Les femmes ministres à l'index?

Cela n’a pas manqué, et même un chroniqueur du ‘’Point’’, Patrick Besson, s’est permis d’y aller de son florilège plus ou moins fleuri.

Cela n’a pas manqué, et même un chroniqueur du ‘’Point’’, Patrick Besson, s’est permis d’y aller de son florilège plus ou moins fleuri.
« L’ingénue libertaire Najat Vallaud Belkacem, la séductrice Aurélie Filippetti, l’associative hitchcockienne Delphine Batho, la radicale chic Sylvia Pinel, le tanagra guyannais Christiane Taubira, la geisha intellectuelle Fleur Pellerin, la Schéhérazade cinématographique Yamina Benguigui ». Cuistrerie de beauf ( l’évocation du ‘’tanagra’’, pièce de la statuaire grecque de petite taille, pour s’en prendre ‘’finement’’ à celle de Christiane Taubira ), et chute finale à la hauteur de son auteur : « La parité a des allures de partouze straight ».

On reste toujours étonné, même lorsqu’on est prévenu, des discours et des apostrophes que l’on se permet  lorsque le pouvoir politique éventuel des femmes est en jeu.
Cela vient bien sûr de loin. Ainsi, par exemple, lorsque j’ai écrit avec mon épouse ( alors déléguée régionale aux droits des femmes en Picardie ) un ouvrage sur «L’histoire de femmes publiques contée aux enfants », paru aux PUF en 2001 ), j’ai été amené à recenser  les types d’arguments avancés par les sénateurs qui s’opposèrent au droit de vote des femmes  tout au long de l’entre-deux-guerres. Un vrai florilège aussi…
« 1) Les femmes jouissent au regard des hommes d’une position et de privilèges qu’elles perdraient en descendant dans l’arène politique. 2) La place de la femme est dans son foyer ; son émergence dans la vie politique menacerait dangereusement la famille . 3) Si on accorde le droit de vote aux femmes , il faudrait l’accorder aux prostituées. 4 ) Le fossé qui sépare la femme de l’homme tant dans le domaine de l’intelligence que de l’éducation interdit leur égalité politique et civique. 6 ) Si les femmes ont été déclarées incapables par le Code civil lui-même, c'est bien parce qu'elles ont besoin d'être protégées;  cette protection n’implique aucune supériorité ni infériorité par rapport à l’homme, mais simplement une différence . 7 ) Le suffrage ne constitue pas un droit en soi, mais un privilège accordé par l’Etat souverain à ceux qu’il juge digne de l’exercer. 9 ) Si les femmes jouissent du droit de vote, elles ne pourront qu’exercer un influence délétère sur l’élection, d’abord en favorisant les extrémistes, ensuite en inoculant leurs propres idées à l’électorat masculin qu’elles finiront par rendre totalement efféminé ».

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