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Le Club de Mediapart sam. 27 août 2016 27/8/2016 Édition de la mi-journée

L'"école forte" d'une"droite forte"

Au secours ! Et si une droite ( « forte ») revenait pour mettre effectivement en œuvre une école dite « forte » ?

C’est en effet le projet d’une « droite forte » dont les fondateurs ne sont pas n’importe qui, puisque ce sont des secrétaires nationaux de l’UMP :  le chef d’entreprise Guillaume Peltier ( ancien porte-parole adjoint de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle de 2012 ) et l’avocat Didier Geoffroy ( coordonnateur de la cellule ‘’riposte’’ durant cette même campagne présidentielle )
Le projet d’ « école forte » de cette « droite forte » vaut le détour en cette période de « refondation de l’Ecole » par la netteté de ses contours et son inscription dans la « révolution » qui était annoncée par Nicolas Sarkozy en matière scolaire ( www.ladroiteforte.fr ). Quelques extraits.

1) « Nous souhaitons que le corps enseignant, au même titre que les fonctionnaires de police (loi 28 septembre 1948), les personnels des services extérieurs de l’administration pénitentiaire (ordonnance 6 août 1958) ou ceux des services de transmissions du ministère de l’Intérieur (loi du 31 juillet 1968), soit également doté d’un statut spécial interdisant le droit de grève »
2) « Liberté de choix et autonomie pour une Ecole plus performante : établir la liberté scolaire par la création du chèque éducation (pour les établissements publics et privés) pour supprimer définitivement le système de la carte scolaire, et, dans le cadre de l’autonomie des établissements, permettre aux chefs d’établissements de recruter leur équipe de professeurs, de licencier les mauvais enseignants (licenciement possible après décision unanime d’une commission comprenant le chef d’établissement, le représentant des élèves comme des parents) et d’avoir l’entière responsabilité de leurs moyens, y compris en ayant recours aux fonds privés (pour l’immobilier) ».
3) « Soutenir l’autorité des professeurs en rétablissant le vouvoiement obligatoire et réciproque entre professeurs et élèves à partir de la 6ème. Réintroduire la fonction de surveillant général (CPE à autorité renforcée) »
5) « Valoriser le travail et le mérite des professeurs de la République en imposant pour   tout nouveau professeur 25 heures de travail par semaine en contrepartie d’une hausse de salaire de 20% ».
7) « Ouvrir l’école de la République au monde de l’entreprise : supprimer le collège unique, créer l’apprentissage à 14 ans, instaurer des « cours d’entrepreneuriat et d’artisanat » dès la 4ème, rendre obligatoire un stage annuel en entreprise pour tous les professeurs, instaurer un forum des métiers trimestriel dans chaque collège et lycée »
8) « Recréer le lien entre l’école et la nation, en garantissant une heure hebdomadaire d’enseignement des valeurs patriotiques avec épreuve éliminatoire au bac »
9) « Etablir l’école du mérite et du respect par le rétablissement des récompenses par matière (prix de mathématique, de lettres,...) et par celui de l’uniforme obligatoire dans chaque établissement (primaire et collège), choisi par l’établissement dans le cadre de l’autonomie. Cela passe par l’obtention de récompenses (du « bon point » dans le primaire et des bourses scolaires dans le secondaire) et la création d’internats d’excellence »
10) « Instaurer l’école de l’égalité des chances. Mettre en place dans chaque lycée français un système de parrainage scolaire républicain, entre des élèves de grandes écoles et ceux d’écoles en zone sensible »

Et tout cela est rapporté à la « révolution » que préconisait Nicolas Sarkozy : « L’Ecole n’a pas besoin de réformes de bouts de chandelles, mais d’un bouleversement. L’Ecole de la République a besoin d’une révolution ».

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Moi aussi, je suis pour une « école forte ». Une école qui incarne la fraternité par la mixité, une mixité désirée. Une école qui incarne l'égalité parce que chaque enfant est encouragé, soutenu et élevé au plus haut dès la maternelle. Une école de la liberté où chacun apprend à être autonome à raison et force de son âge. Cette école de la République fait que les enseignants n'ont pas besoin de se mettre en grève.

Enfin, on voit bien que c'est le collège qui est visé. Il ne s'agit donc pas d'une volonté de prendre le problème à la racine, mais d'instaurer et c'est un oxymore une ségrégation républicaine. Celle qui se pense comme l'élite économique veut se séparer du reste de la nation. Cette droite forte est simplement sécessionniste.

 

 

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