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Le Club de Mediapart jeu. 29 sept. 2016 29/9/2016 Édition de la mi-journée

Luc Ferry: stupéfiant de niaiserie

Le Figaro : « le CSP préconise de remplacer les notes sur 20 par un barème de 4 à 6 niveaux ; qu'en pensez-vous ?" Luc Ferry : « C'est stupéfiant de niaiserie ! ». Une réponse qui qualifie (ou disqualifie) son auteur.

Le Figaro : « le CSP préconise de remplacer les notes sur 20 par un barème de 4 à 6 niveaux ; qu'en pensez-vous ?" Luc Ferry : « C'est stupéfiant de niaiserie ! ». Une réponse qui qualifie (ou disqualifie) son auteur.

D'autant que l'ancien ministre de l'Education nationale Luc Ferry entonne à nouveaux frais dans « Le Figaro » l'un de ses couplets préférés : «c'est la vieille rengaine soixante-huitarde chère à la deuxième gauche selon laquelle les notes seraient le reflet de la société de compétition capitaliste, l'école étant, pour reproduire le vocabulaire d'Althusser et de Bourdieu," un appareil idéologique d'Etat '' destiné à sélectionner les ''héritiers''' ».

En s'en prenant à cette préconisation du Conseil supérieur des programmes (une parmi beaucoup d'autres d'ailleurs) l'ex-ministre de l'Education nationale Luc Ferry sait-il qu'il s'en prend à deux autres ministres de l'Education nationale de Charles de Gaulle, à savoir Alain Peyrefitte et Edgar Faure ? Alors, autant le déniaiser tout de suite.

Le rapport final du 17 mars 1968 du colloque d'Amiens présidé par le ministre très gaullien Alain Peyrefitte stigmatise « les excès de l’individualisme qui doivent être supprimés en renonçant au principe du classement des élèves, en développant les travaux de groupe, en essayant de substituer à la note traditionnelle une appréciation qualitative et une indication de niveau ( lettres A,B,C,D,E ) »

 La circulaire du 6 janvier 1969 du ministre de l'Education nationale Edgar Faure est encore plus explicite dans ses attendus :

« Le développement des méthodes actives, des travaux d'équipe, ont rendu familiers des procédés de stimulation et d'émulation qui ne risquent pas d'engendrer un ''esprit d'âpreté'' déplaisant, et surtout n'ont point sur les élèves qui ne figurent pas dans le'' peloton de tête'' les effets décourageants que maintes études psychopédagogiques ont mis en lumière [..].

C'est un texte ancien, l'arrêté du 5 juillet 1900, qui a prescrit que ''dans les compositions chaque copie aura sa note chiffrée de 0 à 20''. Il en résulte un ''classement linéaire'', les différences entre élèves se chiffrant par point ou même demi-point. Or les études docimologiques dont l'origine est antérieure à 1930 ne laissent aucun doute sur le caractère illusoire d'un tel raffinement dans la précision de la note et du classement obtenus.

Le principe du classement lui-même a été contesté pour de fortes raisons […].En vérité, ce qui importe ce sont les progrès de l'élève par rapport à lui même ; et leur constatation n'exige pas nécessairement une note chiffrée. Elle l'exige d'autant moins que l'importance de la place est presque toujours surestimée […]. Les travaux scolaires les plus formateurs sont ceux où la préoccupation de la note s'efface : maître et élèves avancent ensemble dans la découverte d'un texte, d'un raisonnement, d'une expérience scientifique, d'une activité sportive, d'une donnée de géographie humaine, etc..[...]. Sans doute l'élève a-t-il besoin de voir son travail apprécié, ses efforts motivés et sa progression jalonnée. Sans doute les parents comme les autorités scolaires ont-ils besoin d'informations précises. Il faut cependant éluder l'obsession de la note, presque aussi pernicieuse que l'obsession de la ''place'' […].

A cet effet, il est bon d'abord de prendre conscience de la relativité de la note, et par suite d'écarter les procédés dont la précision apparente est trompeuse. La notation chiffrée de 0 à 20 peut être abandonnée sans regret. Une échelle convenue d'appréciation, libérée d'une minutie excessive, sera moins prétentieuse. En indiquant la zone dans laquelle l'élève se situe, on cerne déjà la réalité d'assez près, on évite de multiplier systématiquement des différences qui ne seraient pas confirmées par d'autres correcteurs, ni par le même correcteur à une autre époque . Des appréciations globales telles que ''très satisfaisant'', ''satisfaisant'' , ''moyen'', ''insuffisant'', « très insuffisant'' auxquelles on peut faire correspondre, si on le juge bon, les symboles A, B, C, D, E, constituent donc un système non pas plus rudimentaire que le système traditionnel, mais plus rationnel et mieux adapté aux données. Il sera bien entendu utile à l'élève que cette appréciation globale s'accompagne d'annotations plus détaillées.

Ces modalités techniques de notation – pour lesquelles il n'existe pas de formule unique qu'il conviendrait d'imposer – ne doivent pas faire oublier la préoccupation essentielle : ramener la note à son rôle utile sans avoir à le payer par trop d'inconvénients ».

 

 

 

 

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Tous les commentaires
  • 06/12/2014 14:58
  • Par LOYS

Les notes peuvent être décourageantes, tandis qu'une évaluation peut être motivante. Et je suis d'accord c'est bien le progrès de l'élève qui importe, finalement pas son niveau. Tout le monde ne démarre pas avec les mêmes chances ni ne progresse de la même manière.

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