Au commencement, le sublime du classique et la maîtrise du maître.

Les « Ecoles centrales » (qui ont précédé les lycées créés en 1802 par Napoléon Bonaparte) avaient été instituées par la première République dans l'esprit de l' « Encyclopédie » et faisaient la part belle aux sciences mathématiques, physiques et naturelles . Mais Napoléon I, lui, s'est nettement prononcé pour la prédominance des études classiques. « Il faut que l'enseignement soit avant tout judicieux et classique […]. Cela est grand, sublime et, en même temps régulier, paisible, subordonné. Il faut des conseillers d'Etat, des préfets, des officiers. Telles étaient les idées du maître » ( L.Madelin, « La nation sous l'Empire », pages 254 et 255).

Le sublime classique et le grotesque magistral (ou vice versa)

Cf la leçon ''classique'' magistrale évoquée par Anatole France (dans « Le livre de mon ami », édition de 1970 chez Hachette, page 150)

« Près de se dévouer aux dieux Mânes et pressant déjà de l'éperon les flancs de son coursier impétueux, Decius Mus se retourna une dernière fois vers ses compagnons d'armes et leur dit : Si vous n'observez pas mieux le silence, je vous infligerai une retenue générale. J'entre pour la patrie dans l'immortalité. Le gouffre m'attend. Je vais mourir pour le salut commun. Monsieur Fontanet, vous me copierez dix pages de rudiments. Ainsi l'a décidé dans sa sagesse, Jupiter Capitolinus, l'éternel gardien de la Ville éternelle. Monsieur Nozière, si, comme il me semble, vous passez encore votre devoir à Monsieur Fontanet pour qu'il le copie, selon son habitude, j'écrirai à Monsieur votre père. Il est juste et nécessaire qu'un citoyen se dévoue pour le salut commun. Enviez-moi et ne me pleurez pas. Il est inepte de rire sans motif. Monsieur Nozière, vous serez consigné jeudi. Mon exemple vivra parmi vous. Messieurs vos ricanements sont d'une inconvenance que je ne puis tolérer. J'informerai M. le proviseur de votre conduite. Et je verrai, du sein de l'Elysée, ouvert aux mânes des héros, les vierges de la République suspendre des guirlandes de fleurs au pied de mes images ».

Tendre et cruel

Réel et surréel

Terrifiant et marrant

Nocturne et diurne

Solite et insolite

Beau comme tout

La fin du commencement et la résistance du maître des forges

Tout juste un siècle après la création en 1802 des lycées (''classiques'') par Napoléon Bonaparte, la réforme de 1902 met fin au monopole des études classiques dans l'enseignement secondaire français en créant une filière ''moderne'' en sus des filières classiques. En 1911, Guillain, président du Comité des Forges, dans une lettre ouverte au ministre de l'Instruction publique, dénonce (déjà !) l'incapacité des polytechniciens à rédiger un rapport et lance une campagne de presse hostile à la réforme de 1902...

Pour finir, le déclin des déclinaisons (par Jacques Brel)

C'est le plus vieux tango du monde

Celui que les têtes blondes

Ânonnent comme une ronde

En apprenant leur latin

C'est le tango du collège

Qui prend les rêves au piège

Et dont il est sacrilège

De ne pas sortir malin

Rosa rosa rosam

Rosae rosae rosa

Rosae rosae rosas

Rosarum rosis rosis

Alea jacta est. Vae victis !

 

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