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Billet de blog 5 janv. 2009

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Scolarité à 16 ans: 50 ans après, quel bilan?

L’Ordonnance du 6 janvier 1959 a décidé il y a tout juste cinquante ans de repousser la fin de la scolarité obligatoire de 14 ans à 16 ans révolus. Avec le recul nécessaire, quel bilan peut-on en faire ?

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L’Ordonnance du 6 janvier 1959 a décidé il y a tout juste cinquante ans de repousser la fin de la scolarité obligatoire de 14 ans à 16 ans révolus. Avec le recul nécessaire, quel bilan peut-on en faire ?

L’Ordonnance du 6 janvier 1959 signée par Charles de Gaulle ( chef du gouvernement ) et Jean Berthoin ( ministre de l’Education nationale ) décide que " L’instruction sera obligatoire jusqu’à l’âge de seize ans révolus pour les enfants qui atteindront l’âge de six ans à partir du 1° janvier 1959 " ( elle ne sera donc effective pour tous qu’à partir de 1967 ). L’Ordonnance précise que " L’instruction obligatoire a pour objet l’éducation et les connaissances de base, les éléments de la culture générale et, selon les choix, de la formation professionnelle et technique ". Et elle ajoute que "Les manquements à cette obligation constituent des contraventions. IIs peuvent entraîner la suspension ou la suppression du versement aux parents des prestations familiales".

Le congrès de la Fédération de l’Education nationale ( qui regroupait notamment le SNI - syndicat national des instituteurs – quasi hégémonique alors dans l’enseignement primaire, et le SNES – le syndicat le plus puissant de l’enseignement secondaire ) s’était prononcé deux mois plus tôt " pour l’allongement de la scolarité obligatoire, avec comme objectif de la mener jusqu’à dix-huit ans " ( dans la ligne du célèbre Plan Langevin-Wallon élaboré durant les années suivant la Libération ).

Dix ans après la mise en place effective de la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans, un sondage est effectué par la SOFRES en décembre 1977 auprès d’un ‘’échantillon représentatif’’ des enseignants à qui l’on pose la question suivante : " A quel âge l’interruption de la scolarité obligatoire devrait-elle être possible : à 14 ans, à 16 ans, ou à 18 ans ? ". 48% des enseignants se prononcent pour 14 ans ( et 12% pour 18 ans ).

Ces enseignants ( et leurs élèves ) n’avaient alors connu que le CES ( le ‘’ collège d’enseignement secondaire’’ ), c’est à dire un collège à filières dûment organisées ( " caractérisées par leur pédagogie propre " ) : la voie I ( dite ‘’classique et moderne longue’’, encadrée par des professeurs certifiés ou agrégés ), la voie II ( dite ‘’moderne court’’ , encadrée par des maîtres de cours complémentaires rebaptisés PEGC ), la voie III ( dite ‘’transition – pratique’’, encadrée par des instituteurs ).

En 1975 la loi dite Haby crée le ‘’collège unique’’ ( en principe sans ‘’filières’’ ) dont les décrets d’application ne sortent qu’en 1976, et dont la mise en place effective ne commence guère qu’en 1977.

Huit ans après, en septembre 1985, la SOFRES repose la même question à un ‘’échantillon représentatif’’ d’enseignants. 42 % d’enseignants ( 6% de moins qu’en 1977 ) se prononcent pour la possibilité d’interruption de la scolarité à 14 ans, et 15% pour la repousser jusqu’à 18 ans ( 3% de plus qu’en 1977 ).

Par ailleurs, les grandes fédérations de syndicats d’enseignants ne manquent pas de réitérer, congrès après congrès, que l’objectif est de fixer l’âge de la fin de la scolarité obligatoire à 18 ans révolus.

In fine, on pourrait se demander quels seraient actuellement les taux respectifs de réponses à la question de la SOFRES. Mais le sondage n’a pas été renouvelé. Et si on ‘’sondait’’ les ‘’médiapartiens’’ ? Quel(s) bilan(s) tirent-ils de ces cinquante ans de scolarité obligatoire et de ses évolutions ?

PS : Enfin quelques réactions face à l’accord conclu avec le Vatican sur la collation des grades ; cf mes billets du 19 décembre ( ‘’Le chanoine Sarkozy a–t-il encore frappé ?’’) et du 23 décembre ( ‘’Silence assourdissant sur un accord historique avec le Vatican’’).

Dans sa ‘’Lettre Flash’’ du 29 décembre 2008 " Le SNESUP dénonce cet accord, qui non seulement remet en cause les fondements laïcs de la République mais accroît la concurrence et la marchandisation des diplômes. Il intervient avec force pour empêcher sa ratification parlementaire "

Par ailleurs Lionel Connet ( Président de la Conférence des Présidents d’université ) et Simone Bonnafous et Jacques Fontanille ( Vice-Pésidents ) viennent d’adresser une " Lettre ouverte au Président de la République " en mettant l’accent sur " trois dossiers sensibles qui risquent de mettre le feu aux poudres : la modification du décret de 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs, la formation des enseignants et l’accord du 18 décembre dernier entre la France et le Vatican sur la reconnaissance des diplômes nationaux ".

Ils déclarent notamment : " Quelle nécessité d’avoir ajouté cette clause provocatrice [ les diplômes canoniques n’étant pas les seuls visés, mais aussi les diplômes profanes ], qui constitue un précédent inacceptable, et qui ne peut que soulever les protestations de l’ensemble de la communauté universitaire, soucieuse de défendre les valeurs laïques et républicaines ? En outre, le biais retenu pour cette démarche est particulièrement incongru […] : ce type d’accord international, en effet, conduit à rappeler que chaque institut catholique est, de droit, une implantation universitaire étrangère qui serait, pour tout ce qui concerne le pilotage et l’accréditation des formations, une émanation directe du Vatican. Est-ce bien l’objectif fixé par la démarche ? ".

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