Ite missa est

Allez, la messe est dite. Ce n'est pas la conclusion des rites de la Pâque chrétienne mais l'achèvement d'un processus qui marque l'avènement officiel du néolibéralisme comme nouvelle religion politique en France, après 70 ans de résistance initialisée par le CNR en 1944.

Le 1er tour des législatives vient de tomber et au vu des résultats, la gauche dans son ensemble va prendre une déculottée aussi historique que le niveau des abstentions, et il faudra bien qu'un jour ou l'autre on se demande pourquoi.

Selon toutes probabilités, le parlement jupitérien représentant ( qui en doute?) de la politique bruxelloise néolibérale sera au pouvoir d'ici fin juin ce qui est aussi un fait historique en on attend toujours venant de la gauche ou des altermondialistes un travail sérieux d'analyse pour comprendre pourquoi le peuple, dont on avait un peu oublié qu'il existait s'est fâché au point que la moitié du corps électoral  refuse d'aller voter et que l'autre moitié donne majoritairement le pouvoir à ceux qui à coup de politiques d'austérité et de destruction de services publics et de libéralisations tous azimuts les ont justement mis en colère.

La gauche défaillante a été désorganisés par un véritable coup d'état politico-médiatique qui s'est servi du FN mais aussi des divisions à gauche comme repoussoir pour faire élire Macron.
Comme d'abitude, le FN va encore servir de repoussoir au 2ème tour ou il sera souvent en 2ème position, voire en première. Sa présence favorisera ainsi l'élection d'un macroniste et parfois d'un filloniste avant qu'il ne soit rangé dans le placard aux accessoires jusqu'à la prochaine élection.

La finance n'aura même plus besoin de se cacher pour nous finaliser la destruction de code du travail, le dynamitage de la retraite par répartition, l'écrêtage des impôts des plus riches et bien sur les politiques d'austérité. Si le PS est en voie de disparition, le macronisme le remplace avantageusement pour nous aménager un parti démocrate à la Clinton lequel, si on y regarde bien, a fait plus pour le néolibéralisme que tous les Bush et Trump réunis.

Parlant de ça, le petit jeu de rôle que sont en train de nous jouer Trump, Macron et Merkel, sur un fond de conflit d'intérêts entre les transnationales américaines et celles du reste du monde venues jouer sur leur terrain va avoir quelques conséquences sur la lutte contre les accords de libre échange et naturellement sur le combat écologique.
Bref, après avoir sauvé quelques meubles au second tour de la législative, il nous restera cinq ans pour réarmer  une gauche qui se rappelle enfin que ce sont les citoyens qui comptent, ce que les macronistes ont mieux compris dans la bataille idéologique qu'ils sont en train de gagner.

Une bataille n'est pas la guerre et le prochain épisode, en effet, risque d'avoir lieu dans la rue, une rue qui à 50% d'abstentionnistes attend des propositions crédibles et unitaires de ceux qui prétendent encore les représenter ...

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