Liberté pédagogique et nouveaux programmes

L’une des lignes de force essentielle du projet de nouveaux programmes du primaire est en contradiction flagrante avec le programme de l’UMP pour les législatives et les propos tenus par son candidat durant la campagne des présidentielles, Nicolas Sarkozy lui–même.

 

Sur 30 propositions concernant les enseignements scolaires, la " liberté pédagogique " apparaît en deuxième position du programme législatif de l’UMP, signe de l’importance qui lui est en principe accordée : " Garantir la liberté pédagogique des enseignants en les évaluant sur les progrès des élèves et non pas sur les méthodes utilisées ".

Et, au cours de la campagne pour les présidentielles, Nicolas Sarkozy a commenté cette position de principe on ne peut plus clairement : " Nous refusons d’entrer dans la question de savoir si c’est par des méthodes répétitives, participatives, ludiques ou autres que les enfants apprennent le mieux. Nous pensons que chaque enfant est différent et que les personnes les mieux placées pour savoir ce qui est bon pour lui sont ses enseignants et sa famille. C’est pourquoi nous garantirons la liberté pédagogique des enseignants. Nous évaluerons les enseignants sur les progrès de leurs élèves et non pas sur les méthodes utilisées ".

 

Or le projet de nouveaux programmes du primaire proclame bien en son préambule que " les programmes laissent libre le choix des méthodes et des démarches ". Mais c’est en fait une pétition de principe qui n’engage pas à grand chose ( bien au contraire ), puisque ensuite une autre affirmation est martelée au fil des pages et déclinée à de multiples reprises dans des instructions concrètes : " les connaissances et capacités s’acquièrent par l’entraînement ". Sans aucun doute ( en partie, et à certaines conditions ). Mais quid de la place et de l’importance des autres modalités d’acquisition ? Ne doit-il y en avoir qu’une, dominante voire hégémonique ? Et n’est-ce pas en contradiction formelle avec le principe de " liberté pédagogique ", tel qu’il a été éclairé et décliné par Nicolas Sarkozy lui-même, dont on ne saurait trop rappeler in fine les propos : " Nous refusons d’entrer dans la question de savoir si c’est par des méthodes répétitives, participatives, ludiques ou autres que les enfants apprennent le mieux ".

Alors, qui croire: le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos, responsable du projet de nouveaux programmes du primaire; ou le président de la République Nicolas Sarkozy, responsable de ses propos de campagne présidentielle? Et, surtout, que croire?

 

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