claude lelièvre
Historien de l'éducation
Abonné·e de Mediapart

750 Billets

1 Éditions

Billet de blog 10 avr. 2014

claude lelièvre
Historien de l'éducation
Abonné·e de Mediapart

Fioraso sur la balançoire

On aurait tort de penser que François Hollande a manqué d'inventivité dans la composition du nouveau gouvernement car, dans le jeu des '“ chaises musicales ”', il a fait preuve d'une indéniable virtuosité dans la figure de la valse inversée en nommant Geneviève Fioraso « secrétaire d'Etat à l'enseignement supérieur et à la recherche » alors qu'elle avait été « ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche » du 16 mai 2012 au 31 mars 2014.

claude lelièvre
Historien de l'éducation
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

On aurait tort de penser que François Hollande a manqué d'inventivité dans la composition du nouveau gouvernement car, dans le jeu des '“ chaises musicales ”', il a fait preuve d'une indéniable virtuosité dans la figure de la valse inversée en nommant Geneviève Fioraso « secrétaire d'Etat à l'enseignement supérieur et à la recherche » alors qu'elle avait été « ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche » du 16 mai 2012 au 31 mars 2014.

Juste à l'inverse de ce qui s'était passé pour la première « ministre des universités » - à savoir Alice Saunier-Seïté – nommée à cette responsabilité par Valéry Giscard d'Estaing le 10 janvier 1978 après avoir été « secrétaire d'Etat aux universités » du 12 janvier 1976 au 9 janvier 1978. On n'arrête pas le progrès.

Le premier « secrétaire d'Etat aux Universités » de la cinquième République avait été un homme, Jean-Pierre Soisson, nommé par VGE le 8 juin 1974, à qui avait succédé le 12 janvier 1976 une femme Alice Saunier-Seïté, d'abord « secrétaire d'Etat » puis « ministre » ( et donc le premier ministre de ''plein exercice'' de l'enseignement supérieur du 10 janvier 1978 au 13 mai 1981).

Les moments où les enseignements supérieurs ont échappé à l’autorité du ministre de l’Education nationale et ont été confiés à un ministère de plein exercice ont été en effet à la fois plutôt tardifs et plutôt sporadiques sur l’ensemble de la Cinquième République : trois ans d’avril 1978 à mai 1981 avec Saunier-Seïté ; deux ans d’avril 1993 à mai 1995 avec François Fillon ; sept ans de mai 2007 à avril 2014, avec Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez , puis Geneviève Fioraso ). Soit pas plus de 12 ans en tout sur 56 ans de Cinquième République en trois temps : ce qui fait 44 ans où l’autorité du ministre de l’Education nationale s’est étendue aux enseignements supérieurs.

On notera aussi pour mémoire Roger Schwartzenberg (secrétaire d'Etat chargé des universités de juillet 1984 à mars 1986), Alain Devaquet (ministre délégué, chargé de la Recherche et de l'Enseignement supérieur de mars 1986 à décembre 1986), Jacques Valade (ministre délégué, chargé de la Recherche et de l'Enseignement supérieur de janvier 1987 à mai 1988), Hubert Curien (ministre délégué, chargé de la Recherche de mai 1988 à juin 1988), Jean Gueheneuc de Boishue (secrétaire d'Etat, chargé de l'enseignement supérieur de mai 1995 à novembre 1995), Elisabeth Dufourcq (secrétaire d'Etat, chargée de la Recherche de mai 1995 à novembre 1995), François d'Aubert (secrétaire d'Etat, chargé de la recherche de novembre 1995 à juin 1997), François Loos (ministre délégué à la Recherche et à l'Enseignement supérieur de mai 2002 à juin 2002) Claudie Haigneré (ministre déléguée à la Recherche et aux nouvelles technologies de juin 2002 à mars 2004), , François d'Aubert (ministre délégué à la Recherche et aux Nouvelles technologies de mars 2004 à juin 2005), François Goulard ( ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche de juin 2005 à mai 2007).

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Corruption
Qatar-Sarkozy : les nouvelles liaisons dangereuses
Un rapport de la police anticorruption montre que Nicolas Sarkozy aurait fait financer a posteriori par le Qatar, en 2011, des prestations de communication réalisées par le publicitaire François de La Brosse pour sa campagne électorale de 2007, puis pour l’Élysée. Aucune d’entre elles n’avait été facturée.
par Fabrice Arfi et Yann Philippin
Journal — Justice
Ce double condamné que Macron envoie représenter la France
À la demande d’Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy a représenté la France, mardi 27 septembre, aux obsèques de l’ancien premier ministre japonais. Le fait que Nicolas Sarkozy ait été condamné deux fois par la justice, notamment pour « corruption », et soit lourdement mis en examen dans l’affaire libyenne, notamment pour « association de malfaiteurs », ne change rien pour l’Élysée.
par Fabrice Arfi et Ilyes Ramdani
Journal
Crise de l’énergie : sans « compensation » de l’État, le scolaire et l’université en surchauffe
Pour affronter la flambée des prix de l’énergie dans tout le bâti scolaire et les établissements d’enseignement supérieur, collectivités et présidents d’université s’arrachent les cheveux. Le projet de loi de finances 2023 est cependant bien peu disert sur de possibles compensations de l’État et écarte l’hypothèse d’un bouclier tarifaire. En réponse, économies, bricolage ou carrément fermeture des établissements d’éducation.
par Mathilde Goanec
Journal
« Il faut aider les Russes qui fuient, qui s’opposent »
Alors que Vladimir Poutine a lancé la Russie dans une fuite en avant en annonçant la mobilisation partielle des réservistes, et des référendums dans les régions ukrainiennes occupées, quelle réaction de la société civile, en Russie ou en exil ? La chercheuse Anna Colin Lebedev et trois exilées qui ont quitté le pays depuis l’invasion de l’Ukraine sont sur notre plateau.
par À l’air libre

La sélection du Club

Billet de blog
Giorgia Meloni et ses post-fascistes Italiens au pouvoir !
À l’opposé de ce qui est arrivé aux autres « messies » (Salvini, Grillo…), Giorgia Meloni et ses Fratelli d’Italia semblent - malheureusement - bien armés pour durer. La situation est donc grave et la menace terrible.
par yorgos mitralias
Billet de blog
Italie, les résultats des élections : triomphe de la droite néofasciste
Une élection marquée par une forte abstention : Le néofasciste FDI-Meloni rafle le gros de l’électorat de Salvini et de Berlusconi pour une large majorité parlementaire des droites. Il est Probable que les droites auront du mal à gouverner, nous pourrions alors avoir une coalition droites et ex-gauche. Analyse des résultats.
par salvatore palidda
Billet de blog
Trop c’est trop
À tous ceux qui s’étonnent de la montée de l’extrême droite en Europe, il faudrait peut-être rappeler qu’elle ne descend pas du ciel.
par Michel Koutouzis
Billet de blog
Interroger le résultat des législatives italiennes à travers le regard d'auteur·rices
À quelques jours du centenaire de l'arrivée au pouvoir de Mussolini, Giorgia Meloni arrive aux portes de la présidence du Conseil italien. Parfois l'Histoire à de drôles de manières de se rappeler à nous... Nous vous proposons une plongée dans la société italienne et son rapport conflictuel au fascisme en trois films, dont Grano Amaro, un film soutenu par Tënk et Médiapart.
par Tënk