Vers un vrai contrôle continu au baccalauréat

Le pusillanime Blanquer va-t-il se lancer dans cette terrible aventure? Jusqu'ici il a préféré l'alternative d'une ''usine à gaz'' qui n'a jamais fonctionné à la simplification du bac demandée par Macron. Va-t-il suivre les recommandations actuelles du concepteur initial de la réforme, Mathiot, et du nouveau secrétaire général du Snpden-Unsa ?

Hier, devant la commission ''éducation'' du Sénat,  Pierre Mathiot a déclaré qu' « il s'agit de repenser la manière dont les 40% de contrôle continu au bac vont être calculés . Les épreuves ponctuelles mettent en péril l'organisation du lycée. Il faut aller vers un contrôle continu intégral ».
 
Cette position a été  appuyée par Bruno Bobkiewicz, nouveau secrétaire général du Snpden-Unsa (le syndicat de chefs d'établissement le plus représentatif). « C'est un sujet qui peut maintenant passer. C'est un message qui peut être accepté par les enseignants. C'est l'occasion de transformer l'essai ». Pour lui aussi le moment est venu de supprimer les épreuves ponctuelles pour mettre en place un contrôle continu intégral.

En commentaire, je me contenterai de reproduire de larges extraits de l'un de mes billets passés (signe d'une constance de principe...) posté le 2 juillet 2020

    « Pour le contrôle continu, Blanquer est toujours aussi pusillanime

On aurait pu penser que Blanquer, après que les baccalauréats aient été obtenus cette année dans le cadre du contrôle continu ordinaire, renoncerait à l'usine à gaz des «épreuves communes de contrôle continu». Mais non, il a préféré la solution cosmétique d'une certaine modification de ses modalités et du changement de nom. Il n'y aura toujours pas de "simplification" du baccalauréat.


Le 30 janvier dernier, j'avais posé la question dans Mediapart : «La formule hybride des E3C est contraire à l'esprit de la simplification de la réforme du bac» vient de déclarer le Comité de suivi de la réforme. Bien vu, mais bien tard. Et il va proposer des «ajustements» pour accomplir «l'esprit de la réforme» ou pour permettre à Blanquer de tergiverser encore?"


Eh bien, on a eu la réponse : cela lui a permis de '' tergiverser encore". En définitive, on a  eu quelques ''simplifications" d'un dispositif qui avait complexifié la passation du baccalauréat au lieu de la simplifier! Bravo l'artiste!


On est loin de ce qui avait été annoncé et promu par Emmanuel Macron lors de sa campagne de l'élection présidentielle et qu'il avait précisé dans une interview parue dans "L'Etudiant'' le 30 mars 2017, « Nous faisons confiance au contrôle continu et au jugement des professeurs pour l'entrée dans les formations sélectives (écoles préparatoires aux grandes écoles, sections de techniciens supérieurs, IUT, écoles post-bacs). Pourquoi en seraient-ils incapables pour le baccalauréat? ». Il s'agissait bien du "contrôle continu" entendu comme l'ensemble des évaluations ordinaires faites au fil des années (en première et terminale) présentes dans les dossiers des postulants examinés. Et on se souvient de sa conclusion : « Je souhaite donc simplifier le baccalauréat. Quatre matières seront passées en contrôle terminal, les autres seront validées en contrôle continu ».


Il s'agissait donc de mettre en oeuvre pour une partie du baccalauréat ce qui est mis en oeuvre depuis longtemps par les professeurs du secondaire lorsqu'ils ont à choisir les élèves qui pourront venir dans leurs classes préparatoires ou leurs STS. Ces professeurs font leur choix sur la base de dossiers ''maison'', à partir des notes et appréciations ordinaires obtenues en première et terminale par les candidats dans leurs établissements respectifs; et en toute connaissance de cause (le baccalauréat restant à obtenir comme condition certes nécessaire mais non suffisante pour être sélectionné). Sur la base d'un ''vrai contrôle continu'' donc.

 
Et l'on ne parle pas d'"iniquités' en l'occurrence...Comme personne ne réclame des jurys d'harmonisation pour les licences ou masters (''maison'') délivrés par chacun des établissements universitaires. 

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