Les baccalauréats des présidents de la cinquième République

A l'heure des résultats 2015, focus sur les présidents de la 5e République qui ont tous réussi le baccalauréat. Paradoxe : on en connaît beaucoup plus sur les quatre premiers que sur les trois derniers. Si certains pouvaient aider à compléter, ils seraient les bienvenus...

A l'heure des résultats 2015, focus sur les présidents de la 5e République qui ont tous réussi le baccalauréat. Paradoxe : on en connaît beaucoup plus sur les quatre premiers que sur les trois derniers. Si certains pouvaient aider à compléter, ils seraient les bienvenus...

Charles de Gaulle : bachelier à 17 ans, sérieux et appliqué

A vrai dire, il ne commence vraiment à s'appliquer qu'à partir de la classe de première qui se termine alors par la première partie du baccalauréat. Il la réussit avec un peu plus de 11 de moyenne. A l'écrit comme à l'oral, ses notes sont inégales : 14 en composition française mais 8 en version grecque ; à l'oral, 15 en géographie et 14 en explication française, mais 4 en sciences physiques.

L'année suivante, Charles de Gaulle obtient son baccalauréat en mathématiques élémentaires avec 11,5 de moyenne. A l'écrit, il a 15 en sciences mais seulement 8,5 en dissertation philosophique. A l'oral, il obtient plus que la moyenne en philosophie (11,5), mais sa note en sciences naturelles est médiocre (8). En revanche, ses résultats en sciences physiques ou en histoire-géographie sont brillants (14 et 15).

En 1907, 1% de cette classe d'âge a obtenu un baccalauréat général. Le taux de réussite des candidats est de l'ordre de 55%.

Georges Pompidou : facilités, désinvolture (voire tricherie)

En première, bien qu'il ait obtenu cette année-là le premier prix de version grecque au concours général, Georges Pompidou joue volontiers aux cartes en classe et doit se contenter de la mention « assez bien  » à la première partie du baccalauréat.

Sa classe de philosophie est mixte. Parmi les lycéennes se trouve une Parisienne venue se rattraper en province de son échec au baccalauréat de l’année précédente. « Georges Pompidou est violemment ému […]. Vient l’épreuve de philosophie. De son banc, à vingt mètres de lui, la Parisienne lance vers le brillant philosophe des regards désespérés. Sur une feuille de brouillon rose, il jette, d’une écriture serrée, des notions sur l’un des sujets, la roule en boule. Tout dépend maintenant d’un exercice balistique […]. La Parisienne obtient une note inattendue en philosophie. Georges, qui avait rédigé deux dissertations, l’une à son propre usage, l’autre pour elle, est reçu sans mention :'' j’ai eu juste deux heures pour traiter un autre sujet pour mon compte : pas de temps pour fignoler'' » (rapporté par Merry Bromberger, « Le Destin secret de Georges Pompidou », Fayard, 1969 ).

En 1928 1,8% de cette classe d'âge a obtenu un baccalauréat général.

Valéry Giscard d'Estaing : doublement bachelier à 16 ans

VGE décide de vraiment travailler à partir de la classe de première. Il obtient la première partie du baccalauréat avec la mention « bien » ratant de peu la mention « très bien » en raison d'une note moyenne inattendue en mathématiques et d'une mauvaise interrogation en physique. En revanche il a eu une chance insigne en version laine, déjà donnée dans l'année par son professeur de lettres classiques.

L'année suivante, VGE fait mieux encore puisqu'il obtient sans coup férir le baccalauréat de philosophie et celui de mathématiques élémentaires avec « mention » bien à l'un et à l'autre qui plus est.

En 1942 3,2% de cette classe d'âge a obtenu un baccalauréat général.

François Mitterrand : bachelier à 17 ans, mais traumatisé

Il rate l'oral de la première session de la première partie du baccalauréat en classe de première. « L’oral de mon premier bac hante encore parfois mes rêves. Je me vois face à l’examinateur, dans cette salle de la faculté des lettres de Poitiers, aux bonnes odeurs de poussière d’été. Les mots dansaient dans ma tête et restaient au niveau du larynx. Et le peu qui en sortait échappait aux normes grammaticales. Sale affaire. Cet examen, faute d’avoir émis un son clairement articulé, je ne cesse pas de le passer » ( « La paille et le grain », François Mitterrand ).

En 1934 2,6% de cette classe d'âge a obtenu un baccalauréat général.

Jacques Chirac: bachelier à 18 ans

Elève au prestigieux lycée Louis le Grand, Jacques Chirac obtient un baccalauréat de mathématiques élémentaires avec mention « assez bien ».

En 1950 5,4% de cette classe d'âge a obtenu un baccalauréat général. Le taux de réussite des candidats est de l'ordre de 60%.

Nicolas Sarkozy : bachelier à 18 ans (à l'oral de rattrapage)

Nicolas Sarkozy a obtenu 142 points sur 300 dans les épreuves initiales . Il a eu trois notes négatives (7 sur 20 à l'écrit de français, 8 sur 20 en mathématiques et 9 sur 20 en philosophie) et trois notes positives (10 sur 20 en anglais, 11 sur 20 en économie et 12 sur 20 à l'oral de français). Nicolas Sarkozy a finalement obtenu son baccalauréat en sciences économiques et sociales à l'issue de l'oral de rattrapage.

En 1973 19% de cette classe d'âge a obtenu un baccalauréat général. Le taux de réussite des candidats est de 67%.

François Hollande : bachelier à 18 ans (mais de quelle série?)

Elève au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine de 1969 à 1972, François Hollande aurait obtenu un baccalauréat avec mention assez bien. Mais dans quelle série ? Il semble qu'il aurait eu 13 sur 20 à l'épreuve écrite de philosophie. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.