En tête du mouvement des infiniment petits contre une rentrée scolaire avant le 1er septembre, on peut citer le SNALC qui a d'ores et déjà déposé ''l'arme nucléaire'' d'un préavis de grève pour le vendredi 28 et le lundi 31 août 2015.

Une histoire à répétition programmée. Il avait été prévu que pour 2014 la rentrée des élèves aurait lieu le 1er septembre et la prérentrée des enseignants le vendredi 29 août ; et qu'en 2015, ce serait le vendredi 28 août pour les enseignants et le 31 août pour les élèves, et en 2016 le 31 août pour les professeurs et le 1er septembre pour les élèves. Comme l'avait très bien dit alors « Le Café pédagogique », le calendrier publié au Journal officiel du 24 janvier 2014 franchissait "un Rubicon administratif en grignotant de façon symbolique le mois d'août » .

Mais ce calendrier scolaire a été rejeté pour diverses raisons par la communauté éducative lors d'un vote consultatif au Conseil supérieur de l'éducation. Le syndicat le plus important de l'enseignement secondaire, le SNES, a engagé une mobilisation en mettant particulièrement en avant l'argument que la prérentrée fixée le dernier vendredi du mois d'août revenait à mettre en péril la dernière semaine de vacances des enseignants. Finalement, les dates prévues ont été retirées et la prérentrée des enseignants fixée au lundi 1er septembre 2014 par le ministre de l'Education nationale alors en poste, Benoît Hamon.

Il y avait pourtant eu une sorte de précédent à la rentrée 2000 sans qu'il y ait eu des réactions qui mettent finalement en cause les dates décidées : une prérentrée des enseignants fixée le vendredi 1er septembre 2000 et une rentrée des élèves le mardi 5 septembre 2000. Cela touchait pourtant de la même façon la dernière semaine de vacances des enseignants (et cela alors même que la pré-rentrée des enseignants aurait pu avoir lieu le lundi 4 septembre .. .). Mais on n'avait pas franchi « le Rubicon administratif en grignotant de façon symbolique le mois d'août ».

Finalement, depuis une quinzaine d'années, la pré-rentrée des enseignants a eu lieu 9 fois le 1er septembre, 3 fois le 2 septembre (en 2022, 2011 et 2013) et 3 fois le 3 septembre (en 2001, 2007, et 2012).

Et cela a été l'aboutissement d'une longue histoire qui ne risque guère d'être remise en cause, même si elle peut (et même doit, notamment en raison du nouveau découpage des régions) être réaménagée (comme l'a souligné récemment à juste titre la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem). C'est d'ailleurs dans ce cadre général que devrait être trouvée une solution réellement fixe aux dates de rentrée ( et ''pré-rentrées'') scolaires.

Au début du XIX° siècle, les ‘’grandes vacances’’ de l’enseignement secondaire allaient du 15 août au 1er octobre.

A partir de l’établissement de la troisième République, les ‘’grandes vacances’’ vont débuter de plus en plus tôt dans l’année (et durer plus longtemps), toujours jusqu'au 1er octobre. En 1875, il est décidé qu’elles commenceront désormais le 9 août ; puis, à partir de 1891, du 1er août. En 1912, le début des ‘’grandes vacances’’ est avancé au 14 juillet ; mais elles durent toujours jusqu’au 1er octobre.

En 1959, les grandes vacances sont déplacées dans leur ensemble de deux semaines : elles commencent plus tôt (le 1er juillet) et finissent plus tôt (vers la mi-septembre). Comme le premier trimestre s’est du coup allongé, il est décidé que 4 jours seront libérés à la Toussaint pour qu’il y ait une ‘’petite coupure’’.

Les ''vacances d'hiver'', qui ne duraient que 5 jours jusqu'à 1967 sont portées à au moins dix jours à partir de 1968. Les ''grandes vacances'' sont raccourcies d'autant. Processus qui continue ensuite avec un étoffement progressif des vacance de la Toussaint. Ce qui entraîne, en plusieurs étapes, une avancée de la date de rentrée scolaire, jusqu'aux tout premiers jours de septembre.

 

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