Le pape et les éducations sexuelles ou civiques

Benoît XVI vient de s’en prendre aux «cours d’éducation sexuelle ou civique véhiculant des conceptions de la personne et de la vie qui reflètent une anthropologie contraire à la foi et à la juste raison imposés aux enfants dans certains pays européens».

Benoît XVI vient de s’en prendre aux «cours d’éducation sexuelle ou civique véhiculant des conceptions de la personne et de la vie qui reflètent une anthropologie contraire à la foi et à la juste raison imposés aux enfants dans certains pays européens».

 

 

Appelant au " respect de la liberté religieuse ", le pape a dénoncé des " menaces contre [ son ] plein exercice " en Occident, citant sans plus de précision " des pays dans lesquels on accorde une grande importance au pluralisme et à la tolérance, mais où la religion subit une croissante  L’éducation sexuelle doit aujourd’hui intégrer les questions liées à la lutte contre le sexisme et contre l’homophobie, et permettre de mieux prendre en compte les attentes des jeunes, avec leurs différences ".

Ségolène Royale, alors qu’elle était ministre déléguée à la Famille et à l’enfance, avait nettement anticipé sur cette orientation, et avait présenté elle-même devant le Conseil supérieur de l’éducation sexuelle - en mai 2000 - la " mallette pédagogique sur l’éducation à la sexualité et à la vie " qui a été diffusée à partir de septembre 2000 dans les lycées et les collèges ( une mallette composée de fiches explicatives sur différents thèmes : prévention des maladies sexuellement transmissibles et des grossesses non désirées, lutte contre le sexisme et l’homophobie, sensibilisation contre les violences sexuelles et la maltraitance ).

 

En phase avec les récents propos du pape, et en réaction au nouveau contexte qui a vu l’éducation sexuelle ( une certaine éducation sexuelle ) devenir obligatoire en France , l’enseignement catholique français s’est doté il y a peu d’un ‘’guide’’ en la matière ( cf mes billets du 5 mai et du 11 mai 2010 ).

L’orientation de ce texte sur l’éducation sexuelle qui a été publié par la direction de l’enseignement catholique au milieu de l’année dernière est clairement revendiquée comme lui étant ‘’propre’’ : " Le projet spécifique de l’Enseignement catholique – est-il dit - réfère l’éducation sexuelle à une vision chrétienne de l’anthropologie ". C’est particulièrement patent pour ce qui concerne la question redoutable et redoutée de l’homosexualité. Même s’il est dit qu’il ne s’agit pas de " conduire à porter de jugement sur les personnes homosexuelles ", la direction éducative proposée est toute tendue vers l’ " affirmation anthropologique structurante de la différence sexuelle ". Le texte s’en prend à " un courant récent - la ‘’gender theory’’ – qui manifeste un déni de la différence corporelle et psychologique qui préexiste aux rôles culturels ". Il conviendrait donc de libérer les jeunes d’influences ‘’contre-nature’’.

 

Reste ( entre autres ) à savoir si ces ‘’rappels à l’ordre’’ du pape, ainsi que le texte sur l’éducation sexuelle publié par la direction de l’enseignement catholique ( qui ne manque pas de " référer l’éducation sexuelle à une vision chrétienne de l’anthropologie " conformément aux injonctions de Benoît XVI ), sont compatibles avec la lettre et l’esprit du ‘’compromis historique’’ de la loi Debré ( pour les établissements catholiques sous contrat, c'est à dire l'immense majorité ).

 

 

 

 

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