«Rythmes» et «territorialisation»

De nombreuses organisations syndicales ou proches de l’Ecole ont pris des positions communes à propos de  ce sujet (controversé) dans le cadre de l’Appel de Bobigny.

De nombreuses organisations syndicales ou proches de l’Ecole ont pris des positions communes à propos de  ce sujet (controversé) dans le cadre de l’Appel de Bobigny.

En octobre 2010  se sont en effet exprimés ensemble – dans le cadre de cet Appel - des syndicats (à savoir quatre grandes centrales syndicales : la CGT ; la CFDT avec le SGEN–CFDT et la FEP-CFDT ; l’UNSA avec l’UNSA-éducation, le SE-Unsa et le SEP-Unsa ; la FSU, avec le SNUipp, le SNES, le SNEP et le SNUEP-FSU) ; la première fédération de parents d’élèves (la FCPE) ; la quasi totalité des associations d’éducation populaire et complémentaires de l’enseignement (dont notamment la Ligue de l’enseignement, Prisme , ATD Quart Monde), des mouvements pédagogiques ( ICEM, CRAP, GFEN…), les 80 villes du Réseau français des grandes villes éducatrices, l’ANDEV etc.. Et un an plus tard, cette démarche a été confirmée et précisée (cf mes billets du 2 novembre 2011 et du 6 octobre 2010).

En ces temps difficiles, troublés (voire troubles), il n’est sans doute pas inutile de rappeler quels ont été les engagements communs dûment signés par les uns et par les autres dans le cadre de cet Appel  car ils forment un ‘’cadre’’  (exigeant) de nature à ‘’recadrer le débat’’ (même s’ils peuvent dans une certaine mesure être interprétés et déclinés de façons quelque peu différentes, mais sans plus).

Point 7 . Pour améliorer les rythmes de vie et de travail des enfants et des jeunes, très rapidement il faut un cadre national, décliné dans les projets éducatifs de territoire et les projets éducatif d’établissement. Il doit prendre en compte les préconisations de l’Académie de médecine à propos de l’école primaire. Il faut donc alléger la journée et adapter le travail scolaire aux temps favorables aux apprentissages, alterner et équilibrer dans la journée les différentes formes de regroupement, les différentes activités et disciplines, les formes de travail, garantir la pause méridienne, refuser la semaine actuelle de 4 jours et prioriser un rythme annuel alternant 7 semaines scolaires et 2 semaines complètes de vacances intermédiaires, définir un volume annuel d’heures d’enseignement. Ce cadre national doit préconiser l’articulation des temps éducatifs et sociaux, leur mise en cohérence et la coopération éducative de tous. La conférence nationale sur les rythmes, convoquée par le Ministère à l’initiative de partenaires des Assises, doit commencer par acter ce cadre national pour ne pas reporter les premières décisions. Elle doit permettre ensuite de travailler avec tous les acteurs concernés pour dépasser les conflits d’intérêts et définir les moyens de sa mise en oeuvre.

Point 10 . L’École est une institution de la  République à la base du système éducatif et du Vivre ensemble et joue un rôle irremplaçable dans l’éducation formelle. Ses missions doivent être confortées dans le cadre d’un service public amélioré. Mais, elle ne peut pas tout faire et tout compenser. L’éducation et l’accès aux connaissances se jouent aussi en dehors de l’École. Il faut donc assurer la cohérence éducative entre tous les acteurs, y compris les parents, concernés par cette dynamique co-éducative. C’est pourquoi nous soutenons l’incitation au développement et la reconnaissance nationale par la loi des projets éducatifs de territoire, souples, coordonnés le plus souvent par la commune ou l’intercommunalité selon leur taille et leur capacité à mobiliser les ressources éducatives du territoire et tous les acteurs. Ils doivent s’articuler avec les projets des établissements et fonctionner sur la base d’un diagnostic partagé, de la coproduction du projet et de son évaluation régulière. Un fonds national de soutien et de péréquation, accompagné par la CNAF pour les temps “péri scolaires ” et “extra scolaires”, doit soutenir ce développement.

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