Vingt milliards de plus pour l'éducation?

C’est ce que propose le bureau politique de l’UMP qui s’est réuni mercredi dernier sous la houlette de Jean- François Copé.

C’est ce que propose le bureau politique de l’UMP qui s’est réuni mercredi dernier sous la houlette de Jean- François Copé.Or le même Jean-François Copé s’était pourtant tout particulièrement distingué ces derniers mois par ses mises en cause de la création de 12000 postes par an proposée par François Hollande en prétendant que le coût de cette seule mesure mettrait à mal l’équilibre budgétaire de la France (estimé selon lui – hypothèse particulièrement haute - à 7 milliards 500 ‘’cumulés’’ pour l’ensemble de la législature )…On se frotte les yeux, et la tête nous tourne.
Cette proposition est dûment reprise dans le « Magazine de l’Union », organe de l’UMP, qui sera distribué aux adhérents invités à se prononcer par un vote sur internet du 14 au 26 janvier ; un conseil national de l’UMP devant acter le 28 janvier ce programme, ainsi que les investitures du parti présidentiel pour les futures législatives.

Au total, l’UMP propose de dépenser 30 milliards d’euros de plus dans les cinq prochaines années pour l’éducation, la sécurité et la justice ( le parti de Nicolas Sarkozy promettant par ailleurs de compenser ces dépenses supplémentaires par des économies équivalentes dans d’autres domaines – on ne sait pas lesquels…- afin de tenir son engagement d’un « projet à coût zéro » ).
Dans un communiqué repris dans une dépêche de l’AFP, Bruno Julliard ( secrétaire national du PS pour l’éducation, et membre de l’équipe de campagne de François Hollande ) ironise : « On aimerait se réjouir de cette soudaine générosité, apprendre par exemple que les classes ne fermeront plus, que les effectifs cesseront d’augmenter, que la scolarisation des enfants de deux ans sera encouragée, que les RASED ne seront plus détruits, que les établissements recevront les moyens de mettre en place les dispositifs de soutien et d’accompagnement individualisés, qu’une formation digne de ce nom sera rétablie ».
On peut se perdre en conjectures à propos de cette proposition de l’UMP qui ‘’décoiffe’’ et ne ‘’manque pas d’air’’ dans le contexte ( son contexte ). Est-ce un écho au fait que le thème l’éducation apparaît en première ligne désormais dans les préoccupations des Français ( comme l’a confirmé encore un sondage BVA diffusé mercredi dernier, justement, par les Echos et RTL ) ? Sans doute.
Mais ne ‘’rêvons’’ pas trop : Jean-François Copé, lors de la conférence de presse de mercredi dernier a précisé lui-même que ce projet de l’UPM n’engagera pas le président-candidat, même si Nicolas Sarkozy pourra cependant y puiser des éléments pour son propre programme. : « c’est une boîte à outils dans lequel le candidat piochera ce qu’il souhaite ». Est-ce que ce sera 20 milliards, 10 milliards, ou rien ? Mystère…

Décidément, on ne saurait mieux se moquer du monde ! Au même moment, vendredi dernier, un document a été remis aux organisations syndicales qui prévoit la suppression de 6550 postes dans le secondaire public ( alors que le ministère envisage lui-même une augmentation non négligeable du nombre d’élèves ), la suppression de 5700 postes dans le primaire public ( alors que l’on sait que l’encadrement des écoles en France est nettement en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE, et que Nicolas Sarkozy avait promis qu’il n’y aurait pas plus de fermetures que d’ouvertures de postes à la rentrée 2012 ), la suppression de 400 postes administratifs, et enfin la suppression de 1350 postes dans l’enseignement privé ( soit 14000 postes en moins en tout ).

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