Le «trou noir» de l'Education Nationale a un nom, mais le mystère perdure. B. Macron?

Thierry Coulhon, qui avait été nommé «conseiller enseignement supérieur, recherche et innovation» auprès du président de la République il y a trois mois déjà, vient de se voir attribuer en plus le périmètre du ministère de l'Education Nationale après trois mois d'errance et de vacance. Mais le mystère perdure.

Cette absence (totalement inédite sous la cinquième République) d'un conseiller ''éducation'' pendant près de trois mois, et le mode de résolution non moins inédit de cette anomalie (l'extension du périmètre du conseiller ''à l'enseignement supérieur et à la recherche'' au domaine proprement dit de l'Education nationale) ne manque pas de surprendre.

Le moment même où cela se produit (simple ''coïncidence'' ou ''rencontre significative''?) interpelle : à savoir le ''changement de pied'' intervenu à propos du ''statut de première dame'' initialement envisagé pour l'épouse du Chef de l'Etat, Brigitte Macron.

Dans mon billet du 20 juin dernier (« Le ''trou noir'' du cabinet élyséen ») j'avais signalé que Brigitte Macron avait déclaré dès novembre 2016 dans « Paris Match » que son « combat serait sur l'éducation afin d'offrir aux jeunes autre chose que des cages d'escalier. Si on les abandonne au bord du chemin cela explosera » ;et que six mois plus tard, dans le même journal, elle avait soutenu que « si Emmanuel Macron était élu, elle s'impliquerait dans l'univers féminin et social, l'éducation, le handicap, la culture ». J'avais conclu que  « ces considérations donnaient plutôt du crédit à une certaine prise en compte effective imminente de cela pour expliquer le mystère du ''trou noir'' ». Et j'avais ajouté qu' « il serait temps d'en sortir et de paraître en pleine lumière ».

Mardi dernier, après les turbulences que l'on sait, l'entourage de Brigitte Macron a déclaré que l'Elysée publiera fin août-début septembre une « communication » sur le « rôle public » de l'épouse du président de la République en indiquant qu'elle pourrait embrasser « plusieurs causes » mais avec pour « fil directeur l'éducation et l'intégration des différences dans la société »

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a déclaré dans une interview parue dans le JDD du 23 juillet : « Je perçois Brigitte Macron comme la prof idéale ». Une flagornerie toute bête ? Ou bien la révélation impromptue de ce qu'est l'archétype bien particulier du ''professeur idéal'' pour le nouveau ministre de l'Education nationale (Brigitte Macron a en effet accompli l'essentiel de sa carrière d'enseignante de lettres classiques dans deux établissements bien particuliers : les lycées privés sous contrat jésuites de « La Providence » à Amiens et de « Saint -Louis de Gonzague » à Paris) ? Chacun jugera (étant entendu que les ex-collègues approchés de Brigitte Macron s'accordent à dire qu'elle a été une collègue d'un abord facile, fort investie dans son métier de professeur)

Le ''nominé'' Thierry Coulhon a été président de l'université de Cergy-Pontoise de 2004 à 2008, vice-président du bureau de la Conférence des présidents d'université de 2006 à 2008, conseiller spécial au sein du cabinet de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, en 2008, puis directeur adjoint de son cabinet de 2009 à 2010 avant d'avoir la responsabilité du programme des centres d'excellence du Commissaire général à l'investissement.

Comme l'a écrit Gurvan Le Guellec dans son article publié le 3 août sur tempsreel.nouvelobs.com où il annonçait l'extension des attributions du conseiller à l'Elysée : « Thierry Coulhon passe pour un excellent connaisseur du monde universitaire […] mais son intérêt pour le primaire et le secondaire semble assez neuf »...

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