir son impunité ? Où êtes vous quand une femme de votre entourage parle d'un comportement sexiste qu'elle a subi, d'un harcèlement, d'une agression sexuelle ou d'un viol qu'elle a subi ? Où êtes-vous quand une partie de la société essaie de faire prendre conscience des violences faites aux femmes ? 

Oui, certains agissent. Mais trop peu encore, pas en masse. Je connais des hommes alliés à la cause féministe et qui le font très bien, sans se mettre en avant et en relayant la parole des femmes, donc c’est possible ! Où sont et que font ces 80% d’hommes qui se disent mal à l’aise lorsque d’autres hommes ont des propos ou comportements sexistes envers les femmes (cf. étude de 2011 d’Alan Berkowitz parue dans l’ouvrage Masculinities in Higher Education de Jason Laker et Davis Tracy, cité par Valérie Rey-Robert) ? Pourquoi ne se montrent-ils pas ? J’aurais une ébauche de réponse un peu plus loin dans le présent article.

Ce n’est effectivement jamais facile de se démarquer de son groupe, de se désolidariser, et on sait toutes en tant que militantes féministes, que la solidarité masculine est solidement valorisée dans notre société. Mais quand on voit les faits, les chiffres, la réalité si prégnante des violences faites aux femmes, pourquoi restez-vous aussi stoïques, aussi aveugles, comme si c’était moins important que la protection de notre démocratie, la lutte contre le réchauffement climatique, la sécurité intérieure, la protection des libertés individuelles, etc. ? Pourquoi cette cause n’aurait-elle pas sa place au Panthéon des causes publiques et politiques ? Pourquoi les droits des femmes seraient-ils moins importants que les droits fondamentaux ? Oui, cette question est choquante, mais la réalité est choquante ! Presque tout le monde s’accorde à crier haro quand la liberté d’aller et venir ou la liberté d’expression est bafouée (enfin, quand cette dernière n’est pas confondue avec l’incitation à la haine) mais quand le droit à l’avortement l’est ou quand une agression sexuelle ou un viol est dénoncé.e, une trop grande partie de la société y va de ses préjugés pour minimiser l’atteinte aux droits de la femme concernée et seules les chères militantes féministes se fatiguent à dénoncer l’injustice (#payemonburnoutmilitant).

Oui, je préfère formuler des questions, parce que parfois la situation me paraît tellement incompréhensible, tellement aberrante (parce que jusqu’à preuve du contraire, je vais vous apprendre quelque chose, les femmes sont aussi des êtres humains et devraient donc avoir les mêmes droits que les hommes et ne jamais avoir à accepter des choses que les hommes n’accepteraient pas pour eux-mêmes sous prétexte de leur prétendue supériorité) que les questions me semblent une bonne manière de souligner l’absurdité de la situation, voire de faire naître une éventuelle prise de conscience chez mes lecteur.rice.s. Enfin, j’ose espérer.

J’ai donc fini par me poser une question moins rhétorique que les précédentes : pourquoi, au fond, ces hommes expriment-ils le besoin irrépressible de réagir avec mauvaise foi, de se défendre et/ou de sortir leur « science » sur un sujet dont les femmes sont mieux placées qu’eux pour parler ? Pourquoi interviennent-ils quand ils ne sont pas sollicités ? Pourquoi ne se contentent-ils pas de relayer la parole des femmes, de leur communiquer leur soutien et de (ré)éduquer leurs congénères « défaillants » (pour utiliser un autre mot que « trash »), sans se mettre en avant ?

Je vais m’essayer à une ébauche de réponse. Nous vivons dans une société et une culture qui donnent sans cesse plus de visibilité aux hommes, à leurs opinions, leurs points de vue, leurs expériences, dans tous domaines, jusqu’à la sexualité. Nous vivons dans une perpétuelle valorisation de la parole masculine, dans une époque où on donne la parole aux experts, aux « sachants » (et encore pas toujours et il faut définir ce qu’est aujourd’hui considéré comme un expert et je ne vais pas faire de cours de philosophie politique), aux personnalités médiatiques (je ne dirais pas intellectuels, car il semblerait qu’ils soient morts aujourd’hui, quand on voit que ceux dits comme tels se résument à des Finkielkraut, Enthoven, voire des Zemmour, bref) _ et on sait que seuls 30% des expert.e.s invité.e.s sur les plateaux ont été des femmes pendant ce confinement. En vivant dans ce genre d’atmosphère, où on valorise la parole des hommes, et de certains hommes (cisgenres, hétérosexuels, virils, etc.), il peut sembler naturel à certains hommes de se sentir autorisés à intervenir sur tout et, notamment, à apporter sa parole dans un mouvement de libération de la parole des femmes et de réhabilitation de leur visibilité (cherchez l’erreur), au lieu de simplement les écouter, les interroger et/ou relayer leur parole. Il y a aussi peut-être le facteur de l’éducation que l’on donne aux petits garçons à l’école et/ou dans la sphère familiale, en les encourageant à s’affirmer, à prendre la parole, tout le temps, quand à l’inverse les petites filles apprennent à être humbles, douces et rester dans l’ombre (c’est ce qui est valorisé, je dis pas que c’est explicite et que toutes les filles sont éduquées comme telle, c’est plus subtil que ça). On dirait que les hommes ont pris l’habitude depuis des millénaires de prendre la parole et de débattre sur tout, comme s’ils avaient la conviction profonde que leur parole est la plus pertinente sur tous les sujets, même ceux qui ne les concernent pas et qu’ils ne vivent pas directement, comme si c’était pour eux une façon de perpétuer une domination. Spoil : oui, monopoliser la parole est un outil de domination, subtil. Alors quand une femme parle, il s’agirait d’intervenir pour prendre plus de place.

