Le Grand oral et les postures de l'imposture: debout ou assis?

Le Grand Oral annoncé à grand fracas en son temps lors de la présentation du nouveau baccalauréat n'ayant pas trouvé une mise en place ad hoc de sa préparation effective est revu à la baisse. Mais pour détourner les regards, le ministre met en avant une mise en scène posturale bouleversifiante : debout et/ou assis?

Le pire est que cela marche. Et nombre de journalistes ou de commentateurs emboîtent le pas.

Une note de service en date du 13 février vient de détailler l'organisation du ''Grand oral''. Le jury commence par désigner l'une des deux ''questions'' préparées pendant l'année. Ces questions choisies par l'élève plusieurs mois avant l'épreuve du baccalauréat doivent être ''adossées'' à l'une ou l'autre de ses deux matières de spécialité (ou de ces deux matières de façon transversale). Le candidat dispose de vingt minutes pour préparer sa réponse.

L'épreuve du grand oral se déroule ensuite en trois temps. Pendant cinq minutes, l'élève présente son exposé "debout'' et ''sans note''. Puis suivent dix minutes d'échanges avec le jury, durant lesquelles il est demandé à l'élève de "préciser ' et "approfondir sa pensée''. Il peut être interrogé sur ''toute partie du programme '' de ses enseignements de spécialité de manière à ''évaluer la solidité de ses connaissances''. Enfin, une troisième séquence de cinq minutes est consacrée à un échange sur le projet d'orientation du candidat durant lequel il devra expliquer "en quoi la question traitée éclaire son projet de poursuite d'études, voire son projet professionnel''

Tout cela en vingt minutes au total: ce ''patchwork'' mâtiné de bachotage est censé mériter l'intitulé prestigieux de ''Grand oral''! On comprend que le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer responsable de ce ''modèle réduit'' de ''grand'' oral cherche à détourner l'attention vers autre chose: les postures physiques...Mais l'imposture se verra tôt au tard (comme celle de la prétendue ''simplification du bac'' se voit enfin maintenant à l'évidence)

Rappelons pour mémoire que lorsque le baccalauréat a été institué par Napoléon I en 1808, l'évaluation des candidats reposait sur une seule épreuve: un grand oral. Pendant une demie-heure au moins, trois-quarts d'heure au plus, les candidats pouvaient être interrogés sur ''tout ce que l'on enseigne dans les deux dernières classes du lycée''. Peu à peu se sont ajoutées des épreuves écrites qui ont submergé finalement ce ''grand oral'' initial.

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