L'enseignement public professionnel à la casse?

La quasi totalité des syndicats de ce secteur vient de dénoncer dans un communiqué commun «la casse organisée de l'enseignement professionnel sous statut scolaire». Et l'intersyndicale CGT Educ'action, Snuep-FSU, Snetap-FSU, Sud Education, Sncl-FAEN, Se-UNSA, Snetaa-FO, Sgen-Cfdt « exige que soit réaffirmée la priorité à un enseignement public, initial, laïque et sous statut scolaire».
La quasi totalité des syndicats de ce secteur vient de dénoncer dans un communiqué commun «la casse organisée de l'enseignement professionnel sous statut scolaire». Et l'intersyndicale CGT Educ'action, Snuep-FSU, Snetap-FSU, Sud Education, Sncl-FAEN, Se-UNSA, Snetaa-FO, Sgen-Cfdt « exige que soit réaffirmée la priorité à un enseignement public, initial, laïque et sous statut scolaire».
L'intersyndicale s'oppose « à la priorité politique affichée de développer exclusivement l'apprentissage » et « à une mixité contrainte des publics et des parcours, ainsi qu'à tout transfert des compétences de l'Etat en matière de diplômes nationaux, de programmes et de conditions de recrutement des personnels de l'enseignement professionnel public sous statut scolaire vers les régions ».
L'intersyndicale souligne que les objectifs que se sont fixés l'Etat et les régions en matière de formation par apprentissage « ne sont pas atteints », et elle déplore les nombreuses difficultés persistantes : « difficultés tant structurelles que conjoncturelles à trouver un employeur ; discriminations sexuelle, sociale, raciste, ruptures de contrat, etc.. ».
On peut noter que, selon un récent colloque international pluridisciplinaire tenu à Albi début décembre ( « L'apprentissage : vecteur d'insertion et égalité des chances ? Ce qu'en disent les chercheurs » ), « l'apprentissage n'apparaît pas comme une véritable alternative au milieu scolaire ; mais, au contraire, reproduit les hiérarchies bien plus que l'école ». Selon la sociologue Prisca Kergoat qui a clôturé ce colloque, « les réformes récentes de l'apprentissage ne peuvent être dissociées d'un désengagement de l'Etat et d'une dérégulation. Elles ont contribué à segmenter les formations d'apprentis et à dévaloriser les lycées professionnels. Ces politiques n'atteignent pas leurs objectifs proclamés, car elles conduisent à valoriser les publics qui en ont le moins besoin ». Pour finir, la sociologue Prisca Kergoat constate par ailleurs que cette « formation professionnelle est un lieu privilégié pour observer la reproduction des normes de genre, car l'apprentissage s'adosse à des pratiques fortement genrées ». Mais qui s'en soucie vraiment ?

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