Selon une étude de « Pisa à la loupe» qui vient de paraître, le temps consacré à faire les devoirs a diminué d'une heure par semaine de 2003 à 2012, passant d'environ six heures à cinq heures en moyenne dans les pays de l'OCDE.

C'est du moins ce qui résulte de l'étude effectuée à partir des déclarations faites par les élèves de 15 ans interrogés dans le cadre des enquêtes ''PISA'' de 2003 et 2012.

Selon cette même étude de « PISA à la loupe » qui a été publiée fin décembre 2014, les élèves issus de milieux socio-économiques favorisés consacrent 5,7 heures par semaine à leurs devoirs alors que ceux issus de milieux socio-économiques défavorisés n'y consacrent que 4,1 heures (en moyenne dans les pays de l'OCDE) soit une différence sensible de 1,6 heures par semaine.

Le temps que les élèves consacrent aux devoirs varie également en fonction du type d'établissement qu'ils fréquentent. Ainsi les élèves scolarisés dans un établissement dont l'effectif est majoritairement issu de milieux socio-économiques favorisés indiquent consacrer davantage de temps aux devoirs que les élèves scolarisés dans un établissement dont l'effectif des élèves est issu majoritairement de milieux socio-économiques défavorisés.

Or cette étude de « PISA à la loupe » montre que les élèves qui consacrent davantage de temps aux devoirs obtiennent en général de meilleurs scores aux évaluations PISA. Lorsqu'on compare des élèves issus de milieux socio-économiques similaires, ceux qui fréquentent un établissement où les élèves consacrent davantage de temps aux devoirs obtiennent de meilleurs résultats de façon patente en mathématiques que ceux qui fréquentent un établissement où les élèves consacrent moins de temps aux devoirs.

Le nombre d'heures consacrées par semaine aux devoirs varie aussi sensiblement selon les pays. A cet égard, les élèves de 15 ans français se situent actuellement à peu près dans la moyenne de l'OCDE : 5 heures par semaine (contre 4,9).

Mais il faut noter aussi que la diminution du temps passé à faire des devoirs a été nettement plus forte pour les élèves français que pour l'ensemble des élèves de l'OCDE : une baisse de 1,7 heures par semaine de 2003 à 2012 (contre une baisse moyenne de 1 heure pour l'ensemble des pays de l'OCDE) .

En tout état de cause, qu'il est loin le temps où la durée des études dépassait nettement celle des temps de classe (quatre heures de classes seulement par jour sous la troisième République, dans le secondaire ; et au moins cinq heures d'études quotidiennes). Un simple coup de projecteur dans le passé permet de prendre conscience d’un paradoxe qui devrait nous interpeller : la ‘’massification’’ du secondaire s’est accompagnée de la quasi disparition des études dirigées. Celles-ci constituaient pourtant un dispositif essentiel de l’enseignement secondaire sous les 3e et 4e Républiques.

Bien que l’enseignement secondaire ne s’adressât alors pour l’essentiel qu’à une petite élite socioculturelle (moins de 5% d’un classe d’âge sous la 3e République, moins de 10% sous la 4e), celui-ci comportait pourtant un fort dispositif d’études dirigées. Ces études étaient assurées par un corps de ‘’maîtres-répétiteurs’’ en direction non seulement des élèves internes, mais aussi des demi-pensionnaires et des externes. Et ce corps a disparu (ainsi que la quasi totalité du dispositif d’études dirigées) lors de la première vague de la ‘’massification ‘’de l’Ecole, qui a d’abord concerné le collège en début de la 5e République.

Le moins que l’on pourrait faire pour l’avenir, ce serait de s’interroger sur le paradoxe de cette évolution, et reconsidérer les temps respectifs des cours et des aides aux apprentissages ou aux ‘’devoirs’’ pour tous. Pour tous. Il ne saurait sans doute être question d’envisager la résurrection d’un corps de ‘’maîtres-répétiteurs, car il y a des modalités possibles d’organisation et d’intervention plus adaptées pour traiter ce problème. Mais il faut le traiter, et de front, si l’on veut une véritable démocratisation du secondaire. Cela peut même en être une pierre de touche.

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Tous les commentaires

Aucun problème, le nouveau statut des professeurs du secondaire décrété le 20 août 2014 par monsieur Hamon et rédigé par monsieur Peillon avec l'aval du Sgen, UNSA et le consentement du SNES, contient outre leur ancienne mission obligatoire d'enseignement, des missions obligatoires nouvelles en nature et nombre non précisés. Que monsieur Lelièvre aille explicitement au bout de sa suggestion : à partir de la rentrée 2015, les professeurs se chargeront de surveiller et faire répéter les devoirs des lycéens sur leur temps de travail désormais annualisé, cela sans heures supplémentaires à leur verser. 

Elle est pas belle la vie des professeurs taillables et corvéables à merci grâce à messieurs Chatel, Peillon, Hamon ?