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Billet de blog 5 sept. 2016

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«Républicains»: en arrière toute, et même plus loin

Les mesures préconisées pour l'Ecole dans le cadre de la primaire de droite sont le plus souvent tout à fait significatives d'un contexte très régressif.

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Les « fondamentaux » : une place historiquement jamais atteinte

Bruno Le Maire voudrait « en revenir à 15 heures d'enseignement du français en primaire, contre 10 heures actuellement » ( RTL, 1er septembre ). Les indications des Instructions de 1923 montrent qu'en moyenne 14 heures (sur 30 heures d'enseignement hebdomadaires) étaient alors dévolues à l'enseignement du français dans l'élémentaire. Et 13 heures en moyenne (toujours sur 30 heures), à partir des Instructions de 1945. Actuellement, la part dévolue à l'enseignement du français (sur les 24 heures hebdomadaires d'enseignement) est pourtant déjà la part la plus élevée parmi les pays européens (selon la dernière étude d'Eurydice).

Le « Document d'orientation » du parti ''Les Républicains '' (proposé le 6 avril 2016 sous la houlette de son président, Nicolas Sarkozy) préconise « deux heures d'enseignement du français de plus par semaine », ce qui (joint aux « 10 heures actuelles ») donnerait la moitié des horaires d'enseignement de l'élémentaire au français, un record historique jamais atteint jusque là (sans compter la proposition maximaliste de Bruno Le Maire, 15 heures sur 24 heures hebdomadaires...)

François Fillon préconise, lui, de consacrer les « trois-quarts du temp» de classe dans le primaire à « l'apprentissage de la lecture, de l'écriture, du calcul, des grands personnages et des grandes dates de l'histoire de France ». En moyenne, selon les Instructions de 1945, 17 heures (sur 30 heures d'enseignement hebdomadaires) étaient dévolues au français et au calcul (soit 57%). Ensuite ces pourcentages ont oscillé entre 55% (le plus) et 50% (le moins, sous le ministère de François Bayrou) jusqu'à maintenant.

Les « passages empêchés », du jamais vu

Nicolas Sarkozy : « Un enfant en grande difficulté en fin de CP ne pourra être admis en CE1 car ce serait pour lui l'échec assuré » (quid : redoublement ''simple'' voire davantage, et quoi?)

Jean-François Copé a annoncé qu’il veut « défendre une idée forte : l’entrée au collège ne doit se faire que pour l’enfant qui maîtrise totalement les savoirs fondamentaux ». « Mon idée – ajoute-t-il – est de créer un examen de fin de CM2. Ce serait un examen de passage en sixième ». Mais que ferait-on de ceux qui échoueraient à cet examen ? Un examen d'entrée en sixième a certes déjà été institué, en 1933. Mais ceux qui échouaient à entrer dans le secondaire pouvaient continuer alors leurs études dans le primaire (jusqu'à 13 ans révolus, puis 14 ans révolus à partir de 1936 dans les classes de fin d'études). Cet examen d'entrée en sixième a été supprimé par l'arrêté du 23 novembre 1956 et la circulaire du 6 mars 1958.

François Fillon se prononce pour que l' « obtention du brevet soit une condition nécessaire pour le passage en classe de seconde » . Or cela na jamais existé dans le passé. Bien au contraire même, puisqu'en 1978 il a été décidé que le passage en seconde assurait automatiquement...l'obtention du brevet (jusqu'à ce que le brevet disparaisse lui-même momentanément en tant qu'examen de 1981 à 1986).

« Retour » aux devoirs dans le primaire

François Fillon : « Mettre fin à l'interdiction des devoirs à l'école élémentaire (devoirs faits à la maison ; possibilité de les faire à l'école pour ceux qui le souhaitent ) ». Certains peuvent s'étonner de cette annonce programmatique, compte tenu de certaines réalités tenaces effectives... Mais une circulaire du 29 décembre 1956 (jamais abrogée) a en effet édicté « la suppression des devoirs à la maison ou en étude », avec des attendus significatifs : « Six heures de classe bien employées constituent un maximum au-delà duquel un supplément de travail ne peut qu’apporter une fatigue préjudiciable à la santé physique et à l’équilibre nerveux des enfants. Enfin, le travail écrit, fait hors de la classe, hors de la présence du maître et dans des conditions matérielles et psychologiques souvent mauvaises, ne présente qu’un intérêt éducatif limité. En conséquence, aucun devoir écrit ne sera demandé aux élèves hors de la classe. Cette prescription a un caractère impératif ».

« L'apprentissage précoce »

Un grand thème récurrent de la droite. Le « Document d'orientation » proposé le 6 avril par le parti « Les Républicains »  indique qu' « il faut diversifier les parcours dans les collèges à partir de la classe de quatrième en développant une filière de préapprentissage ».

Dans son livre « Mes chemins pour l'Ecole », Alain Juppé écrit : « J'attends toujours que l'on m'explique ce que signifie ''mettre fin au collège unique'' et par quoi on le remplace. Est-ce à dire que l'orientation aujourd'hui en fin de collège serait avancée en sixième ou cinquième ? Certains nous expliqueront sans doute que c'est en orientant plus précocement encore les élèves que l'on revalorisera la filière professionnelle. Je ne partage pas cette analyse ».

A vrai dire, sur ce sujet, Alain Juppé est un ''repenti''. En octobre 1991, il se proposait de « casser le collège unique », la voie de l'apprentissage devant être ouverte « dès la quatrième» Et un nouveau repenti. Lorsqu'en mars 2001, Jean-Luc Mélenchon (alors ministre délégué de l'Enseignement professionnel) plaide publiquement pour des « classes de quatrième et troisième technologiques », on dit à l'Elysée que « Jean-Luc Mélenchon, qui défend des solutions proches de celles d'Alain Juppé, a le mérite de soulever avec justesse et franchise ce principe de réalité » ( « Le Monde » du 6 avril 2001).

Mais sur ce sujet, il est sans doute bien préférable d'être un « nouveau repenti » que d'avoir le zèle du « new born », comme Bruno Le Maire. Sur RTL, le 1er septembre, Bruno Le Maire a en effet déclaré qu'il « faut en finir avec le collège unique grâce à la mise en place d'heures d'options professionnelles dès la classe de sixième sur la base du libre choix. Il faut que les lycées professionnels, CFA et GRETA fusionnent et sortent du giron de l'Education nationale pour être placés sous la tutelle des Régions et permettre aux entreprises de participer ». Là encore, du jamais vu.

PS : J'allais oublier, car il suffit de regarder des photos de classe du passé pour s'en rendre compte : la ''blouse'', dans les écoles communales, n'a jamais été ni uniforme ni obligatoire.

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