Les lycéens ont participé de longue date aux grands évènements politiques

Dès la première moitié du XIXème siècle, les lycéens ont participé à des moments politique extra-ordinaires (alors même qu'ils étaient dans des ''lycées-casernes'', où dominaient l'internat et une discipline ''militaire'', avec peu de communication avec l'extérieur). Alors, a fortiori actuellement, il ne saurait y avoir une muraille de Chine entre eux et une situation politique extra-ordinaire.

En 1830, des ''collégiens'' (les ''lycées'' ont été rebaptisés ''collège royaux'' sous la Restauration) participent aux journées qui ont renversé Charles X ( les ''trois Glorieuses'')

L'historien André Courtin affirme que le 24 février 1848 marque l'apparition du lycéen comme "nouveau personnage révolutionnaire": "il faut dire que des barricades s'élèvent sous leurs fenêtres et que les émeutiers les appellent à la révolte [...]. A Saint-Louis, à Henri IV, à Bonaparte, les élèves refusent d'assister aux cours et font le mur" ( ''Huit siècles de violence au quartier latin", Stock, 1969)

L'un des leurs - Henri Dabot - écrit à ses parents le 20 mars 1848: "Les proviseurs doivent filer doux en ce moment. Dans un club, on a demandé la déposition du citoyen Rinn, proviseur de Louis-le Grand, parce qu'il a le 24 février, empêché de faire des barricades devant la porte du collège".

On peut aussi lire dans l'ouvrage de Jules Vallès, le témoignage de sa participation enthousiaste à ces mouvements ("La Rue"- 1866; réédité par les "Editeurs français réunis''' en 1969)

L'historienne Agnès Thiercé, souligne que "des revendications politiques s'expriment alors: les 6 et 13 avril 1848, les lycéens de Paris et de Versailles, reçus en délégation par le gouvernement provisoire, demandent à faire l'exercice militaire et à entendre lire Le Moniteur pendant les repas; ceux de Louis-le-Grand que leur lycée devienne le Lycée National, afin que son nom soit celui d'un grand principe plutôt que celui d'un homme. En mars 1848, l'inspecteur d'académie signale au recteur la sagesse des grands élèves mais l'agitation des moyens qui réclament le droit de lire les journaux. Ceux du lycée Monge ajoutent à cette revendication celle de pouvoir fumer, de sortir tous les dimanches et de bénéficier de la distribution de fusils: d'abord affichées sur les murs du lycée, ces réclamations sont ensuite adressées au ministre" ("Révoltes de lycéens au XIXème siècle'' in Histoire de l'éducation, janvier 2001)

Gabriel Tarde, pour conclure, parle à propos de la participation des adolescents aux révolutions politiques de l'''éphébocratie des foules'' ( "L'Opinion de la foule", 1901)

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