Aéroport de Toulouse: Hollande mieux que Sarkozy

Il y a presque exactement 2 ans, en novembre 2012, je commettait  un papier intitulé: "NDDL, l'arbre qui cache la forêt", repris par le journal en ligne "Reporterre" ou il figure toujours dans le dossier NDDL sous le lien http://www.reporterre.net/spip.php?article3448 et sous le titre: "la raison cachée de l'intérêt de Vinci pour Notre Dame des Landes".


Dans cette analyse, je mettais en cause l'accord "open skies" USA-UE de 2008, la libéralisation du trafic aérien et la nécessité, dans la logique libérale, de privatiser les aéroports, opération à laquelle NDDL aurait pu donner le signal. A l'appui de cette hypothèse, je signalais dans un autre papier sur les listes d'ATTAC que les CCI, partenaires publics de l'état dans la propriété des aéroports étaient en majorité opposés à cette privatisation et que Nicolas Sarkozy à la veille de l'élection présidentielle avait reculé devant une décision de privatisation des aéroports de Lyon, Nîmes, Montpellier et ... Toulouse, privatisations pour lesquelles il y avait des candidats, dont en particulier  le canadien SNC Lavalin.

 

Depuis 2008, les accords de type "open skies" se sont multipliés et c'est désormais pratiquement l'ensemble du transport aérien qui est sous régime libéral mais l'anomalie française subsiste: A part "Aéroport de Paris", les aéroports Français même s'ils en ont confié la gestion à des entreprises comme Vinci, Bouygues ou SNC Lavalin sont toujours de propriété publique, malgré la loi Chirac de 2005 qui les a transformé en sociétés anonymes provisoirement à 100% publiques détenues conjointement par l'état et les CCI, autorités publiques territoriales, .

 

Pour les raisons que l'on sait, NDDL ne joue plus pour le moment le rôle de précurseur dans la privatisation des aéroports mais il semble que le président Hollande mette en oeuvre ce que le président Sarkozy avait eu peur de réaliser et que la vente à la découpe des aéroports ait commencé, malgré, nous disent les journaux, l'opposition de la CCI locale et même de la société AIRBUS.

 

Ce qui s'ouvre, c'est un nouveau chantier de privatisations et de libéralisations qui aura des conséquences considérables, notamment sur les futures décisions à prendre pour l'environnement. Il faut prendre conscience de l'importance d'un processus  qui se poursuit de CETA à TAFTA mais qui a été lancé bien avant, en fait depuis 1948 ou après avoir torpillé la charte de la Havane les ultralibéraux nord américains ont mis le commerce mondial sur l'orbite du libre échange sans limites.

 

Le nouveau propriétaire sera-t-il chinois, sino-canadien, ou encore sera-ce la compensation accordée à Vinci pour un abandon éventuel du projet NDDL ? C'est sans doute moins important que de considérer la conséquence à long terme de la main mise des capitaux privés sur la totalité du réseau aérien.

 

 

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