Blanquer: «ancrer l'idée européenne chez les jeunes»

En réponse à une question posée mercredi dernier par la députée Modem Marguerite Deprez-Audebert sur la façon de « donner envie d'Europe à notre jeunesse », le ministre de l'Education nationale a répondu qu'il est « tout à fait primordial d'ancrer l'idée européenne chez les jeunes en leur faisant bien comprendre qu'il y va de leur avenir »

Jean-Michel Blanquer a indiqué qu'il a déjà élaboré une « stratégie » avec le Chef de l'Etat dont l'axe central est qu' « à l'horizon 2024, chaque étudiant devra parler deux langues européennes en plus de la sienne » et que « la moitié d'une classe d'âge devra avoir passé au moins 6 mois dans un autre pays européen que le sien » . Plus précisément, il a fixé comme objectif pour l'année scolaire 2018-2019 que « 12% des élèves du second degré, soit 700000 élèves effectuent un séjour à l'étranger »

C'est la reprise d'ailleurs, huit  mois après, d'un passage du discours du Président de la République en Sorbonne le 26 septembre 2017: "Au lieu de déplorer le foisonnement des langues, nous devons en faire un atout! L'Europe doit être cet espace où chaque étudiant devra parler au moins deux langues européenne d'ici 2024. En 2024, la moitié d'une classe d'âge doit avoir passé, avant ses 25 ans , au moins 6 mois dans un autre pays européen"

Le ministre de l'Education nationale a par ailleurs annoncé que les nouveaux programmes du lycée devront « assurer la transmission de contenus académiques et disciplinaires solides, ouverts sur l'Europe, et pleinement ancrés dans les enjeux mondiaux de notre temps ». Et il a conclu en affirmant que « nous devons réussir à renforcer l'enseignement des langues européennes dans notre système. Il est déjà plus fort depuis la rentrée dernière, grâce au rétablissement des classes bilingues et des sections européenne, qui avaient été supprimées. Nous avons ainsi envoyé un signal très important, pour que vive la France et que vive l'Europe ».

En proposant la création d’un “ espace éducatif européen ” juste après la signature du traité de Maastricht, la Commission – suivie par les ministres et le Parlement européen – avait choisi dès 1994 de privilégier toutes les initiatives, linguistiques et culturelles, qui, de l’école à l’université, “ contribuent à renforcer le sentiment d’appartenance à l’Union européenne ” selon les propres termes d’Antonio Ruberti, alors commissaire européen à l’Éducation et à la Formation (“  Le Monde ” du 23 juin 1994).

Le décret du 11 juillet 2006 relatif au socle commun de connaissances et de compétences indique certes que “ le socle commun est le ciment de la nation : il s’agit d’un ensemble de valeurs, de savoirs, de langages et de pratiques ”. Mais ce décret souligne aussi explicitement que “ la définition du socle commun prend également appui sur la proposition de recommandation du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne en matière de compétences clés et des compétences nécessaires tout au long de la vie ”.

Quid à ce sujet de la loi d'orientation de juillet 2013 ? Le mieux est sans doute de reproduire la réponse du ministère de l'Education nationale à une question du député Christophe Sirugue le 23 juillet 2013 : « Le ministre de l'Education nationale a inscrit la dimension européenne de l'enseignement dans la loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République qui dispose que ''l'école doit favoriser l'intégration des futurs citoyens français dans l'espace politique de l'Union européenne et rendre possible la mobilité professionnelle dans l'espace économique européen''. ''Elle assure conjointement avec la famille l'éducation morale et civique qui comprend, pour permettre l'exercice de la citoyenneté, l'apprentissage des valeurs et symboles de la République et de l'Union européenne ».

Le socle commun de connaissances, de compétences et de culture, inscrit dans la loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République et cadre de référence de la scolarité obligatoire, donne des repères communs pour préparer chaque élève à la construction de sa propre culture, participe à la construction du sentiment d'appartenance à la communauté des citoyens de l'Europe auxquels ils appartiennent et conditionne son ouverture au monde : les élèves connaissent les états de l'Union européenne et leurs capitales, les grandes caractéristiques géographiques ; ils apprennent les grands traits de l'histoire de la construction européenne et connaissent les finalités du projet partagé par les nations qui la constituent. L'apprentissage des langues vivantes constitue un levier important de cette ouverture sur l'Europe .

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