Certes, nous vivons dans une démocratie et un système de pensée fondé.es sur le débat (et encore ce n’est pas parfait) et c’est très bien, mais si les outils et les paroles ne sont pas équitablement distribué.es entre tous et toutes, où sont le débat et la démocratie finalement ?

Tous les hommes ne font pas cela, mais beaucoup le font parce qu’ils ont intériorisé le fait que leur parole compte plus dans notre société où, à l’inverse, la parole des femmes est encore si peu écoutée et compte moins que la leur, même quand cela concerne des sujets dont elles sont mieux placées pour parler. Et quand ça concerne les hommes, le fait par exemple que 98% des auteur.rice.s de violences sexuelles sont des hommes, ils s’offusquent parce que c’est négatif. Je serais d’ailleurs curieuse de savoir comment ils expliquent ce chiffre… Bref. Nous n’aurions donc le droit ni de nous exprimer sur tous les sujets comme eux, y compris ceux qui nous concernent (et je ne souhaite pour autant pas m’exprimer sur des sujets dont je ne suis pas la mieux placée pour parler, malheureusement mon raisonnement n’est pas universel) ni de nous offusquer des violences que nous subissons. Allons donc !

Concernant la réticence de certains hommes à reprendre et condamner leurs congénères pour leur comportement sexiste, j’ai aussi un élément de réponse, parmi d’autres (car la réalité est complexe, oui oui). A l’aune de mes lectures, et notamment de celle du second livre de Valérie Rey-Robert, la construction de la masculinité telle que valorisée par la société chez les garçons et les hommes, passe par une forte différenciation avec le genre féminin, voire une opposition, et une dévalorisation du genre féminin justement. Et l’apprentissage de cette virilité passe par une validation par le groupe social, comme pour tout apprentissage passant par la socialisation. Ainsi, un garçon qui adopterait des caractéristiques jugées par la société comme féminines, est dans la plupart des cas « puni » par son groupe social, qui ne va pas valider ces caractéristiques (on le voit avec l’usage de l’insulte « pédé », utilisée non pas seulement quand la victime est réellement homosexuelle mais pour l’éduquer sur ce qu’est ou pas un vrai homme, dans le cadre d’une « police du genre », comme l’explique le sociologue Michael Kimmel cité par Valérie Rey-Robert). On remarque que dans leur groupe social, les hommes se jaugent entre eux et jugent en permanence ce qui est viril ou ne l’est pas. Ainsi, certains hommes peuvent préférer adopter les réflexes sexistes exigés par leur groupe social pour être validés comme suffisamment virils. Tant que le groupe social des hommes considérera que la masculinité se construit en dénigrant tout ce qui relève soi-disant du genre féminin, les comportements sexistes et les violences sexuelles seront minimisé.e.s, banalisé.e.s, voire valorisé.e.s chez les hommes. Si l’éducation des filles doit être repensée, celle des garçons tout autant, pour faire évoluer les mentalités et ce qui est valorisé pour appartenir à un groupe social. Bien évidemment, le déterminisme social n’explique pas tout, le libre-arbitre existe fort heureusement, et certains hommes parviennent à s’en défaire (mais montrez-vous ! où êtes-vous ?).

Je terminerai ce petit article-cri-du-cœur en disant que beaucoup trop d’hommes me font l’effet d’être comme ces trois singes qui n’écoutent pas, ne voient pas et ne parlent pas ; enfin pour le dernier, c’est parfois très bien pour ne pas parler de choses pour lesquelles les principaux.ales concerné.e.s sont les mieux placé.e.s pour parler, et je ne sais pas si vous avez remarqué, mais sur beaucoup d’autres sujets que le sexisme, les médias les plus visibles et les institutions politiques donnent rarement la parole aux concerné.e.s, tels que le port du voile, la vie dans les banlieues, l’accueil des migrants, et j’en passe. C’est fou comme nous sommes nombrilistes, vous ne trouvez pas ?

Bien sûr, c’est plus facile de se dire qu’il y a pire ailleurs, que l’égalité est déjà acquise en France… Facile, mais faux. Il suffit de lire le dernier rapport du haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, paru le 2 mars 2020, sur l’état des lieux du sexisme en France en 2019, c’est édifiant.

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