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Billet de blog 16 sept. 2009

La réussite des filles

A la suite d’une ‘’longue marche’’ séculaire, les filles réussissent mieux que les garçons dans nombre de secteurs scolaires ou universitaires. Mais leur voyage est encore loin d’être terminé. Dans le cadre de la scolarité obligatoire, les filles surclassent indéniablement les garçons. C’est une réalité connue de longue date (et l’écart à leur avantage tend à se creuser encore au fil des années ).

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A la suite d’une ‘’longue marche’’ séculaire, les filles réussissent mieux que les garçons dans nombre de secteurs scolaires ou universitaires. Mais leur voyage est encore loin d’être terminé. Dans le cadre de la scolarité obligatoire, les filles surclassent indéniablement les garçons. C’est une réalité connue de longue date (et l’écart à leur avantage tend à se creuser encore au fil des années ).

A la fin du primaire, ( pour ne prendre que l’un des indicateurs, mais l’un des plus importants, celui de la lecture ), les filles sont 70% à faire partie des ‘’lecteurs efficaces’’ ( contre 60% des garçons ). Elles sont deux fois moins classées parmi les élèves ayant de " très faibles capacités en lecture " ( 7% contre 14% ).

Les garçons se retrouvent bien plus souvent que les filles dans les dispositifs réservés aux élèves à ‘’besoin scolaires particuliers’’ ou à ceux en ‘’rupture ‘’scolaire. En classes de SEGPA, 30% des élèves sont des filles ( contre 70% de garçons ). Dans les dispositifs ‘’ soutien’’ en collège, un tiers des élèves sont des filles, deux tiers des garçons ; et dans les dispositifs ‘’relais’’, il y a une fille pour six garçons.

Les différences de comportements et de d’ ’’aptitudes’’ scolaires entre les filles et les garçons ont été reconnues depuis bien longtemps. En témoigne ( à sa façon ! ), et entre autres, l’éditorial du " Mémorial d’Amiens " du 26 juillet 1883 qui souligne que les instituteurs américains ( qui admettaient dès cette époque les deux sexes dans leurs écoles ) ont reconnu que " les jeunes filles sont meilleures écolières, plus dociles et plus attentives que les garçons, plus intelligentes mêmes ". Tout en n’hésitant pas à ajouter que " les Américains nous ont aussi appris qu’à partir de 16 ans, la proportion change brusquement, et personne n’en sera surpris. La jeune fille revêt alors des qualités très brillantes, mais d’un ordre non scientifique ; et l’inaptitude de la femme aux études théoriques saute aux yeux. Ce qui montre d’ailleurs l’inaptitude des femmes aux études théoriques, c’est qu’on ne les a jamais vues se diriger vers celles qui leur ont toujours été permises : on ne voit pas de femmes mathématiciennes, ni chimistes, ni même grammairiennes ou compositrices de musique. Il y a juste assez d’exceptions pour confirmer la règle : les femmes savantes sont des exceptions, comme les femmes à barbe, mais plus rares ".

Que dirait-il aujourd’hui ? Toujours est-il que 71% des filles d’une classe d’âge obtiennent actuellement le baccalauréat ( contre 57% des garçons ), et 32% la licence ( contre 21% des garçons ).

A un niveau encore supérieur, de multiples études montrent que, à réussite scolaire égale, les filles ont une moindre confiance en soi que les garçons, qui sont davantage préparés à la compétition . Or la confiance en soi et l’esprit de compétition se révèlent être un avantage, surtout lors des ‘’grands concours’’ ( dont l’importance est particulièrement significative en France, on le sait ). C’est ce que démontre encore une étude récente à propos du concours d’entrée à HEC. Alors que les candidates ont eu en moyenne de meilleures mentions au bac, et qu’elles sont pratiquement aussi nombreuses à se présenter que les hommes, elles ne constituent pourtant qu’un peu plus de 46% des admises au concours d’entrée à HEC, et un peu moins de 46% des reçus

ll faut cependant remarquer que l’écart est en définitive plutôt faible : de l’ordre de 4 points. Surtout, si l’on prend l’exemple ici retenu, celui de HEC, il faut savoir qu’il y a trente ans, les filles ne représentaient qu’un quart des reçus, et les garçons les trois quarts. En moins d’une génération, on est presque arrivé à la parité, et ce n’est pas fini… Si l’on quitte le terrain des concours pour celui des diplômes de très haut niveau, le pourcentage de filles parmi ceux qui ont obtenu l’année dernière le diplôme d’ingénieur s’élève à 26% ( contre 5% il y a trente ans ) ce qui constitue encore, certes, un relatif îlot de résistance ; mais la progression est lancée. Par ailleurs, le pourcentage de filles obtenant un diplôme d’école de commerce et de gestion s’élève désormais déjà à 48% ; et la part de filles parmi les diplômés actuels du doctorat en médecine atteint même 62%.

Tout irait donc pour ‘’le mieux’’, et dans le ‘’bon sens’’ ? Cela est loin d’être évident, et pour bien des raisons. D’autant qu’une enquête récente de l’OCDE vient de soulever un lièvre de belle taille. On savait déjà que les filles parviennent moins que les garçons à ‘’valoriser’’ leurs études et leurs diplômes dans le milieu professionnel. Et bien, cela vaut aussi bien sûr ( mais d’une façon qui était jusque-là insuffisamment évaluée ) pour les études supérieures. Cette recherche montre que faire des études supérieures réussies rapporte en moyenne 82 000 équivalents dollars de plus value à un garçon ( par rapport à un bachelier ), mais seulement un peu plus de la moitié de cette somme – soit 52000 équivalents dollars pour les filles.

La longue marche séculaire des filles vers une forte scolarisation a permis qu’elles rattrapent leur retard historique, et même qu’elles dépassent désormais les garçons dans une certain nombre de secteurs scolaires et universitaires. Mais, à l’évidence, elles ne sont pas encore au bout de leur voyage vers la parité sociale effective.

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