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Billet de blog 13 nov. 2012

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«Briser le silence sur les violences à l'Ecole»

C’est ce qui a été mis en avant par le ministre Vincent Peillon lors de l’installation lundi de la toute nouvelle « délégation nationale à la prévention et la lutte contre les violences en milieu scolaire ». 

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C’est ce qui a été mis en avant par le ministre Vincent Peillon lors de l’installation lundi de la toute nouvelle « délégation nationale à la prévention et la lutte contre les violences en milieu scolaire ». 
Composée de dix membres permanents (chercheurs et enseignants exclusivement) et d’un comité scientifique d’une trentaine de membres, elle est dirigée par le professeur Eric Debarbieux, actuellement président de l'Observatoire international de la violence à l'école et rattachée à la direction générale de l'Enseignement scolaire (Dgesco).

Comme le ministre Vincent Peillon l’a souligné à juste titre , « la prévention et la lutte contre la violence deviennent ainsi, pour la première fois, des missions identifiées, pérennes et centrales du ministère de l’Education nationale ». Exit les « plans de lutte contre les violences scolaires » annoncés le plus souvent à grand fracas dans l’émotion de telle ou telle affaire de violence retentissante, et suivis trop souvent de peu d’effets réels ( une dizaine ces vingt dernières années ). 
Selon le ministre, cette délégation aura pour mission d’aider à agir à la fois « dans l’urgence et dans le long terme », et c’est la reconnaissance enfin par l’institution que les problèmes de violences à l’Ecole ne sont pas essentiellement en quelque sorte à la « marge du système »et le fait de  « marginaux » : « c’est une rupture, et c’est la première fois que l’institution reconnaît qu’il y a problème ».
Six missions sont dévolues à cette structure destinée à être « pérenne et opérationnelle, associant la connaissance scientifique et l’action ». Une mission de conseil pour diriger l’action publique sera créée pour réfléchir aux réponses sur le plan préventif, mais aussi aux réponses pédagogiques, matérielles (sécurisation des locaux…), réglementaires et juridiques à apporter en cas d’incident .« Une attention particulière sera accordée à une meilleure prise en charge des victimes ainsi qu’au régime des sanctions (pédagogiques, administratives, judiciaires) appliquées aux agresseurs ». Cette mission sera menée en liaison avec le bureau de la santé, de l'action sociale et de la sécurité à la Dgesco, et en lien avec d’autres services de l’Etat (PJJ, services sociaux, police, mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies…).
Une autre mission se penchera sur l’aide au repérage et à l’observation des phénomènes de violence (verbale, symbolique, physique, harcèlement, jeux dangereux...). Elle sera menée en collaboration avec la direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance (Depp) et les équipes de recherche, les enquêtes de victimation et de climat scolaire seront stabilisées au niveau national.
La délégation aura également en charge une mission de coordination et de suivi des actions des équipes mobiles de sécurité des tout nouveaux assistants chargés de prévention et de sécurité (APS), en lien avec les services de la Dgesco (mission "de fédération et d’impulsion des actions").
 Il y aura aussi une mission d’information par la réalisation de synthèses des connaissances scientifiques, une mission de suivi et de prévention des agressions subies par les personnels, et enfin ( et sans doute surtout ) une mission de formation initiale et continue des personnels ( on sait en effet, en particulier par les travaux du québecquois Denis Jeffrey que , lorsqu’un enseignant est formé correctement à la gestion de son propre stress et à la gestion des conflits, le taux de ‘’victimation’’ tend à être réduit par deux ).
Tout cela est publiquement inscrit dans la durée, sans annonces en  forme de rodomontades ( « travailler sur la violence à l’école va nécessiter des années : pour diminuer de moitié ses problèmes de violence et de harcèlement à l’école, la Finlande a mis 20 ans, et l’Angleterre 15 ans »,  a souligné Eric Debarbieux ), tandis que le ministre Vincent Peillon appelait à enfin « briser le silence sur les violences à l’Ecole ».
C’est précisément ce sur quoi se terminait le livre ( « Histoires vraies des violences à l’Ecole », paru chez Fayard ) que j’ai écrit en 2007 avec Françis Lec ( l’avocat-conseil national de la « Fédération des Autonomes de solidarité laïque"’, chargée d’intervenir dans le domaine des ‘’risques du métier’’ des personnels de l’Education nationale : «   il faut en finir avec la ‘’loi du silence’’ ( et son corollaire, le sentiment de ‘’honte’’ ) qui isole, affaiblit, fait retomber sur chacun ( dans la solitude ) ce qui devrait être assumé et traité ouvertement et collectivement par tous. Car c’est un phénomène qui vient de si loin et qui est en réalité si répandu qu’il est en quelque sorte très ordinaire ( sauf sous ses formes exacerbées ) : ce n’est pas une maladie contagieuse et encore moins honteuse. Peut-on enfin parler librement des violences à l’Ecole ?  Peut-on enfin traiter de cela sans pathos ou arrogance d’une part, mais aussi sans gêne ou réticence d’autre part ? C’est tout le pari qui semble devoir être tenu : contribuer à libérer un espace de parole pour que ce sujet soit enfin débattu et traité effectivement, ouvertement et collectivement, à hauteur d’homme ».
Acceptons en l’augure.

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