NAPOMACRON IV

Il y a un peu plus de deux ans, c'était le 16 mai 2017, dans ce même blog, je rappelais l'aventure de Louis Napoléon Bonaparte sans référence à celui qui aujourd'hui se réclame du titre de chef des français. Un commentateur que je remercie vivement me gratifiait d'un 5 étoiles pour le caractère prophétique de cette prévision implicite.

Notre lider maximo du moment a en effet tout du jeune ambitieux qui, dans un contexte différent mais, profitant des commodités d'une 5ème république taillée pour un autre que lui, a cru pouvoir incarner l'esprit d'une province européenne appelé la France. Son objectif à terme était de gagner le contrôle d'une Union Européenne dont on commençait à murmurer qu'elle mériterai plus qu'un ex-premier ministre de paradis fiscal comme chef.

Las, les augures, interprètes des volontés de jupiter et maîtres de l'interprétation des signes l'ont trahi. Tandis qu'il devait affronter quelques menus problèmes domestiques comme le scandale Benalla ou la crise des gilets jaunes, il a du concéder à l'extrême droite d'arriver en tête des élections européennes. Il fut encore protégé par la destruction des structures politiques du pays qu'il avait conquis en conservant tout de même la seconde position. Par un coup du sort encore inexplicable sa déléguée européenne Nathalie Loiseau multipliait les maladresses pour se mettre à dos le groupe parlementaire ALDE dont il espérait bien prendre le contrôle au PE.

Le voilà donc ramené à des préoccupations plus prosaïques, au niveau des élections locales nationales ou il va devoir une fois de plus en s'appuyant sur son collaborateur Philippe circonvenir des élus locaux de droite comme de gauche qui ont survécu au cataclysme de 2017 pour les habiller de la casquette LREM et tenter d'assoir sa représentativité politique locale pour compléter et renforcer une majorité nationale certes pléthorique mais peu représentative du véritable terrain.

Le coût de l'opération en termes politiques et transactionnels n'est pas connu.

Le résultat le plus évident est de rendre le pays de plus en plus démocratiquement ingouvernable : Certes, les godillots de la majorité voteront sans défaillance toutes les oukases du chef : aucun doute là dessus, mais l'expérience, notamment dans les réformes sociales déjà en marche sont de plus mal supportées dans les territoires ou la présence toujours persistante des gilets jaunes de semaine en semaine montre que le « grand débat » déjà oublié n'a rien réglé et que le feu couve toujours sour la cendre.

Les réformes suicidaires pour notre système social sur les services publics et sur les retraites, qui vont se poursuivre en 2019 et 2020, risquent bien de marquer, pour longtemps, le retour à un combat social, qu'il restera à reconstruire.

La chute de Napoléon III à ramené la IIIe république mais celle de Napoléon Ier avait amené la restauration, jusqu'en 1871

 

 

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