Vous avez dit recrutement?

Si l’on en juge par ce qui vient de se passer pour le concours des professeurs des écoles, le manque d’attractivité pour le métier d’enseignant est net ; et le problème du recrutement ne doit pas être posé en lui-même (voire en exergue), mais au contraire dans une politique globale de revalorisation de la fonction enseignante, dans le cadre même d'une «refondation de l’Ecole».
Si l’on en juge par ce qui vient de se passer pour le concours des professeurs des écoles, le manque d’attractivité pour le métier d’enseignant est net ; et le problème du recrutement ne doit pas être posé en lui-même (voire en exergue), mais au contraire dans une politique globale de revalorisation de la fonction enseignante, dans le cadre même d'une «refondation de l’Ecole».
Le nombre de candidats qui se sont présentés fin septembre au concours 2012 de professeur des écoles (18734) est à peu près le même qu’à celui de 2011 (18136) , alors qu’il y avait pourtant nettement plus de postes ouverts à ce concours de 2012 (5000) qu’au concours de 2011 (3000).
Le nombre des inscrits a été également quasiment le même (41510 inscrits contre 41763 inscrits l’année dernière). On sait que le concours de 2011 avait déjà été à un étiage particulièrement bas si l’on songe à ce qu’il était en 2007 (année de l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy) où l’on en était à 99400 inscrits et 53120 présents.
La chute, qui avait été particulièrement forte au concours de 2011, avait été imputée par certains observateurs à un effet de ‘’transition’’ de la réforme de la formation des enseignants (sans compter le nombre historiquement bas des postes mis au concours : 3000). L’effet ‘’transition’’ n’est plus là cette année (l’année dernière, du fait de la ‘’mastérisation’’, les dates de concours avaient en effet changé pour s’articuler avec le ‘’master’’ que les futurs enseignants devaient désormais décrocher, si bien qu’il y avait eu en juin 2010 le concours 2010 pour les enseignants devant débuter à la rentrée ; et, immédiatement après, dès septembre 2010 l’épreuve d’admissibilité du concours 2011 des professeurs d’école). Par ailleurs, le nombre des postes mis au concours a augmenté cette année des deux tiers (5000 contre 3000). Rien n’y a fait : le nombre d’inscrits ainsi que celui de présents à l’épreuve d’admissibilité du concours des professeurs d’école est resté le même.
Il y a de quoi avoir quelque inquiétude pour le recrutement et sa qualité dans l’avenir. Surtout si l’on met fin (à juste titre) au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite dans le domaine scolaire, et que l’on envisage (non moins à juste titre) de (re)créer en plus des postes d’enseignants , notamment dans le primaire (qui connaît un taux d’encadrement moindre que celui de la moyenne des pays de l’OCDE, celui du secondaire atteignant tout juste la moyenne).
La perte d’attractivité semble en effet durable si l’on prend au sérieux ces chiffres, et on le doit. Et l’on voit mieux ainsi à quel point la question du recrutement ne saurait être en elle-même l’alpha et l’oméga d’une politique scolaire de gauche. Tout cela ne peut être traité que dans le cadre plus général des différentes modalités de revalorisation de la fonction enseignante, et même d’une « refondation de l’Ecole » tant la crise scolaire est forte, la crise de confiance d’abord.

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