Comment en finir avec le « diplôme national du brevet »?

Au fil des années, le « diplôme national du brevet » est devenu un ''mille-feuille'' dont la disparition est à l'ordre du jour si l'on en juge par les rumeurs sur ce qui est actuellement envisagé par le Conseil supérieur des programmes qui devrait rendre sa copie dans les jours qui viennent.

Au fil des années, le « diplôme national du brevet » est devenu un ''mille-feuille'' dont la disparition est à l'ordre du jour si l'on en juge par les rumeurs sur ce qui est actuellement envisagé par le Conseil supérieur des programmes qui devrait rendre sa copie dans les jours qui viennent.

En 1978, il avait été décidé que les élèves ayant fait l’objet d’une orientation vers le second cycle de l’enseignement secondaire n’avaient pas besoin de passer les épreuves du brevet pour l’obtenir. Et à partir de 1981, le diplôme - désormais intitulé « brevet des collèges » - avait été attribué sans examen, au vu des seuls résultats scolaires.

Mais en 1986, un « examen écrit » (en mathématiques, français, histoire-géographie-éducation civique) a été réintroduit par le ministre de l’Education Jean-Pierre Chevènement avec le triple objectif annoncé de « revaloriser le diplôme », de « motiver » davantage les élèves, et de les « préparer » à aborder des examens ultérieurement. Lors de sa première mouture, le taux de reçus n'a pas dépassé 49% ( il a atteint 83% l'année dernière).

 

En 1988, pour l’essentiel sur cette base, le « diplôme national du brevet » est créé avec trois séries (collège, technologiques et professionnelles). En 2001, prise en compte d’options facultatives. En 2006, s’ajoute l’option « découverte professionnelle ». En 2007, ajout de la note de vie scolaire ; le « contrôle continu » ne porte que sur les notes de troisième et le sujet du brevet devient national (auparavant, il y avait des sujets différents par académie ; ils sont désormais nationaux, mais les barèmes de correction restent définis localement). En 2008, l’obtention du brevet est aussi conditionnée par celle du Brevet informatique et internet (B2I) et du niveau A2 (du Cadre européen de références pour les langues) dans une langue vivante. En 2010, une nouvelle épreuve est ajoutée : l’histoire de l’art..

 

Depuis 2011, « l’attestation de maîtrise des connaissances et descompétences du socle commun au palier 3 » (qui correspond à la fin de la classe de troisième) est obligatoire...Fermons le ban !

 

Lors de la consultation de l'été 2012 ayant précédé le vote de la loi sur la « Refondation de l'Ecole », le rapport du Groupe 1 sur la « redéfinition du socle commun » est parti des considérations suivantes pour indiquer quelques pistes d'avenir possibles

« Les participants, partis du constat du caractère très problématique de la situation actuelle de mise en œuvre du ''Livret personnel de compétences'', mais aussi d’évocations très sévères du poids et des pratiques d’évaluation ayant cours en collège, s’agissant de l’évaluation continue aussi bien que de l’examen actuel conduisant au ''diplôme national du brevet'' (DNB), ont par-dessus tout dénoncé les incohérences de l’ensemble.

 

Les participants, estimant nécessaire d’une part que le socle commun débouche sur une validation à valeur certificative, d’autre part de garder des épreuves externes à l’établissement (nationales ou non), à la fois facteur de cohérence et participant de l’aspect « commun à tous » du socle, ont fait des propositions qui, pour diversifiées qu’elles furent, reposent toutes sur l’idée qu’en tout état de cause la certification terminale doit suivre les mêmes principes que l’évaluation en cours de scolarité .

 

Plusieurs propositions ont été faites allant en faveur d’une évaluation qui témoignerait plus finement de la réalité des acquis des élèves à l’issue de la scolarité obligatoire :

 

  • Faut-il maintenir « un » brevet, assimilé à l’atteinte du socle, mais dont le singulier signifie bien qu’on en compense les différents éléments, à moins de le rendre inaccessible, ou bien ne peut-on, comme c’est le cas par exemple outre Manche, estimer que l’élève valide « des » brevets, le cas échéant pas au même niveau, sous une forme semblable à des unités capitalisables ?

  • Peut-on imaginer à la fois des situations d’évaluation externes en cours de scolarité, mais organisées quand chaque établissement en décide, et des épreuves riches de fin de scolarité, par grand champ culturel, à dimension individuelle mais aussi collective ?

  • L’acquisition des compétences en cours de scolarité semble plus intéressante que l’accumulation de notes et de moyennes, un livret devant dès lors d’abord être un instrument permettant aux élèves et aux familles de suivre des progressions jusqu’au moment de la validation des compétences.

 

A suivre...

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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