Claude LAYALLE (avatar)

Claude LAYALLE

Ex ingénieur -physicien- - membre d'ATTAC. Auteur de l'essai "Le rasoir d'Ockham" paru en Juin 2017 aux éditions Edilivre

Abonné·e de Mediapart

83 Billets

0 Édition

Billet de blog 28 avril 2015

Claude LAYALLE (avatar)

Claude LAYALLE

Ex ingénieur -physicien- - membre d'ATTAC. Auteur de l'essai "Le rasoir d'Ockham" paru en Juin 2017 aux éditions Edilivre

Abonné·e de Mediapart

L'opération « cannibale » des entreprises

Claude LAYALLE (avatar)

Claude LAYALLE

Ex ingénieur -physicien- - membre d'ATTAC. Auteur de l'essai "Le rasoir d'Ockham" paru en Juin 2017 aux éditions Edilivre

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le Figaro du 24 avril dernier commentait la séance boursière de la veille en signalant « Le boom des rachats d'actions ».

 Alors que le gouvernement ne sait plus quoi faire pour contenter un MEDEF qui réclame en bloc des allègements d'impôts, la suppression des charges sociales, le sabordage du droit du travail, la liberté de licencier pour mieux embaucher, etc...., on constate en bourse la multiplication des opérations de rachats d'actions, favorisées par des trésoreries pas si creuses et des taux d'intérêts exceptionnellement bas , une opération qui sent bon l'économie casino.

Rien n'est trop bon pour les actionnaires : D'après le journal, Sanofi, Carrefour, Publicis, Axa, Vinci, Air liquide, Renault et tant d'autres rachètent à tour de bras leurs propres actions, ce qui augmente automatiquement la valeur de celles restant sur le marché. Ce n'est pas le seul effet : Dans un contexte international morose où la croissance marque le pas, les entrepreneurs sont réticents à prendre le risque d'investir, alors que cette opération quasi virtuelle d'auto-canibalisme assure des retours immédiats et fait monter la cote de l'entreprise concernée.

 Les média claironnent partout que « grâce à une conjoncture favorable (position de l'Euro, baisse du carburant...), l'industrie redémarre mais qu'il faudra encore au moins un an pour que l'effet s'en face sentir sur l'emploi » : Ils se gardent de préciser que les entreprises les plus riches, plutôt que d'investir, choisissent l'opportunité de renforcer les profits actionnariaux pour le plus grand bien du casino mondial. Indirectement financées par le CICE et les encouragements à la « compétitivité » payés par le contribuable, elles entendent bien pérenniser le plus longtemps possible la régression sociale qu'elles ont largement contribué à développer.

 Le phénomène est évidemment global et mondial : Alors que Michelin est en train de racheter quelque 4 à 5% de sa capitalisation boursière, les rachats d'action aux US pourraient atteindre les 1000 milliards de dollars cette année. Certains gourous de Wall Street commencent à s'en alarmer car cela « se fait au détriment de la croissance à long terme ».

En attendant, les entreprises continuent à verser prioritairement des dividendes, quitte parfois à emprunter en profitant des taux actuels exceptionnels. En 2015 comme en 2014, suivant la même source, les stars du CAC 40 distribueront environ 39,6 milliards d'euros à leurs actionnaires :

 La crise n'est pas pour tout le monde.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.