Les 60 000 postes dans la balance?

D'un côté, le ministère de l'Education nationale ne semble guère pouvoir échapper au “plan d'économie”' envisagé ; et la tentation peut être grande pour certains de s'en prendre à la réalisation effective et totale du plan de créations de 60 000 postes pour l'Ecole durant le quinquennat. D'un autre côté, cette promesse est sans doute celle qui a été la plus emblématique de la campagne de François Hollande lors de la présidentielle.

D'un côté, le ministère de l'Education nationale ne semble guère pouvoir échapper au “plan d'économie”' envisagé ; et la tentation peut être grande pour certains de s'en prendre à la réalisation effective et totale du plan de créations de 60 000 postes pour l'Ecole durant le quinquennat. D'un autre côté, cette promesse est sans doute celle qui a été la plus emblématique de la campagne de François Hollande lors de la présidentielle.

Elle est en tout cas celle qui s'est le plus gravée dans les mémoires, tant elle a été une surprise totale (décidée et annoncée ex-abrupto par le seul François Hollande) ; et tant elle a été clivante (puisqu'elle était à l'inverse même de la politique de la droite qui avait supprimé 77000 emplois durant le quinquennat précédent, une droite qui ne s'est pas fait faute de dénoncer inlassablement cette mesure ''démagogique'' et ''irréalisable''). Mais il s'agissait pour François Hollande de s'imposer parmi le ''peuple de gauche'' dès la ''primaire socialiste'', et de placer son projet politique prioritairement en faveur de « la jeunesse et l'avenir » face à la droite. Cette promesse a été très entendue, et son promoteur élu.

Par ailleurs, on ne saurait oublier que cet engagement a été redoublé et renforcé par son inscription en bonne et due forme dans la « loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'Ecole » ( la première loi de programmation pour l'Ecole dans l'Histoire...) qui a été votée en juillet 2013 par l'ensemble de la gauche (du PCF aux Verts).

Enfin, le contexte démographique des rentrées prochaines fait que ces postes supplémentaires apparaissent plus que jamais souhaitables. Selon la DEPP (division des études du ministère), les rentrées 2014 et 2015 verront en effet une forte croissance des effectifs élèves aussi bien dans le primaire que dans le secondaire. En 2014, pas moins de 63 000 nouveaux élèves entreront dans les écoles et établissements. A la rentrée 2015, ce seront 53 000 jeunes supplémentaires.

Pour conclure, le mieux est de s'en remettre à la ''chute'' (prémonitoire?) de l'un des passages du « discours sur l'éducation » prononcée par François Hollande lui-même à Orléans le 7 février 2012 : «  Je propose – et j’en prends toute la responsabilité – un plan de recrutement de 60 000 personnels de l’Ecole sur les cinq prochaines années […]. Moi, je refuse l’hypocrisie qui consiste à dire qu’il est possible d’enseigner sans enseignant ! Parce que si l’on pense qu’il est possible d’enseigner sans enseignant, de soigner sans médecin, un jour des gens penseront qu’on peut aussi avoir une présidence sans président »... 

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